Depuis un certain temps, la situation à la Faculté de droit privé (FDPRi) de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) défraie la chronique ; elle fait la Une des journaux et des publications souvent erronées sur les réseaux sociaux. Une vaste campagne de désinformation et d’intimidation est menée par le comité AEEM de la FDPRi soutenu par le bureau de coordination de ladite organisation, suite à l’arrestation de deux responsables de cette association. Qu’en est- il réellement ?

 

Depuis janvier 2018, la FDPRi est confrontée à des difficultés qui entravent son fonctionnement normal et l’empêchent d’assurer sa mission de service public. Cette difficulté trouve son origine dans l’attitude du comité AEEM de la FDPRI qui, face aux nouvelles orientations prises par la nouvelle équipe décanale d’insuffler une dynamique universitaire basée sur le mérite dans l’admission aux examens, voit sa marge de manœuvre habituelle réduite.

En effet, la nouvelle équipe décanale s’est lancée dans un processus d’éradication des pratiques discriminatoires et peu orthodoxes consistant à favoriser certains étudiants par rapport à d’autres avec souvent, l’implication du comité AEEM. C’est pourquoi, à la publication des résultats de l’année universitaire 2017-2018, les membres du comité AEEM de cette époque ayant constaté leurs ajournements ont vandalisé les véhicules des membres du décanat stationnés dans l’enceinte de la Faculté.

Depuis cet évènement, la Faculté tourne au rythme des grèves cycliques malgré la mise en place d’un nouveau comité AEEM, qui a emprunté le pas à l’ancien.

Officiellement, deux points sont au centre des revendications du comité AEEM : la révision des résultats du premier semestre jugés inacceptables et l’annulation de la décision du recteur abrogeant celle accordant indûment la licence à 69 étudiants.

Pour ce qui concerne le premier point, l’information véhiculée par l’AEEM et relative à 1% d’étudiants définitivement admis, n’est qu’une manipulation tendant à induire l’opinion publique en erreur. En effet, dans le cadre du système LMD actuellement en vigueur, pour être admis en classe supérieure, il faut valider deux semestres, soit 30 crédits pour chaque semestre. Certains étudiants parviennent à valider les 30 crédits dès la première session. D’autres, pour diverses raisons vont en session de rattrapage.
Généralement, seuls les étudiants assidus et studieux sont capables de valider en un seul coup les 30 crédits. C’est pourquoi, des sessions de rattrapage sont organisées ; ou même un repêchage, lequel est souverainement décidé par le conseil des professeurs lors de la délibération et après la session de rattrapage. Les sessions de rattrapage augmentent toujours conséquemment le taux définitif d’admission.

Il est important de relever à ce niveau que ni le secrétaire général du comité AEEM ni ses acolytes n’ont pu valider les 30 crédits sur les résultats actuellement disponibles. De surcroît, l’espoir d’une éventuelle validation des semestres est inexistant dans la mesure où, il ressort des notes déposées par les enseignants, qu’aucun d’eux n’a effectué les travaux dirigés obligatoires. Or, valider une unité d’enseignement pourvue de travaux dirigés, sans pour autant avoir de note de TD, exige l’obtention d’une moyenne de seize sur vingt à l’examen, ce qui n’est pas à la portée de ces étudiants qui n’entrent même pas en classe. Donc, l’évidence d’une exclusion de ceux-ci, à terme, est patente car leur échec cette année les rapproche de l’épuisement de leur scolarité.

Étant conscients de tous ces enjeux, le secrétaire général du comité AEEM de la FDPRi et ses acolytes se disent qu’ils n’ont rien à perdre car ayant tout perdu à la FDPRi, ils se sont engagés dans le sabotage systématique des activités pédagogiques, afin de pousser l’administration à discuter de leur propre sort et leur accorder des privilèges. Toutefois, le crédo de l’équipe décanale «la réussite par le mérite» fait obstacle à l’entreprise de favoritisme trouvant son socle à l’appartenance à un comité AEEM.

