La rentrée scolaire 2022-2023 est prévue aujourd’hui 3 octobre 2022 sur toute  l’étendue du territoire national.  A quelques jours  de la rentrée les syndicats signataires du 15 octobre ont tenu  une réunion pour déposer un préavis de grève qui débutera aujourd’hui si leurs revendications ne sont pas satisfaites. Ce mot d’ordre de grève est consécutif au non-paiement des rappels dus à l’avancement, à la titularisation et à la principalisation. Pour rappel ce collectif syndical avait décidé de ne plus débrailler les classes pour quelque revendication que ce soit, ni même manifester, et cela par solidarité aux autorités de la transition qui ont tenu tête à la CEDEAO. Et cette dernière a infligé  des sanctions injustes illégales et illégitimes aux maliens. Les enseignants ont-ils raison de revendiquer leurs droits en ce moment difficile ? L’Etat n’a-t-il pas le devoir de préserver et de traiter tous les citoyens sur les mêmes pieds d’égalité ? Pourquoi c’est en milieu enseignants qu’on voit ce genre de mépris ? 

 

En effet, après la levée de l’embargo, les enseignants ont demandé sans obtenir le paiement de leurs droits. Ils ne semblent pas être entendus par le gouvernement, qui à défaut de dire non a relégué ce problème au second plan. Profitant de la rentrée des classes, les principaux acteurs de l’école que sont les enseignants sont montés au créneau pour déposer un préavis de grève de 8 jours à compter du 3 octobre 2022, si leurs droits ne sont pas payés. Au moment où nous mettions sous presse  aucun compromis ne semble trouvé entre  l’Etat et les enseignants. Ces derniers ne veulent rien entendre si ce n’est le paiement de leurs droits dont certains datent de 2020. L’Etat va-t-il trouver la solution pour éviter que la rentrée scolaire débute avec une grève de plus d’une semaine ?  ou bien le gouvernement va-t-il avoir le courage de dire qu’il y a une asphyxie financière qui  frappe le pays et par conséquent demandé aux enseignants de surseoir à leurs droits en attendant la normalisation de la situation ?

Il serait certainement difficile pour le gouvernement d’obtenir un quelconque compromis avec  les syndicats signataires du 15 octobre 2016, qui pensent être méprisés ou en tout cas les enseignants ont comme l’impression que le gouvernement ne les prend pas au sérieux d’où la colère noire. Les enseignants ne cachent pas leur colère car ils constatent une certaine négligence du gouvernement vis-à-vis de leurs revendications. Pour eux il faut chaque fois brandir la menace de grève pour que le gouvernement puisse parer au plus pressé. Dès fois même il faut débrailler pendant des mois pour trouver des solutions à des problèmes simples. Dans la plus part des cas ils ne réclament que des droits que tout travailleur de l’Etat ou de collectivité doit bénéficier. Pour rappel cette situation ne concerne que les enseignants de la région de Sikasso,  et du district de Bamako. Sinon les enseignants des autres régions semblent avoir  acquis leurs droits liés à l’avancement, à la titularisation et à la principalisation.

En plus de l’appel au boycott des syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016, la coordination des associations de Promoteurs d’écoles Privées au Mali a également déposé une demande de report de la rentrée scolaire suite au non-paiement des frais scolaires et demi-bourse de 2020-2021 dans la région de Sikasso. Les promoteurs d’école rappellent également qu’aucun paiement en frais scolaires et demi-bourse  n’est effectué dans le district de Bamako, Sikasso, Tombouctou et Gao au titre de l’année scolaire 2021-2021. Bien que des paiements partiels en frais scolaires ont, certes été effectués à l’endroit de certains établissements du Secondaire Général, force est de constater que les établissements  Techniques et  Professionnels n’en ont enregistré aucun et ceux de la demi-bourse se font attendre partout.

Face à cette situation aussi inquiétante les autorités de la transition doivent réagir à temps et ne pas faire la sourde oreille afin de trouver une solution immédiate pour sauver cette année scolaire qui s’annonce mal déjà.

Oumou SISSOKO

Source : L’Alternance