Les hommes, les femmes, les parents, les autorités municipales, judiciaires, religieuses et coutumières, bref, toute la société est coupable de l’amplification de divorce chez les couples, précisément à Bamako. Les époux Artistes Amadou et Mariam, dans leur morceau fétiche ‘‘Le dimanche, c’est le jour de mariages à Bamako’’, auraient dû rajouter que les jeudis  sont aussi les jours de divorce dans nos Tribunaux.

La séparation des couples, autrement le divorce suscite aujourd’hui beaucoup d’inquiétudes dans la société malienne. Il est clair qu’il n’est souhaitable pour aucun homme ou une femme  de voir se dénouer banalement et prématurément un mariage scellé  après plusieurs démarches entre les familles et à des coups de millions de nos francs. Ce triste fait prend de l’ampleur tout simplement parce que les couples n’arrivent plus à se supporter conformément à la sagesse selon laquelle: «Le mariage c’est pour le meilleur et pour le pire». Ce, autant les jeunes filles mariées seraient matérialistes, mercantilistes, ingérables et/ou invivables que les jeunes époux seraient à leur tour menteurs et coureurs de jupons incorrigibles.

La société malienne,  dans son ensemble, est surprise de voir tant de mariages célébrés sous leurs yeux chaque samedi ou dimanche, sont, du jour au lendemain, sont voués à l’échec tel un éclair dans la nature. Les jeunes couples n’arrivent presque plus à s’entendre. Un fait insensé, mais qui s’explique par plusieurs raisons, dont le manque de communication, l’absence du respect et de l’éducation qui auraient, pourtant, dû être gérés avec  l’implication sincère de tous les parents du jeune couple.

En réalité, les causes des divorces sont énormes, et nous constatons quotidiennement des phénomènes très graves voire dangereux, qui s’implantent dans la vie des jeunes couples. En fait, la quasi-totalité des femmes arguent de n’avoir pas pu trouver l’apaisement escompté dans leurs foyers respectifs. Selon une interlocutrice divorcée, des fois, les  jeunes filles sont victimes des actes de violences conjugales, physiques, morales de leurs maris. Pour le cas de violences conjugales,  elle cite en guise d’exemples irréfutables les cas de la jeune Mariam Diallo, fille d’un ex-Ministre, assassinée par son conjoint. De leur côté, certains hommes affirment haut et fort que la source de la plupart des divorces  proviennent des parents des jeunes femmes parce que presque la majorité ne savent pas bien préparer un repas, ni laver des habits et à plus forte raison entretenir son homme. Des habitudes qui relèvent du milieu d’éducation de la mariée. Faute, dont les parents des filles sont directement et seuls responsables,  surtout leurs mamans.

Les hommes, eux aussi, sont reprochables de bien de cas dans la vie conjugale. Car, selon plusieurs cas constatés, certains hommes montrent tout sauf leurs côtés néfastes aux prétendantes avant le mariage. Donc, ils mentent pour se faire accepter et montrent aux filles d’être de vrais héros de la planète en termes de biens matériels et autres. «Nous, les Maires, qui unissons les couples suivant le  code de mariage, constatons, malheureusement, que plus les jeunes se marient plus cela se solde par un divorce  et les raisons sont multiples, mais le plus courant c’est le non-respect des devoirs conjugaux  entre époux. Nous donnons des conseils aux mariés que le mariage est un long fleuve à parcourir »,  nous a expliqué un Conseiller  de la Mairie de Commune I du district de  Bamako.

Un phénomène jadis rare, mais qui se généralise au vu et au su de tout le monde.  Autrefois, la réalité était toute autre. Chose, selon une vieille dame questionnée sur le sujet.  «Il était difficile, voire très rare, de voir un couple divorcer ni même entendre le mot divorce. Et si cela arrivait,  la séparation du couple se déroulait sous un arbre et ce dernier devenait sec à jamais. Juste pour vous dire que le divorce était vu d’un mauvais œil dans notre tradition et non béni par Dieu», nous a relaté la vieille Fatou.

Le divorce est généralement  prononcé par les juges dotant de ses compétences et pouvoirs, ils se font dans leurs propres bureaux puisqu’ils rentrent dans l’intimité des couples dont l’accès est interdit au public. Il est dit dans l’Article 352 du Code de la famille que les époux peuvent  solliciter le divorce dans le cas d’excès, les sévices , les injures graves, rendant la vie conjugale impossible , l’alcool , violences conjugales, la désobéissance des époux ou le non-respect  des devoirs conjugaux,  etc. Et la charge revient au Juge de vérifier  si les faits  relatés sont fiables et ensuite trancher sur des motifs valables. C’est également aux époux de voir quel type de divorce ils sollicitent, que ça soit par consentement, pour rupture de la vie commune ou par faute.

Quant aux conséquences, elles sont aussi désastreuses pour le mari, la mariée, et bien sûr, sur les progénitures. Après la dissolution d’un mariage, les enfants sont les plus touchés. Manque d’affections communes, presque pas de sécurité sociale, etc. Choses qui les obligent à errer entre les deux «ex-chéris». L’homme, lui peut épouser autant de femmes qu’ils le souhaitent, mais ceci n’est pas le cas chez la femme qui en supporte plus de poids. Plus une femme est divorcée, plus il est difficile pour elle de contracter un autre mariage, du coup elle est traitée de tous les noms d’oiseaux tels qu’une prostituée, une sorcière. Ce, à tel point que beaucoup d’hommes auront peur de l’épouser sans compter la famille, celle qui doit l’épaulée qui la bannit plutôt. «Nous disons q’une femme divorcée n’est pas forcément une mauvaise femme, elle est victime d’un homme raté », se disent souvent certaines femmes capricieuses.

Mais, souvent, il arrive aussi que certains couples regrettent leurs divorces, donc, seuls les enfants peuvent leur réconcilier de nouveau. Par contre, d’autres se méprisent totalement et à vie.

Marie Claire Dakono, Stagiaire

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