Leader influent du mouvement de l’ex-Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, Ben Souk a été interpellé au Mali, mardi 10 août 2021. Pour le mouvement Générations et peuples solidaires (GPS), le Mali aurait décidé de « perdre son âme pour des profits politiques immédiats ».

« M. Sess Soukou Mohamed dit Ben Souck, ancien député-maire de Dabou, membre du Comité d’Orientation et de Coordination de Générations et Peuples Solidaires, a été enlevé en pleine rue à Bamako par quatre hommes encagoulés et habillés en tenue civile », a alerté le mouvement de Soro Guillaume, dans un communiqué du 10 août 2021, le jour de l’enlèvement. « Sous la contrainte d’armes, M. Sess a été forcé à monter à bord d’un véhicule 4X4 aux vitres teintées, ne portant aucune plaque d’immatriculation », précise le communiqué

Mandat d’arrêt international

L’ex-député ivoirien est porté disparu depuis lors, selon le mouvement de Soro Guillaume Kigbafori. Cet enlèvement a semé la panique du côté des leaders de ce mouvement, qui espéraient sur un retour rapide de Ben Souk au bercail. Cela, en raison de la décrispation progressive du climat politique ivoirien.

Pour rappel, Sess Soukou Mohamed a trouvé refuge au Mali, en décembre 2019, suite à une « violente répression qui s’était abattue sur Générations et Peuples Solidaires », en Côte d’Ivoire. Cette répression a conduit à l’arrestation et à la condamnation de plusieurs dirigeants du GPS.

Plus de peur que de mal. Dans un communiqué du 11 août 2021, le procureur du Tribunal de grande instance de la commune IV de Bamako a indiqué avoir instruit l’interpellation de Ben Souk, le 10 août. Cette interpellation, selon le contenu du communiqué, fait suite à un « mandat d’arrêt international décerné le 16 novembre 2020 par Mme le juge du 9e cabinet d’instruction du tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau ». Selon le procureur de la République, il est reproché à Ben Souk des « actes subversifs pouvant admettre une qualification pénale commis sur le territoire national ».

Interpellation interprétée

L’ancien député-maire de Dabou pourrait rester entre les mains des autorités judiciaires maliennes jusqu’à l’identification des « différentes implications » des faits qui lui sont reprochés et « déterminés leur volonté criminelle en vue d’une saine application de la loi ».

La Délégation GPS des Grands Ponts interprète cette interpellation de Ben Souk comme une « conception violente de la politique qui se nourrit d’enlèvement, de séquestration, d’emprisonnement de longue durée suivis de jugements expéditifs, parfois de meurtre et qui prend progressivement racine dans ces terres d’Afrique de l’Ouest, hier si hospitalières ».

Selon elle, le Mali aurait ainsi décidé de « perdre son âme pour des profits politiques immédiats, mais incertains en renonçant à la protection des Ivoiriens qui ont trouvé refuge sur ses terres ».

Chiencoro

Source: Sahel Tribune