Bamako a abrité les 14 et 15 mars 2017, la Conférence internationale sur les enjeux et défis liés à la protection du patrimoine culturel en zones de conflit. Cette grande rencontre a permis de restituer les résultats du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits anciens du Mali, mais aussi de dégager, à travers le partage d’expériences avec des pays touchés par les conflits armés tels que l’Irak, la Syrie et le Nigéria, les stratégies pour la protection durable et efficiente des biens culturels. Une centaine de participants, d’une quinzaine de pays, y ont pris part.

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La cérémonie d’ouverture était présidée par Madame Ndiaye Ramatoulaye Diallo, ministre de la Culture ; avec à ses côtés son homologue, Pr. Assetou Foune Samake Migan, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; Madame Fatouma Seid, représentante de la Coordinatrice résidente du système des Nations Unies au Mali ; Monsieur Samba Tall, représentant de la Minusma ; monsieur Lazare Eloundou, représentant du sous-directeur général de l’Unesco pour la Culture ; monsieur Alain Holleville,  ambassadeur de l’Union européenne au Mali ; madame Béatrice Meyer, directrice de la coopération Suisse au Mali et monsieur Hervé Huot-Marchand,  représentant de l’Unesco au Mali.

On notait également la présence de monsieur Abdrahamane Ben Essayouti, grand imam de la Mosquée de Djingareyber de Tombouctou ; du Père Najeeb Michael de l’Irak ; monsieur Oumar Kéita, ambassadeur et délégué permanent du Mali auprès de l’Unesco, des ambassadeurs et représentants des institutions internationales au Mali, des partenaires techniques et financiers, des experts venus d’autres pays ayant connu les mêmes conflits, des représentants des communautés locales.

Monsieur Eloundou s’est félicité de l’accompagnement des partenaires pour le travail réalisé. Il a rappelé que les communautés locales et leurs leaders ont été les premiers protecteurs du patrimoine culture malien. A cet effet, il a tenu à saluer le grand imam de la mosquée Djingareyber, et le père Najeeb Michael, venu spécialement d’Irak pour la première fois en Afrique, témoigner son amitié et sa solidarité au peuple malien et partager l’expérience de son pays. Il a invité la communauté internationale à travailler avec le Mali et d’autres pays dont le patrimoine a été détruit, pour une meilleure résolution des problèmes.

Monsieur Holleville a pour sa part annoncé la volonté de son institution à poursuivre et amplifier sa collaboration avec l’Unesco dans le cadre de la deuxième phase du programme. « A ce titre, l’Union européenne a décidé d’accorder, en plus de ses contributions antérieures s‘élevant à 450 millions de FCFA, un financement supplémentaire de 330 millions de FCFA, pour poursuivre les travaux de réhabilitation du patrimoine culturel du Nord du Mali et de sauvegarde des manuscrits ».

Madame Meyer a déclaré que l’occasion était bonne pour attirer l’attention des différentes autorités sur les graves menaces qui continuent à peser sur le patrimoine culturel du Mali. « En effet, la lutte contre le pillage et le trafic illicite des biens culturels mérite d’être renforcée, surtout dans cette période de sortie de crise. Des actions de sensibilisation et de formation sont nécessaires, mais aussi une bonne collaboration au niveau international pour permettre de détecter et restituer des biens culturels d’origine illégale ».

Madame Seid a rappelé que le Mali a été choisi par le groupe de développement des Nations Unies pour organiser des consultations nationales, dont l’objectif est de bâtir un argumentaire convaincant sur la meilleure manière d’intégrer la culture dans l’agenda 2030 pour le développement durable. « L’élan de solidarité internationale envers le Mali, confirme le rôle prépondérant de la culture dans le développement », a-t-elle souligné.

Madame Ndiaye a pour sa part déclaré qu’un grand bout de chemin a été parcouru. Elle a remercié l’Unesco et l’ensemble de ses partenaires. « Votre engagement, au-delà de la réhabilitation physique, alimente le débat philosophique de la relation de l’homme à sa culture et participe de la tonalité nouvelle des relations internationales. La perspective de la seconde phase du programme pourrait souffrir du sentiment du travail déjà accompli. Nous savons que les partenaires, qui n’ont eu de cesse de se mobiliser, apporteront des gages solides d’une continuation nécessaire des chantiers engagés ».

Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère participative et interactive. Ils ont donné lieu à plusieurs recommandations visant à enrichir le plan d’action pour la deuxième phase du programme.  Il s’agit notamment de consolider les acquis de la première phase qui a été concentrée sur Tombouctou, tout en étendant les activités aux autres localités du Nord comme Djenné, le Pays Dogon et Gao dont le patrimoine demeure fragilisé et continue de subir les conséquences de la crise de 2012. Une autre recommandation forte a porté sur la mobilisation des institutions de coopération sous-régionales et africaines comme la Cédéao, l’Uémoa et l’UA.

La première phase du programme, lancée en 2013 a vu à Tombouctou 14 mausolées reconstruits, les mosquées et les bibliothèques de manuscrits réhabilitées, les capacités techniques et logistiques des structures de gestion du patrimoine consolidées, les activités de dynamisation du tissu socioéconomique renforcées.

 

La rédaction 

MaliwebCulture
Bamako a abrité les 14 et 15 mars 2017, la Conférence internationale sur les enjeux et défis liés à la protection du patrimoine culturel en zones de conflit. Cette grande rencontre a permis de restituer les résultats du programme de réhabilitation du patrimoine culturel et de sauvegarde des manuscrits...