La vente des bâtiments administratifs dans les différents marchés  du district de Bamako ne va pas se faire sans conséquence avec des cas d’expulsions des occupants souvent sans notification préalable. C’est le cas de cette association qui regroupe en son sein d’éminentes matières grises, les gardiens de la mémoire collective, entendez les historiens.

L’association des historiens du Mali (ASHIMA) a été surprise  de voir  débarquer Abdoulaye Sanogo, émissaire du nouveau  propriétaire des locaux, accompagné de nombreux  travailleurs,   le 25 mai dernier, journée de l’Afrique. Le local litigieux sert de siège à la fois pour l’association des historiens du Mali et pour l’association  des historiens africains (AHA). Motif de l’expulsion subite, exécution des travaux envisagés par le nouveau maître des lieux. Autre motif  invoqué par  l’émissaire du nouvel  acquéreur,  le bâtiment a été vendu  à un particulier et il répond au nom de ce dernier. Et quand le président de l’Association des Historiens du Mali,  le Professeur Doulaye Konaté lui a demandé le document dont  il dispose, Abdoulaye Sanogo   a tourné les talons, promettant de le lui faire parvenir.  Or, il était venu  dans l’intention de les expulser sans document administratif. Le nouvel acquéreur est-il allé trop vite en besogne ou c’est la nouvelle procédure de l’administration de traiter ses partenaires ?

Le bâtiment a été affecté  par le Ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières  au Ministère de l’Education suivant décision N°–008/MDEAF-SG   pour servir de siège à l’Association  des Historiens et Archéologues Africains. Il s’agit de l’ancien dispensaire des Français du temps colon, situé au cœur du marché Dibida et contigu à la Direction Régionale  du Travail du district de Bamako.

Il date de 1947 et  relève du patrimoine historique du Mali, tout un symbole qui ne pouvait pas mieux tombé que d’être aux mains des historiens. II  fait partie du patrimoine architectural  et colonial comme beaucoup d’autres  vieilles bâtisses d’âge colonial.

Le nouvel acquéreur a été mal inspiré de vouloir mettre dehors, les dépositaires de notre passé u certain 25 mai, jour de l’Afrique. Pour mémoire, le Mali a fait montre d’une habileté diplomatique pour obtenir en 2001, la délocalisation à Bamako du siège de l’association panafricaine, précédemment à Dakar depuis sa création en 1972. C’est à la demande de l’Association des Historiens du Mali et des plus hautes autorités d’alors que le siège a été transféré de Dakar.

Le Mali est réputé champion de la promotion du panafricanisme et pourquoi on veut démolir cette maison hautement symbolique  sans au préalable trouver   un abri pour  l’association.

Quelle image donne notre pays de lui-même  en cassant la maison panafricaine ? Les caisses seraient-elles aussi vides au point qu’il faut les renflouer à tout prix,  quitte à s’attaquer à des symboles continentaux ? L’AHA est assez lourde  pour être vidée par un banabana.

Affaire à suivre !

Koladji  Diallo  

Mali Sadio

MaliwebCulture
La vente des bâtiments administratifs dans les différents marchés  du district de Bamako ne va pas se faire sans conséquence avec des cas d’expulsions des occupants souvent sans notification préalable. C’est le cas de cette association qui regroupe en son sein d’éminentes matières grises, les gardiens de la mémoire...