Les populations riveraines  du fleuve Niger  notamment  celles du Mali, avaient  nourri  le  fort espoir  de  voir  améliorer  leurs  activités  économiques et  environnementales, avec  l’arrivée de  la société Néerlandaise  Big Machinery en 2015 qui lutte contre la prolifération  des plantes  envahissantes . Mais leur  espoir  s’est  vite estompé. Car, depuis  l’annonce  en fanfare  de  ce  projet  par  les autorités  maliennes, l’’amour entre les deux parties  n’est pas allé  loin. Le divorce  est  en cours , en effet, au niveau  de  la justice  malienne  entre  la  société Big Machinery et  l’Etat malien.  Qu’est  ce  qui s’est  passé pour que  la société  Big Machinery  attaque  l’Etat  devant  la justice ?

En effet, la société Big Machinery est arrivée au Mali  à l’occasion  du Forum économique  organisé  par  l’ambassade  des Pays Bas  et  le ministère  des investissements  du Mali en 2013. A l’occasion, la société Big Machinery a été contactée par  des cadres  du Ministère  de  l’environnement, de  l’assainissement et du développement durable (MEADD) pour trouver  une solution au problème  de prolifération  des plantes  envahissantes  du fleuve Niger. Ainsi, la société  Big Machinery  a  été mise en relation avec  l’Agence du Bassin du  Fleuve Niger (ABFN) qui  serait  la cellule  technique  du MEADD  pour  la gestion  du fleuve  Niger. Ainsi, fut multipliés   les rencontres et échanges entre  les parties (MEADD et Big Machinery). A la suite, le MEADD a donné mandat  écrit, en date  du 10 mars 2015 pour  l’accompagner  dans  la recherche   de financements, des études  de faisabilité et  de la réalisation  des travaux. Après avoir reçu mandat donc, la société Big Machinery a mobilisé   ses partenaires techniques et financiers qui ont adhéré au projet dont l’ampleur  dépassait  la  capacité  technique  d’une seule entreprise.  Les experts africains et européens ont aussi été sollicités pour relever  le défi. Ainsi, la demande  du MEADD, un premier draft  du rapport  a été présenté  le 19 novembre à Bamako Azalai Hôtel lors d’une cérémonie officielle.  Ensuite, l’ABFN a demandé à la société  Big Machinery   de proposer un draft  de convention  pour  formaliser  définitivement  leur collaboration  et parfaire  les  engagements réciproques consignés dans un projet  de convention. Ce qui fut fait par  la société  Big Machinery et envoyé au MEADD et au Ministère  des Finances. Après  retouches, les  amendements  jugés  opportuns  par  les parties ont été retourner  à la société Big Machinery en attaché d’un email par  le MEADD, par  l’organe  du conseiller  Baikoro Fofana, pour  « tirage  en 4 copies originales et…signatures » en date du 5 avril 2016.Après la  signature  de l’accord, la  société Big Machinery  l’a renvoyé  en  avril  2016 au MEADD pour  la  signature  de  l’Etat du Mali. N’attendant  plus  que  cette  signature officielle avec  l’Etat  malien  afin  de pouvoir continuer ses services, à la surprise  générale de  la société Big Machinery, le courrier n°0285 en date du 12 Octobre 2016 de l’ABFN annule le projet. Il (le courrier) l’informe  que l’Etat  « dénonce  le mandat », sous  prétexte que  des « difficultés d’approche  n’ont  pas permis  la signature  du protocole par le ministère», sans pouvoir  expliquer  clairement  sur quoi porte  les  dites difficultés. En clair, ledit  courrier de  l’ABFN reproche  à la société Big Machinery de ne pas avoir fourni  la preuve  de  la disponibilité du  financement. Reproche  balayer d’un revers de main par Big Machinery qui accuse l’ABFN d’être la source  de cette difficulté puisqu’ayant finalement refusé  de créer  les conditions de  la bonne exécution  du mandat  donné à la société Big Machinery en refusant  de signer  la  convention  qui devrait  détailler  les droits  et obligations de chaque  partie.

Estimant  que  l’Etat  du Mali a décidé  de façon unilatérale de ne pas respecter les engagements qu’il avait pris en donnant mandat à la requérante qui  a été obligé à exposer des frais et à planifier des activités dans l’espérance de la signature de la convention proposée et revue à plusieurs niveaux avant de lui être réexpédiée pour signature par  les représentants de l’Etat, Big Machinery n’a eu  d’autre choix  que d’attaquer  l’Etat malien en justice. La  société  veut  être dédommagée sur la rupture irrégulière  et insidieuse, volontaire  et  abusive  des relations contractuelles par  l’Etat malien ; les dommages découlant  de la rupture abusive des relations contractuelles méritant réparation ; les charges  liées au contrat abusivement  rompu ; sur le  dommage lié à la dégradation  de  l’image  commerciale de Big Machinery; sur la réparation  des opportunités ratées et du manque  à gagner.

Qu’est-ce qui  a motivé réellement  l’ABFN à  rompre  la signature  de ce contrat  à  la dernière minute ?  Pourquoi le département de tutelle (MEADD) est  resté muet comme une carpe  sur  cette  lettre de l’ABFN adressée à la société  Big Machinery  au nom de l’Etat? Était-il complice de l’acte posé  par  l’ABFN? Comment  comprendre  qu’un  projet  d’une telle  importance  envoisinant  les 40 milliards  de FCFA  puisse  s’arrêter  en si  bon  chemin ?  Un problème de  pot  de vin est-il est à la base du désamour du blocage  du projet  entre les   responsables du MEADD et de l’ABFN qui  gèrent ce dossier  et  la société  Big Machinery ? Ont-ils mis leurs intérêts personnels devant  au détriment de l’intérêt général du Mali et du peuple malien ? Affaire à suivre.

Hadama B. Fofana

Source: Le Républicain
MaliwebEnvironnement
Les populations riveraines  du fleuve Niger  notamment  celles du Mali, avaient  nourri  le  fort espoir  de  voir  améliorer  leurs  activités  économiques et  environnementales, avec  l’arrivée de  la société Néerlandaise  Big Machinery en 2015 qui lutte contre la prolifération  des plantes  envahissantes . Mais leur  espoir  s’est  vite estompé. Car, depuis ...