Des dizaines de jeunes ont dénoncé, le samedi dernier, à l’Esplanade de la Bourse du Travail, la politique française au Mali. Ils l’accusent de complicité pour être un soutien de taille à des groupes armés dans le pays. Ces jeunes pensent que la France a un autre agenda au Mali, loin de la lutte contre le terrorisme.

Parti pour être une grande de mobilisation, le meeting de protestation des jeunes maliens contre des actions françaises au Mali n’a finalement réuni qu’une poignée de personnes. Devant l’Esplanade de la Bourse du Travail, elles tenaient des banderoles et pancartes portant des slogans hostiles à la France : « France terroriste », « Mort à la France », « France complice », « Plus jamais la France au Mali », « France Dégage ». Étaient à leur tête, Ibrahima Kébé, Mme Wadidié Founé Coulibaly, Abdoul Niang et Mody Sidibé, etc.

Outre ces messages, le meeting a été marqué par des propos virulents des organisateurs contre l’ancienne métropole et ses intérêts inavoués au Mali. Désormais, ces frondeurs entendent instaurer la stratégie de vengeance. Après chaque attaque contre l’armée malienne, ils promettent de s’en prendre à des intérêts français sur le territoire malien. En effet, pour des manifestants, la France serait derrière des attaques contre la position de l’armée malienne.

À côté de ceux-ci, il y a d’autres qui ont manifesté parce que malgré la présence française sur le terrain, depuis plus de cinq ans, des gens continuent de perdre la vie, à cause du terrorisme et d’autres violences. En effet, de centaine de personnes continuent d’être tuées dans le pays, regrettent certains manifestants. À cet égard, estiment-ils, la présence des militaires français apporte peu de résultats dans la lutte contre le terrorisme.

« La lutte contre le terrorisme est un prétexte pour la présence française de rester au Mali et de piller les ressources naturelles du pays. Nous disons non à cette approche. C’est pour dénoncer cette situation que je suis venu manifester », soutient un manifestant tenant un drapeau français sur lequel il était écrit « Mort à la France ».

Selon Ibrahima Kébé, l’un des organisateurs de la manifestation, ce meeting est l’inaugural d’une série d’actions en vue pour dire non à la politique française au Mali.

« Nous sommes déterminés à jamais pour nous débarrasser de la France au Mali, et ça se fera ainsi. Nous sommes contre la politique française en Afrique. Nous ne sommes pas contre le peuple français. Nous apprécions ce peuple français. Fondamentalement, les peuples n’ont rien les uns contre les autres », a-t-il déclaré.

Ensuite, il a précisé que ce combat est mené dans le strict intérêt de tout le peuple. « Il faut que nous mettions fin au système qui empêche à nos forces armées de déployer convenablement sur le terrain », a indiqué Ibrahima Kébé, avant d’accuser la France d’être à la base de l’instabilité au Mali. Pour lui, le seul djihadiste au Mali, c’est la France.

Outre les forces françaises au Mali, des manifestants, à l’image de M. Kébé, se sont montrés également hostiles à la MINUSMA au Mali et à l’installation de la direction du G5 Sahel à Bamako.

Pour Abdoul Niang, la présence des forces étrangères à ce jour ne sert pas à grande chose. Malgré la présence de Barkhane et de la MINUSMA, l’insécurité s’intensifie et contamine des localités.

Puis, il durcit le ton : « Tant que la population civile ne se sentira pas en sécurité, il faut que la MINUSMA et l’opération Barkhane sachent qu’elles seront en insécurité au Mali ».

Il a ajouté qu’ils ne tôleront pas un autre Dioura, Ogossagou en présence de ces deux forces, sans qu’il n’y ait aucune réaction.

En fin de meeting, les manifestants se sont donné rendez-vous pour le jeudi prochain devant le nouveau siège du G5 Sahel, à la Messe des officiers à Badalabougou pour exiger la délocalisation dudit siège.

Par Sikou BAH

Source: info-matin

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Des dizaines de jeunes ont dénoncé, le samedi dernier, à l’Esplanade de la Bourse du Travail, la politique française au Mali. Ils l’accusent de complicité pour être un soutien de taille à des groupes armés dans le pays. Ces jeunes pensent que la France a un autre agenda au...