Le Collectif des épouses et parents des militaires et paramilitaires, poursuivis dans l’affaire dite des bérets rouges, a marché, le vendredi 15 décembre, pour réclamer le jugement, à défaut la libération pure et simple de leurs époux. La marche est partie de la Place de la liberté pour prendre fin devant la Primature où une déclaration a été lue publiquement avant d’être déposée sur la table du Premier ministre.

La marche était dirigée par la présidente du Collectif, DEMBELE Manida SISSOKO, en présence de plusieurs autres femmes et parents de militaires.
Tout au long du trajet de la marche, les manifestants scandaient des slogans comme : ‘’Jugez ou libérez nos époux’’ ; ‘’Non à l’injustice, Oui pour une armée réconciliée et forte’’…
Dans la déclaration lue publiquement, le Collectif a lancé un véritable cri de cœur à la communauté internationale et à tous ceux qui sont épris de justice.
Les manifestantes ont exprimé leur indignation face à ce qu’elles qualifient de déni de justice, commis par les magistrats en charge du dossier.
Selon la présidente du Collectif, au Mali, les juristes ont toujours affirmé que la liberté est de principe et la détention est l’exception. Et qu’aucun détenu ne doit dépasser 3 ans sans être jugé. Cependant, a-t-elle rappelé, il y a plus de 4 ans que leurs époux et parents sont détenus.
Elle n’a pas manqué de dénoncer l’injustice en faisant cas de la situation du colonel Abdina GUINDO et ses compagnons. Selon la présidente du Collectif, ceux-là même qui ont porté atteinte à la sécurité intérieure de notre pays et à l’intégrité physique des porteurs d’uniformes et d’innocents civils ont été libérés et promus à des postes dans leurs services pendant que leur dossier de poursuite dort encore dans les tiroirs du magistrat chargé de la procédure.
«Le Collectif des épouses et parents des militaires en détention pour cette affaire dite des bérets rouges, vient auprès de vous en votre qualité de Premier ministre, chargé de superviser l’action gouvernementale et donc de contribuer à la bonne exécution des normes constitutionnelles et législatives, vous demandez de vous impliquer pour la libération provisoire desdits prisonniers», peut-on lire dans la déclaration du Collectif.
Le Collectif soutient que la Constitution et les textes de lois étant au-dessus de tous citoyens et l’Etat lui-même, le mutisme et le manque de réaction positive des hautes autorités sont une violation de cette Constitution.
Pour les manifestants, étant donné que la réconciliation et la paix tant prônées au Mali ne peuvent se réaliser qu’avec une armée unie et soudée, ces procès en vue risquent d’annihiler la cohésion de la grande famille militaire. Ils trouvent que la longue détention dans les geôles du Camp I de la gendarmerie à Bamako et ailleurs s’apparente à un déni de justice.
«Nous dénonçons la justice à deux vitesses dans notre cher pays. Il n’est caché à personne que certains juges maliens cherchent à taire l’affaire des crimes ou tueries, coups de blessures volontaires commis par Abdina GUINDO et ses compagnons, lesquels sont tous libérés à la date d’aujourd’hui. Pendant ce temps, le groupe du général Amadou H SANOGO peine à se faire entendre pour une meilleure gestion du dossier les concernant et surtout leur mise en liberté provisoire », dénonce le Collectif des épouses.
Les femmes ont saisi l’occasion pour demander humblement au Premier ministre de s’impliquer personnellement dans le traitement du dossier de leurs époux et parents en sa qualité de superviseur de l’action gouvernementale.
Aussi, demandent-elles au chef du gouvernement l’obtention d’une indemnisation à l’endroit de toutes les victimes des événements du 30 avril au 1er mai 2012 et des familles des inculpés, décédés en détention provisoire.
Dans l’enceinte de la Primature, une délégation de 15 femmes du Collectif a remis la déclaration au chef de cabinet, en présence de certains membres du gouvernement.

PAR MODIBO KONE

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Le Collectif des épouses et parents des militaires et paramilitaires, poursuivis dans l’affaire dite des bérets rouges, a marché, le vendredi 15 décembre, pour réclamer le jugement, à défaut la libération pure et simple de leurs époux. La marche est partie de la Place de la liberté pour prendre...