Les travailleuses domestiques, communément appelées servantes, sont généralement accusées à tort par une bonne partie de l’opinion suite à diverses dérives conjugales, notamment, entretenir des relations sexuelles avec l’époux de leur patronne. Certes, l’acte est immoral, mais devrions-nous aveuglement blâmer la seule responsabilité de la servante tout en omettant celle de la patronne pour l’avoir inconsciemment poussée dans les bras de son propre mari ?

La vie des servantes dans les pays pauvres, surtout au Mali, est foncièrement misérable et déshumanisante. Elles sont généralement contraintes aux plus rudes corvées domestiques pour ne finalement percevoir que des effondrilles comme salaire à la fin du mois. Elles se réveillent en même temps que le coq et se couchent à des heures intenables. Entretemps, les patronnes ne font que se plaire dans leurs mondanités, contraignant ainsi les travailleuses domestiques à une situation qui frise la servitude, et elles trouvent cela « bien normal » d’autant plus que ce sont elles les patronnes et les travailleuses domestiques, des « bonnes à tout faire » n’ayant aucunement droit à la parole, au risque de se faire immédiatement virer.

Pis, nombreuses de ces femmes qui ne sont jamais disponibles pour leurs maris, vont jusqu’à confier aux travailleuses domestiques, des tâches ne devant normalement revenir qu’à elles-mêmes. Il s’agit, entre autres, des soins d’hygiène destinés à la salle de bain de leur mari ainsi qu’autres tâches liées à l’entretien du lit conjugal. Même lorsqu’il s’agit de servir à manger à leur époux, c’est à la servante que reviendra, le plus souvent, une tâche aussi spéciale. Ces épouses ou patronnes, aussi bien fainéantes que paresseuses, ne sont jamais disponibles pour leur mari dans le foyer, mais plutôt disponibles pour autres futilités extraconjugales, laissant ainsi aux servantes, tout le soin de s’occuper de leur foyer, même lorsqu’il s’agit d’exercer les tâches les plus élémentaires.

Qui devrait-on vraiment accuser, si, à la longue, l’époux finit par avoir un penchant sexuel pour la servante au détriment de la patronne ? A qui devrions-nous nous en prendre, si la servante finit par séduire l’époux à travers l’efficace exercice de ses tâches quotidiennes et que celui-ci, à son tour, finit par en faire une deuxième épouse ? La patronne n’est-elle pas fautive pour avoir négligé son foyer et pousser inconsciemment la servante dans les bras virils de son propre époux ? En dernière instance, qui devrait-on fondamentalement accuser dans cette dérive conjugale qui inonde nos foyers ?

« Ma femme ne faisait presque rien à la maison à part dormir et suivre les feuilletons. C’est la servante qui était à pied-œuvre nuits et jours. Même lorsque je me plaignais de sa trop grande paresse, elle ne me disait mot », a raconté ce couturier amèrement déçu de son épouse.

« Pis, la servante cuisinait mieux que ma femme et était constamment à mes petits soins. Chaque fois, c’est elle qui me demandait ce que je voudrais qu’elle prépare ou si je voudrais boire du thé lorsque je suis en train de me reposer. Elle avait fini par être plus proche de moi que ma femme et en conséquence, je lui faisais souvent de petits cadeaux pour l’encourager. C’est ainsi que lors d’un voyage effectué par ma femme chez ses parents, j’ai demandé la main de la servante à sa famille et l’ai prise comme seconde épouse», a-t-il poursuivi, ajoutant que sa femme, n’ayant pu supporter la surprise, avait décidé de s’en aller.

Contrairement à tout ce que nous venons de décrire, il y a d’autres catégories de femmes qui fixent de stricts principes à leurs servantes et tiennent farouchement à la sauvegarde de leur foyer. « Cela fait près de trois ans que j’emploie une travailleuse domestique dans mon foyer et jamais, elle n’a vu la couleur de ma chambre. Je n’accepte jamais tout ce qui pourrait créer une quelconque proximité entre elle et mon mari. C’est moi-même qui fais ma cuisine et m’occupe de tout autre entretien lié à la bonne marche du foyer. Aussi, la servante n’entre dans le salon que lorsque je le lui autorise. Elle ne s’occupe, en général, que de la vaisselle et la lessive ainsi qu’autres petites commissions en dehors de la maison », a clairement affirmé une femme au foyer, soulignant que toute travailleuse domestique ne pouvant obéir à ces règles, se verrait automatiquement mise dehors sans transigeance.

 

Source: La Sirène

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Les travailleuses domestiques, communément appelées servantes, sont généralement accusées à tort par une bonne partie de l’opinion suite à diverses dérives conjugales, notamment, entretenir des relations sexuelles avec l’époux de leur patronne. Certes, l’acte est immoral, mais devrions-nous aveuglement blâmer la seule responsabilité de la servante tout en omettant...