La majorité des étudiants ayant pris conscience de la manipulation du comité AEEM les utilisant pour des intérêts personnels, car aucun membre de ce comité n’est admis aux sessions, se sont désolidarisés en demandant la reprise des cours et des évaluations. Lesdits étudiants font l’objet de menaces et d’intimidations constantes de la part des membres du comité AEEM.

Quant au second point, le slogan qui circule «trop, c’est trop. Nous voulons nos attestations», concerne en fait 69 étudiants ayant obtenu frauduleusement la validation soit des semestres V ou VI, soit les deux à la fois de l’année 2017-2018.

Puisque «la fraude ne crée pas de droit», la découverte de ces admissions frauduleuses a entraîné l’abrogation de la décision d’admission des étudiants concernés, qui doivent reprendre les évaluations dans les unités d’enseignement concernées, afin de valider les semestres et obtenir leurs attestations en bonne et due forme. Dans le même temps, le responsable desdites fraudes a été identifié et sanctionné. Sur ce point, un accord permettant aux 69 étudiants concernés de reprendre les évaluations dans les différentes unités d’enseignement avait été trouvé entre le décanat et le comité AEEM.

C’est en application de cet accord que les évaluations ont été reprises au mois de mars avant d’être suspendues pour cause de coronavirus. Cet accord de reprise a été convenu en présence du doyen de la FSAP et du vice-doyen de la FDPU qui sont intervenus en qualité de médiateurs. Le fait que le même point fasse encore l’objet d’une revendication dénote de la mauvaise foi du comité AEEM.

Par ailleurs, les cours en Master jusque-là épargnés par les perturbations du comité AEEM de la FDPRi ont été empêchés depuis le lundi 14 septembre 2020. De surcroît, les postulants aux nouveaux masters qui doivent démarrer ont été empêchés par le comité AEEM de venir déposer leurs dossiers pour certains ou de subir des tests d’admission pour d’autres.

Ces actions illégales ont pour conséquences l’inachèvement des évaluations de l’année universitaire 2018-2019, et l’impossibilité de débuter les activités pédagogiques au titre de l’année universitaire 2019-2020, a fortiori la nouvelle année 2020-2021. Toutes les démarches entreprises par l’administration auprès du comité AEEM, à travers 11 rencontres, se sont soldées par un échec.

Assumant ses responsabilités, le décanat a décidé de la programmation du reste des évaluations de l’année universitaire 2018-2019 à partir du 23 septembre, afin de débuter l’année universitaire 2019-2020. Il est bon de rappeler que les bacheliers nouvellement inscrits pour l’année académique 2019-2020 n’ont pu prendre un seul cours à la FDPRi et les autres étudiants n’ont pas pu percevoir leurs bourses faute de résultats des examens.

Pour faire face aux divers actes de violence, les responsables de l’Université ont décidé de porter plainte contre les intéressés auprès du Tribunal de la Commune V et c’est dans ce cadre que deux membres du comité AEEM ont été appréhendés.

Notre pays se trouve à la croisée des chemins avec la transition qui vient de commencer qui nous donne l’opportunité d’amorcer la refondation tant souhaitée. Mais celle-ci ne saurait être un vœu pieux. Elle exige, entre autres, l’engagement de tous contre la fraude ; la supercherie, les privilèges indus. Il est nécessaire que les acteurs sociaux et politiques, en premier lieu ceux de l’École, comprennent que l’Université devrait être au cœur de la refondation annoncée. Tous devraient œuvrer pour sa réussite.

 

Pr Cheick Hamala FOFANA
Doyen de la FDPRi

Source : L’ESSOR

MaliwebEducation
Depuis un certain temps, la situation à la Faculté de droit privé (FDPRi) de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB) défraie la chronique ; elle fait la Une des journaux et des publications souvent erronées sur les réseaux sociaux. Une vaste campagne de désinformation et d’intimidation est...