Diéma, 17 janvier (AMAP) Chaque année, après les récoltes, pour ne pas rester oisifs, des jeunes de Fangouné-Bambara, à 5 km,  au nord-ouest de la ville de Diéma (Ouest), confectionnent des briques en banco, aidés par les filles qui  transportent l’eau. Quant la mare, qui sert de source d’approvisionnement, tarit, ces braves filles vont sur de longues distances, puiser l’eau dans les puits.

Du lever au coucher du soleil, les jeunes du village, regroupés en association, réalisent des centaines de briques en banco qu’ils vendent à dix francs cfa l’unité. Les recettes annuelles de la vente des  briques, avoisinant cinq cents mille francs cfa, permettent de renflouer leur caisse associative. Avec ces fonds, l’association accorde, à ses adhérents, des prêts, pour plusieurs motifs, notamment, mariage, baptême, initiation et autres évènements de la vie sociale.

Les emprunts sont sans intérêts. Si quelqu’un refuse de s’acquitter de sa dette, aux dires du président de l’Association des jeunes, Mama Traoré, les différends se règlent toujours à l’amiable.  M. Traoré assure de sa disponibilité, lui et ses compagnons, « à œuvrer pour le bien être de tous ». Il salue l’engagement des filles du village « toujours prêtes à apporter leurs soutiens ».

Le quatrième conseiller du chef de village de Fangouné-Bambara, Dakolo Coulibaly, apprécie les rôles des jeunes qui, selon le leader traditionnel, rendent d’énormes services aux populations.  « Ils ont contribué, en apports physiques, poursuit-il, à la construction de la medersa  du village financée par les ressortissants. Si les salaires des maîtres viennent à manquer, avant que les ressortissants n’envoient de l’argent, les jeunes puisent dans leur caisse. Par classes d’âge, les jeunes surveillent, le village, pendant la nuit, pour renforcer la sécurité », explique le chef de village.

Si la patrouille de jeunes rencontre une personne suspecte, elle informe le chef de village qui, à son tour, saisit les autorités. Les jeunes participent aux travaux collectifs de diverses natures. Pendant l’hivernage, ils vont travailler dans les champs, moyennant de petites motivations.

De l’avis de Boubou, membre de cette association, « si la jeunesse est instrumentalisée par des politiciens, comme c’est le cas souvent, elle devient irresponsable et fainéante par-dessus le marché. Elle ne vise que ses  intérêts personnels ».

Cet habitant avoue que le prêt qu’il a contracté auprès de la caisse associative des jeunes, lui a permis de chercher une femme pour son fils rentré de l’exode, « une mesure dissuasive » qui, selon le septuagénaire, pourrait empêcher son garçon de répartir sur les chemins incertains de la migration.

Grâce à l’appui de la caisse associative des jeunes, cet homme s’est procuré une certaine quantité d’essence pour sillonner les routes, sur sa moto, à la recherche de son troupeau de moutons égarés et de régler les frais de diffusion du communiqué de la disparition de ses animaux.

L’Association des jeunes de Fangouné-Bambara est confrontée à une insuffisance de matériels. Elle ne dispose que d’une seule brouette pour transporter du banco pétri. C’est pourquoi, un don symbolique du Comité local de la Croix Rouge de Diéma, constitué d’une brouette, d’une pelle et d’un râteau, a été bien accueilli.

Le président de l’association, Mama Traoré, a invité d’autres personnes de bonne volonté  à emboîter le pas pour permettre à la jeunesse de Fangouné-Bambara et à la localité d’aller de l’avant e progresser.

La population de la contrée est composée, majoritairement de Bambara. A leurs côtés, vivent des Peuls et des Maures sédentaires. La paix et l’entente règnent entre les différentes ethnies.

L’économie du village repose, principalement, sur l’agriculture et l’élevage. Le maraîchage pratiqué, surtout par les femmes, contribue à alléger les charges familiales. Les ressortissants de Fangouné-Bambara à l’étranger jouent un rôle moteur dans le développement du village.

OB/MD (AMAP)

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Diéma, 17 janvier (AMAP) Chaque année, après les récoltes, pour ne pas rester oisifs, des jeunes de Fangouné-Bambara, à 5 km,  au nord-ouest de la ville de Diéma (Ouest), confectionnent des briques en banco, aidés par les filles qui  transportent l’eau. Quant la mare, qui sert de source d’approvisionnement, tarit, ces...