Comme un concours de circonstances favorable pour lui, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a été salué à l’ONU pour « les progrès accomplis » dans la mise en œuvre de l’Accord, malgré les difficultés notées sur le terrain. Ceci au moment où certains acteurs sociopolitiques maliens finissent à peine de plaider la démission du chef du gouvernement.

 

C’est une vérité de Lapalisse d’affirmer aujourd’hui que le Mali est sous tutelle internationale. Du moins au point de vue de son processus de sortie de crise. La présence exubérante de la MINUSMA, qui est devenue un acteur de premier plan dans la mise en œuvre de l’Accord d’Alger de 2015, de nos élections (par exemple la présidentielle de 2018) la Force Barkhane et la troïka internationale du Comité de suivi de l’Accord obligent le Mali à quasiment soumettre ses actions de gouvernance interne à l’avis de ces « partenaires internationaux ».

Le Rapport de l’ONU du 29 mars 2019 sur la sortie de crise au Mali a reconnu des efforts accomplis par le gouvernement conduit par le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Celui-ci a même pu recueillir des félicitations du Français Jean-Pierre Lacroix pour les défis relevés sur le plan du désarmement et des actions de solidarité. « Malgré la lenteur, nous reconnaissons une réelle volonté d’avancer de la part des acteurs concernés », a indiqué un diplomate français

Selon des indiscrétions de chancelleries occidentales, le déplacement du Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga à Washington et New York du 26 au 29 mars et ses différentes interventions dans les milieux onusiens, américains et des partenaires du Mali en général ont contribué à le remettre en selle.

En effet, certains partenaires stratégiques du Mali dans le processus de paix comme l’Algérie, la France veulent inscrire leurs actions dans la continuité et dans une posture de confiance et de connaissance du dossier. Ils ne cachent donc pas leur sympathie et admiration au cinquième Premier ministre du président IBK. Alger et Paris, selon des confidences, soutiennent Soumeylou Boubèye Maïga réputé proche homme du sérail de la crise sécuritaire dans le Sahel. Ils n’ont pas hésité à conseiller au président de la République du Mali de poursuivre sa gouvernance avec son Premier ministre, qui a su courageusement rompre les amarres d’un éventuel dialogue avec les terroristes.

L’on comprend donc pourquoi malgré les insistantes demandes d’une partie de la classe politique et de quelques religieux, le chef de l’Etat n’a manqué aucune occasion de réaffirmer sa confiance totale à son Premier ministre.

Cette mission onusienne semble donc avoir le mérite de consolider l’assise du Premier ministre, dont les observateurs reconnaissent le mérité d’avoir sauvé le régime IBK de plusieurs menaces de déstabilisation en 2018.

Rappelons qu’il y a seulement quelques jours, le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé était monté au créneau pour exiger la démission du patron de la primature. C’était au nom du regroupement politique Front pour la sauvegarde de la démocratie 5FSD) et au lendemain du massacre de Ogossagou (plus de 174 morts). Avant ce leader de l’opposition, les responsables politiques de la Coalition des Forces patriotiques (COFOP) avaient aussi soufflé dans la même trompette ; sans succès. Tout cela après le meeting du 10 février, où deux leaders religieux, sans raisons convaincantes, avaient aussi demandé la tête du Premier ministre, dont l’aura auprès des partenaires du Mali serait devenue, en définitive, une sorte de bouée de sauvetage

.Boubou SIDIBE

Maliweb

MaliwebSociétémaliweb,minusma
Comme un concours de circonstances favorable pour lui, le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga a été salué à l’ONU pour « les progrès accomplis » dans la mise en œuvre de l’Accord, malgré les difficultés notées sur le terrain. Ceci au moment où certains acteurs sociopolitiques maliens finissent à peine de...