Pour des faits qualifiés de « crime de faux et usage de faux, d’atteinte aux biens publics et de complicité de ces infractions », faits liés à l’exécution du marché public dit ‘’Paramount’’ s’inscrivant dans la mise en œuvre de la loi d’orientation et de programmation militaire, quatre personnalités maliennes, dont l’ex-DG de la BMS-SA, Babaly Ba, restent sous le mandat d’arrêt international de la Cour suprême du Mali.

Après la réaction de l’ex-chef du gouvernement Boubou Cissé, suivie de celle de Tiéman Hubert Coulibaly et de Mamadou Igor Diarra, l’ex-Directeur général de la Banque malienne de solidarité a également réagi. Dans un communiqué qui nous est parvenu ce mardi 9 août, M. Ba dit avoir pris connaissance, vendredi 29 juillet 2022, des termes du communiqué du Procureur général près la Cour suprême du Mali. Lequel terme fait part du lancement d’un mandat d’arrêt international contre quatre personnalités du pays, à la suite de l’ouverture d’une information judiciaire. Selon l’ex-DG, la surmédiatisation du communiqué du Procureur général, amplement relayé par les organes de presse nationaux et internationaux, est de nature « à jeter le discrédit sur les personnes visées » dans l’affaire. La motivation dudit communiqué et, subséquemment, la décision d’émettre un mandat d’arrêt international « contre ma personne découlent des conclusions du rapport de la conseillère spéciale du Président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, chargée des audits sur lesquels ont d’ailleurs porté tous les interrogatoires auxquels j’avais été soumis auparavant ». Dans le cadre du dossier objet de la présente procédure, Babaly Ba annonce avoir fait plusieurs passages devant les officiers de police judicaire et le parquet du tribunal de grande instance de la commune III en charge du Pôle économique et financier. Aussi, l’ex-responsable de la BMS rapporte que les règles déontologiques et le principe du contradictoire n’ont jamais été observés. En effet, poursuit l’incriminé, « c’est aux fins d’éviter les erreurs et les allégations sans fondement, comme c’est manifestement le cas, que les responsables des structures sont associés aux audits les concernant, mais j’ai été interrogé sur la base d’un rapport auquel je n’ai jamais pu accéder. Dès lors, il n’est pas étonnant que le réquisitoire du Procureur soit bâti sur des conclusions totalement erronées, comme quoi les autorités de la Défense et des Finances de l’époque avaient simulé un marché qui n’a jamais existé, afin de sortir de l’argent public à travers les services de la BMS », mentionne Babaly Ba. Tous les justificatifs du marché, attestant de son existence  formelle ainsi que de sa conformité aux dispositifs règlementaires, ont été, précise-t-il, pourtant  versés au dossier « lors de mes  interrogatoires successifs ». Il s’agit particulièrement, décante Babaly Ba, de la copie du marché dûment signé, des factures payées, des bordereaux de livraison, de la situation des paiements effectués, des différents échanges des courriels justifiant le montant bloqué chez le fournisseur, ainsi que le motif du blocage et les modalités du déblocage dudit montant proposées. Et d’être on ne peut plus clair : « Mon rôle de banquier agissant en qualité m’incline à apporter les clarifications suivantes : ma responsabilité devrait être recherchée dans le montage technique et financier du dossier, dans l’observance des procédures d’accord de crédit de l’institution à chacune des étapes de l’opération ainsi que dans l’implication effective de ses instances décisionnelles. Or, aucun des aspects posés par les soins  dans cette opération n’engage ma responsabilité personnelle ». De ce fait, il souligne être fier d’avoir servi la banque purement malienne jusqu’à sa retraite, en décembre 2018. Puis précise n’avoir été informé en aucun moment, ni mêlé à une compromission quelconque par rapport au dossier en cours. Ce qui l’amène à conclure par ceci : « Je voudrais mentionner au passage le préjudice moral engendré par une publicité humiliante et dégradante tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays à travers ce mandat d’arrêt international qui m’a contraint à démissionner de deux postes. Néanmoins, je reste confiant et serein quant à la suite des évènements ».

Mamadou Diarra

Source: LE PAYS