L’Observatoire du Développement Humain Durable et de la Lutte contre la Pauvreté (ODHD/LCP) a organisé, le 24 novembre dernier à l’Hôtel Kimpeski, le lancement de deux rapports sur le développement humain. Il s’agit du Rapport national sur le développement humain 2021/2022 : «Distribution et redistribution du revenu au Mali et leurs impacts sur la pauvreté et les inégalités» et le Rapport mondial sur le développement humain : « Temps incertains, vies bouleversées : façonner notre avenir dans un monde en mutation ».

 

La cérémonie de lancement était présidée par le représentant de la ministre de la santé et du développement social, Abdoulaye Idrissa Maïga en présence de la Médiatrice de la République, Mme Sanogo Aminata Mallé et du Représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au Mali, Rodophe Ademonkoun Missihoum.

Dans son discours de bienvenue, le Représentant de la Maire de la commune III du district de Bamako dira que les deux rapports sont complémentaires de par leurs thèmes qui ont en partage la lutte contre la pauvreté. Une lutte qui est au cœur de la politique des autorités de la Mairie de la commune III.

A en croire Rodophe Ademonkoun Missihoum du PNUD, il a été enregistré une baisse sans précédent du développement humain pendant deux années consécutives. 90% des pays ont connu des reculs de leur indice de développement humain. Le rapport national du développement humain durable du Mali s’inscrit dans la lignée du rapport mondial. Le PNUD est engagé à accompagner le Mali dans ses efforts de lutte contre la pauvreté, selon son représentant.

De l’avis du Représentant du ministre de la santé et du développement social, « ces rapports constituent  des instruments de sensibilisation et de plaidoyer à l’intention de différents publics cibles, décideurs, organismes de développement, collectivités territoriales, secteur privé, société civile, milieu universitaire et médias ».

Selon Abdoulaye Idrissa Maïga, les résultats du Rapport national du développement humain montrent qu’au Mali, il y a trois (3) grandes sources de revenu à savoir le revenu procuré par le travail, le revenu procuré par le capital et le revenu tiré des transferts. « Le revenu du travail comprend à son tour les salaires et le revenu d’activité des indépendants qui peuvent être agricoles ou non agricoles. Le revenu annuel total de l’ensemble du pays est estimé en 2019 à 3 984 milliards de FCFA dont 91% de revenu du travail, 7% de transfert et 2% de revenu de capital ». Abdoulaye Idrissa Maïga a noté que la pauvreté a frappé en 2019 un peu moins de la moitié de la population (47,8%) avec une incidence plus grande en milieu rural (59,7%) qu’en milieu urbain (13,9%). « Le taux de pauvreté baisse clairement avec le niveau d’éducation. L’écart moyen au seuil de pauvreté est de 23% dans l’ensemble et a globalement les mêmes tendances que le taux de pauvreté. Les contributions relatives à la pauvreté sont de 7% pour le milieu rural et 92% pour le milieu urbain ».

Le rapport, a laissé entendre le Représentant du ministre de la santé et du développement social, met en lumière  une distribution  du revenu plus inégalitaire en milieu urbain. « Le niveau global d’inégalité de revenu mesuré par l’indice de Gini est, en 2019, de 44,5%. La distribution  du revenu est plus inégalitaire en milieu urbain et parmi la population ayant un homme comme chef de ménage. La composante « intra-milieu » de l’inégalité de revenu pèse 50,8% contre 31% de composante « inter-milieu ».

Le rapport mondial recommande de mettre en œuvre des politiques axées sur l’investissement (des énergies renouvelables à la préparation aux pandémies) et sur l’assurance (notamment la protection sociale) qui prépareront nos sociétés aux aléas d’un monde incertain. Le représentant du ministre de la santé espère que les recommandations pertinentes contenues dans ces deux (02) rapports, contribueront à une meilleure prise en compte des questions de Développement Humain Durable et de lutte contre la pauvreté en vue de l’atteinte du Cadre stratégique pour la Relance Economique et le Développement Durable (CREDD) 2019-2023 et des Objectifs de Développement Durable (ODD).

Un sketch sur les deux thèmes a été présenté en langue banamankan par le groupe Nygolon. Mme Aminata Aly Traoré, économiste à l’OHDH/LCP a fait une présentation sur le rapport national sur le développement humain tandis que Rodophe Ademonkoun Missihoum a résumé le rapport mondial sur le développement humain.

Le Représentant du ministre de la santé et du développement social a remis des copies des rapports au Médiateur de la République, au Conseil national de la Société civile, au Conseil national du Patronat du Mali et à la Mairie de la commune III.

CD

Source : Le Challenger