Le Service national des jeunes (SNJ) a repris en début d’année, après 27 ans d’arrêt. Après avoir formé 6 325 jeunes en 6 contingents, il revient avec une nouvelle formule. Alors que son premier contingent est en passe d’être recruté, le Colonel Kèba Sangaré, son Directeur Général revient pour Journal Du Mali sur les missions de ce service.

Quel regard portez-vous sur cette reprise du SNJ ?

Un regard d’espoir. La réouverture du Service national des jeunes est une lueur d’espoir pour la jeunesse malienne, qui constitue 60% de la population.

Qu’est-ce qui a changé ?

Les missions n’ont pratiquement pas changé, c’est seulement le statut. Auparavant, les anciens du SNJ n’étaient pas considérés comme des réservistes. Avec la nouvelle formule, tous les éléments qui vont faire le SNJ le seront. Ensuite, il n’y avait pas de volet formation professionnelle, qui existe cette fois-ci. Enfin, l’ancien SNJ ne recrutait que les jeunes diplômés et les jeunes fonctionnaires. Avec la réorganisation, nous prenons aussi bien les jeunes fonctionnaires que les jeunes non fonctionnaires, les jeunes des collectivités territoriales et les jeunes ruraux. Donc le SNJ nouvelle version concerne tout le monde.

Que veut dire être réserviste ?

Un réserviste, c’est un jeune qui après sa formation militaire décide de ne pas continuer dans l’armée. Mais, à chaque fois que l’État aura besoin de lui, il viendra faire des travaux d’intérêt public. Il pourra même parfois être mobilisé pour les besoins de la défense nationale.

Quels sont les principaux objectifs du SNJ ?

Les principaux objectifs du Service national des jeunes sont les formations physique, civique et professionnelle des jeunes, en vue de leur participation effective et efficiente au développement socio-économique et culturel du pays et de leur mobilisation éventuelle pour les besoins de la défense nationale.

Comment se déroule la formation et quels sont les critères de recrutement ?

Il suffit d’être un jeune malien, sans distinction de sexe, d’ethnie ni de localité d’origine âgé de 18 à 35 ans, avec une bonne moralité. Pour adhérer au SNJ, nous demandons ce certificat, qui est délivré par la Brigade des mœurs. Pour la formation, nous en avons trois volets. D’abord la formation physique, ou militaire ou encore la Formation commune de base (FCB), qui  dure six mois. Ensuite, la formation civique, qui se fait de façon transversale pendant tout le déroulement du cursus. Après les six mois de formation militaire physique, nous entamons dix mois de formation professionnelle pour les jeunes en quête d’emploi. Ils sont donc formés dans des filières porteuses. Pendant ce temps, les jeunes diplômés et qui ceux ont réussi au concours de la fonction publique ou au concours d’État des collectivités territoriales vont dans certains services pendant 10 mois avant de prendre fonction. Ensuite ils reviennent tous pour faire deux mois de reprise en main. En tout, cela dure 18 mois.

Qu’en est-il de l’insertion professionnelle des bénéficiaires, une fois la formation terminée ?

Une fois les 18 mois finis, le premier avantage est que tous les jeunes sont considérés comme des réservistes auprès des forces armées et de sécurité. Le deuxième avantage, pour les jeunes diplômés sans emploi et les jeunes ruraux, c’est qu’ils ont été déjà formés sur des filières porteuses  Le Service National des jeunes leur donne un kit d’insertion qui leur permettra d’évoluer favorablement dans leur environnement et de faire face aux difficultés de la vie. Mais, au-delà de cela, ils seront toujours en lien avec notre système de veille, à chaque fois qu’il y aura des mobilisations ou des concours par ci et par là. Tout jeune qui aura fait le Service National des Jeunes bénéficiera d’une bonification en cas d’égalité pour tout concours au niveau de la fonction publique au Mali.

Où en êtes-vous avec le premier contingent de la nouvelle formule du SNJ ?

A la date d’aujourd’hui, nous attendons les résultats de la visite médicale. Cela a été déjà fait pour les jeunes, par des médecins militaires. Dès que nous les aurons, nous entamerons la rentrée de la formation commune de base, dans un délai très proche. Le centre qui doit accueillir les jeunes est déjà prêt, les tenues déjà disponibles et tout ce qu’il faut pour démarrer cette formation est déjà mis en place.

Journal du mali

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Le Service national des jeunes (SNJ) a repris en début d’année, après 27 ans d’arrêt. Après avoir formé 6 325 jeunes en 6 contingents, il revient avec une nouvelle formule. Alors que son premier contingent est en passe d’être recruté, le Colonel Kèba Sangaré, son Directeur Général revient pour...