Vendredi, une nouvelle représentation théâtrale politico-religieuse a été orchestrée par l’imam Dicko. Sous couvert de crise sociale qui s’amplifie et d’affrontements communautaires qui ébranlent notre pays, Mahmoud Dicko réclame le limogeage du Premier ministre. Son discours est très loin de ce qu’on attend d’un guide religieux. Qu’est-ce qui peut donc bien animer l’imam Dicko à précipiter un peu plus notre nation dans le chaos?

 

Tout a commencé en décembre 2017 quand SBM, tout juste nommé par IBK comme nouveau chef du gouvernement, décide d’écarter l’iman Dicko de la mission qui consistait à entrer en pourparlers avec les leaders terroristes comme Iyad Ag Ghali pour régler la situation sécuritaire au Mali. Cette mission se révélait improductive et particulièrement onéreuse. Mais voilà ! SBM venait de couper les vivres à l’imam Dicko qui pour ses services de président de mission touchait 500 millions de FCFA ! Depuis Dicko nourri une profonde rancœur vis-à-vis de notre PM.

Quelques mois plus tard, Dicko pensait sûrement qu’en donnant des consignes de vote à ses fidèles pour favoriser le second mandat d’IBK à la Présidence, il recevrait en échange les faveurs de ce dernier, comme la tête de SBM par exemple. A la lecture des résultats dans les villes où Dicko a prêché, on constate clairement que les musulmans, exerçant leur libre arbitre plutôt que suivre aveuglement la voix de leur guide, ont fait tomber le mythe du faiseur de Président que Dicko espérait pourtant bien mettre à profit.

Toujours insatisfait, fin 2018, il lance la polémique du « manuel scolaire » à des années lumières de nos préoccupations. Il continue depuis le début de l’année ses attaques contre l’État en l’accusant de la dégradation sécuritaire, des attaques terroristes et des affrontements communautaires. Dicko est en train, sous nos yeux, de troquer sa vocation de religieux pour celle d’homme politique. Manipulateur plus que guide, Dicko n’apporte aucune feuille de route pour enrayer nos problèmes. Il se borne à vouloir régler ses comptes personnels avec SBM comme si cela allait résoudre nos soucis. Il change l’esprit des initiatives de l’opposition qui consiste à demander au gouvernement d’agir en urgence devant les attaques terroristes, en dehors de toutes idéologies ou ambitions politiques. Vendredi dernier, sa motivation affichée « manifester jusqu’à ce que le PM soit limogé » illustre sans artifice son obsession de vengeance personnelle et l’instrumentalisation de nos frustrations.

D’après les statuts du HCIM, l’iman Dicko a fait son temps et ne peut pas briguer plus de 2 mandats. Les élections du nouveau président qui devaient se tenir le 3 avril n’ont finalement pas eu lieu. Comment doit-on interpréter la prise de parole en tant que président du HCIM de l’imam Dicko à la manifestation du 5 avril alors qu’il ne l’est plus au regard des statuts ? Dicko est un usurpateur. Faudra-t-il à notre tour manifester tous les vendredis pour exiger qu’il quitte la présidence du HCIM ? Taire nos égos et nos inimitiés, placer le Mali au-dessus de nos ambitions personnelles, telle est la voix d’un guide religieux dont le HCIM et le Mali ont besoin.

Paul-Louis Koné

Malijet

MaliwebSociétéIyad Ag Ghali
Vendredi, une nouvelle représentation théâtrale politico-religieuse a été orchestrée par l’imam Dicko. Sous couvert de crise sociale qui s’amplifie et d’affrontements communautaires qui ébranlent notre pays, Mahmoud Dicko réclame le limogeage du Premier ministre. Son discours est très loin de ce qu’on attend d’un guide religieux. Qu’est-ce qui peut...