L’actuel Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita n’avait-il pas prévenu les Maliens, lors de la campagne électorale de 2013, par des mots convaincants sur sa volonté à lutter contre la corruption ? Même si pendant son premier quinquennat, les arrangements politiques et autres avaient pris le devant sur la volonté du Président qui était coincé au point de ne pas contrôler la gouverne du pays, aujourd’hui, cette volonté se manifeste en lui, vu le travail que le ministre Maitre Malick Coulibaly et ses juridictions sont en train de mener. Actuellement, les intouchables sont peu nombreux au Mali. Mais il a fallu attendre qu’IBK atteigne ses objectifs avec ses amis politiques avant de changer de stratégie.

Dans notre pays, pour trouver à manger sans être inquiéter, il fallait suivre le mouvement du vent, c’est-à-dire, le régime. Aujourd’hui, mêmes les tenants du régime ne sont-ils pas entre les mains de la justice ?

De l’arrestation de Bakary Togola à celle d’Adama Sangaré, Maire du district, le Mali vient de très loin. Plusieurs Maires sont également écroués pour détournement.

Pourquoi Me Malick Coulibaly n’a-t-il pas été nommé pendant le premier quinquennat d’IBK pour accomplir cette mission hautement salutaire ?

Ibrahim Boubacar Kéïta a été élu Président de la République pour la première fois en 2013, sous les couleurs du RPM qui avait vidé l’ADEMA PASJ et d’autres formations politiques.

Quand il a pris fonction, il fallait remercier les barons du RPM et des autres partis qui l’ont soutenu en les nommant dans les postes ministériels, dans les directions stratégiques, dans les ambassades et à la tête de certaines institutions.

C’est ainsi que Bakary Togola, pour se maintenir à la tête de l’APCAM, est venu au RPM ; Adama Sangaré s’est affiché ADEMA pro-RPM ; Zoumana Mory Coulibaly a lâché les FARES pour le RPM ; l’UDD de Tièman Hubert Coulibaly ne respire que l’air RPM ; l’ASMA-CFP de Souméylou Boubèye Maïga est confondu au parti présidentiel ; le MPM de Hady Niangado a été créé pour faire réélire IBK ; la CODEM de Housseïni Amion Guindo collabore bien avec le régime ; etc.

Il y a aussi des mécontents qui étaient présents pendant les premières heures : le MPR de Choguel Kokala Maïga, le CNID FYT de Me Mountaga Tall, etc.

Aujourd’hui, le Président ne roule pour personne car ces derniers ont réussi à le faire réélire à travers des fonds mal acquis. Lui, n’ayant pas volé, ne craint rien. Chacun doit se défendre maintenant, même si tout le monde a été délinquant pour sauver son règne. Cet acte n’est-il pas en soi une trahison ?

Par ailleurs, bien que la promesse de lutter contre la corruption du Président IBK ait tardé à être tenue, la démarche actuelle de la justice est salutaire. Mais il y a plusieurs affaires défraie la chronique et le peuple veut voir le bout du tunnel.

L’homme, c’est la stratégie. Ni Bakary Togola, ni Adama Sangaré, ni même ceux qui seront arrêtés dans les jours à venir n’avaient prédit ce rebondissement spectaculaire

Alfousseini Togo

SourceLe Canard de la Venise

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L’actuel Président de la République Ibrahim Boubacar Kéita n’avait-il pas prévenu les Maliens, lors de la campagne électorale de 2013, par des mots convaincants sur sa volonté à lutter contre la corruption ? Même si pendant son premier quinquennat, les arrangements politiques et autres avaient pris le devant sur la...