Après l’acte odieux perpétré contre une fillette de cinq ans, ce samedi 22 janvier 2022, à Yirimadio, nous nous attendions, logiquement, à un levé de bouclier de la part des groupements et autres associations de défense des droits de la femme du Mali. Des actions significatives et décisives pour dire à haute et intelligible voix ‘’plus jamais ça au Mali’’.  Mais hélas, une fois de plus, ces femmes prouvent aux observateurs nationaux que leur lutte pour le bien être de la femme malienne et de la petite fille a un autre sens.

 

Pas un seul communiqué de condamnation, pas une seule action de soutien à l’endroit de cette famille dont, visiblement, son seul tort est pauvre.

Les images d’une petite fille de cinq ans, meurtrie dans son corps, dans son âme et dans son honneur ont défrayé les chroniques sur les réseaux sociaux et n’ont laissé personne indifférent.

L’exception, bien sûr, faite à ces femmes qui se disent leaders, ces mêmes femmes qui gèrent des projets financés à coût de millions pour la promotion de la femme et de la petite fille.

Une petite fille blessée qui traine entre les jambes une sonde d’urine souillée de sang, un père dont la voix est nouée de pleurs et de désespoir qui est sous pression des videomen qui s’acharnaient sur lui pour arracher quelques mots pour alimenter leur buzz.

Voilà le sort de cette famille qui vit le drame, la pauvreté extrême dans l’un des quartiers périphériques de Bamako.

Ce drame est qui annoncé depuis cinq jours n’a pas, apparemment marqué l’agenda des femmes leaders.

À part les autorités compétentes à travers la Ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, qui s’est dépêchée au chevet de la famille, le même jour, les Associations de femmes ont décidé de fermer les yeux sur cette barbarie.

Le viol est pourtant un sujet qui n’est pas tabou dans les documents des programmes du bien être des filles et des femmes dont la situation reste moins reluisante.

Quant aux ONG, elles apportent leur soutien et n’ont aucun moyen de crier fort, faute d’effectif et souvent de légitimité, puisque ne peuvent pas se substituer à la société civile.

Portant, les femmes qui se font appeler leaders du Mali sont capables de remplir les stades et des espaces publics qui peuvent contenir des milliers de femmes quand il s’agit de politique.

La preuve, dans un passé très récent, ces femmes qui se disent leader ont drainé des centaines de femmes de la place de l’indépendance au monument de la paix, pour une marche de soutien aux autorités de la transition.  Mieux, ces mêmes femmes, avec à leur tête la CAFO de Mme DEMBELE, se sont rendues à la primature avec une foule immense de militantes venues monter leur mécontentent aux plus hautes autorités, pour le non-respect de la loi N°2015-052/instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès des fonctions nominatives et électives.

Ce jour-là, devant le Premier Ministre des mots rassurants pour le bien être de la femme et de la petite fille au Mali ont constitué l’ossature du discours de la porte-parole des manifestantes.

«Nous ne réclamons pas notre droit, pour hisser les voix de toutes les femmes du Mali. Elles sont dans les secteurs informels, elles se battent chaque jours pour le bien être de leur famille et toute une nation. Ces femmes ont aussi leur mot à dire dans les instances de prise de décision. Elles ont leurs mots à dire au plus haut sommet de l’Etat, pour que leur situation soit pris compte davantage. Monsieur le premier Ministre, cette loi est la nôtre pour le bien être de la femme malienne. Nous sommes conscientes des efforts que le gouvernement fait pour le bien être de la femme et de la petite fille au Mali, nous ne pouvons pas en aucun moment fermer les yeux sur le non-respect de la loi N°2015-052/instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès des fonctions nominatives et électives », avait-elle déclaré devant Moctar OUANE, alors Premier Ministre.

Nous nous souvenons aussi de cette marche de soutien à un ancien Ministre dont la fille a été assassinée. Mais, à part ces personnes nanties socialement, les autres soufrent le martyr en toute indifférence.

Le cas de cette enfant de cinq ans n’est qu’une partie de l’iceberg. Une servante brulée à l’eau chaude par sa patronne à Bamako, cette femme tuée et imputée par son mari à Kita, cette autre femme dont la tête a été écrasée par son mari à Koutiala, et des centaines autres femmes qui souffrent dans leurs âmes et chaires ne peuvent que compter sur le néant ; car visiblement les femmes leaders du Mali ont apparemment  d’autres  chats à fouetter ces derniers temps.

PAR CHRISTELLE KONE 

Source : Info-Matin

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Après l’acte odieux perpétré contre une fillette de cinq ans, ce samedi 22 janvier 2022, à Yirimadio, nous nous attendions, logiquement, à un levé de bouclier de la part des groupements et autres associations de défense des droits de la femme du Mali. Des actions significatives et décisives pour...