Les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 de la région de Kayes appellent leurs militants au boycott de la rentrée scolaire 2022-2023. Dans une lettre datant du 23 septembre dernier, ils s’adressent à la ministre Dédéou Ousmane et sollicitent le départ pur et simple du Directeur d’académie de Kéniéba, accusé dans l’affaire d’emprisonnement d’un enseignant, coopté pour la surveillance lors des épreuves écrites du DEF au centre Lafiabougou de Kéniéba.

Dans la région de Kayes, les enseignants n’arrivent pas, à présent, à digérer l’émission d’un mandat de dépôt contre l’un des leurs qui, pour la surveillance des épreuves du DEF, session de juin 2022, avait été coopté. Les faits se sont déroulés lors des épreuves écrites de l’examen du Diplôme d’études fondamentales, au centre de Lafiabougou, un des quartiers du cercle de Kéniéba. Des faits suite auxquels un des surveillants a été interpellé puis mis en prison après avoir été dénoncé par le président du centre de Lafiabougou. Dans une lettre adressée à la ministre de l’Education nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane, les syndicalistes estiment que le président du centre de Lafiabougou a méprisé les vice-présidents et les surveillants dudit centre en permettant la perquisition des salles d’examen par les agents des forces de l’ordre. Dans la lettre qu’ils ont voulu adresser à la cheffe du département, les syndicalistes réclament le départ du Directeur d’académie de Kéniéba pour plusieurs raisons. « Considérant le rapport circonstancié du président du centre de Lafiabougou sur le déroulement du DEF, considérant les faits qui se sont déroulés audit centre lors des épreuves du baccalauréat malien session de juillet 2022 ayant conduit le retrait des surveillants du reste des activités, considérant l’abus du pouvoir du D.A.E de Kéniéba se traduisant par la violation des textes régissant le règlement intérieur des examens en République du Mali, conduisant à l’emprisonnement du sieur Balla Sogoba et de la candidate Sakalé Keïta, considérant l’atteinte à la moralité des surveillants, les multiples intimidations du D.A.E envers le D.CAP, les conseillers pédagogiques, les administrateurs scolaires et le personnel enseignant ». «  Considérant les propos diffamatoires du D.A.E sur les réseaux sociaux, au cabinet du ministère de l’Education nationale souvent contradictoires à ses propos aussi cousus de contrevéritée, considérant que l’attitude du D.A.E montre à suffisance la non-collaboration pacifique, franche et sincère entre lui et les enseignants ; vu le mépris du D.A.E envers le corps enseignant et toutes les administrations scolaires ayant atteint son paroxysme, considérant les efforts consentis par la synergie locale des Enseignants et restés en vain », les syndicalistes annoncent avoir voulu se réserver le droit de recourir à toutes les voies légales pour l’atteinte de leur objectif. Cet objectif, précisent-ils, n’est autre que le rétablissement d’un climat social favorable pour une meilleure éducation qui reste de plus en plus dégradée. « Nous nous voyons dans l’impossibilité de collaborer avec un responsable dont le seul dessin est de nuire et de jeter le discrédit sur les enseignants. Considérant la lenteur dans la satisfaction de notre doléance, formulée dans nos lettres en date du 2 juillet et du 6 septembre 2022, demandant le départ du Directeur d’Académie de Kéniéba, La synergie régionale de Kayes, disposée au dialogue, se réserve le droit de boycotter la rentrée scolaire 2022-2023 du lundi 3 octobre 2022 au mardi 4 octobre 2022 inclus ». La synergie entreprendra toutes les actions légales pour instaurer un climat de stabilité, pour une école apaisée et performante, rapportent les syndicalistes.

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS