Certains enfants trouvent goût aux activités livresques. Ils veulent se faire une place dans le monde des grands esprits.  Les blogueurs Ib Togola et Rokia Doumbia ont rencontré certains d’entre eux avant l’irruption de la crise sanitaire qui secoue le pays. 

 

 « Un enfant qui lit est un adulte qui pense », dixit Flore Vasseur.  C’est ce que certains enfants ont compris en s’adonnant très tôt à la lecture.  Ils sont des élèves de l’enseignement primaire et secondaire, âgés de 8 à16 ans. Ils font la navette entre la maison, l’école et la bibliothèque de l’Institut français du Mali (IFM), à Bamako.

Ils sont amoureux des livres, spécifiquement des contes, des histoires et des dessins. Coumba Sidibé, jeune fille, moins de 15 ans, ne rate pas d’occasion pour lire quelques pages avant de rentrer à la maison. « Je viens ici pour lire, car la lecture permet d’acquérir des connaissances, d’avoir une mentalité positive. Lire me permet de me sentir heureuse.», confie-t-elle.

Une ouverture sur le monde

La lecture permet à ces enfants de se surpasser, de s’ouvrir au monde, de se cultiver.  C’est l’avis d’Aboubacar Dravé, 15 ans : « C’est à travers la lecture qu’on accepte de s’ouvrir aux autres et d’être autonome d’un point de vue intellectuel. On ne se sent pas supérieur aux autres mais égal à eux. Je viens ici pour m’instruire. Lire, c’est se libérer et se créer sa propre méthode de réflexion.» Pour Aboubacar, on peut mesurer l’importance de la lecture sur la vie des enfants comme lui. Nous avons été agréablement surpris par l’affluence des enfants à l’Institut français de Bamako.

« Pour moi, il faut inculquer la culture de la lecture dès le bas âge. C’est très important », explique Yehia Ag Agaly,  bibliothécaire à l’Institut français du Mali, qui animait une émission littéraire sur une radio de la capitale. Il ajoute que la lecture doit faire partie des processus de socialisation familiale : « Il faut aussi un suivi et un accompagnement des parents avec des inscriptions dans les bibliothèques et l’achat des livres qu’ils veulent. Sinon je dirais aussi qu’il faut plus de petites bibliothèques dans chaque établissement privé comme public. » 

Lire au-delà des livres

Pour nous, lire  ne se limite pas à la lecture traditionnelle : c’est-à-dire prendre un livre physique et feuilleter ses pages. Lire, c’est apprendre aussi de son quotidien : la nature, la télévision, la radio, les réseaux sociaux. Il faut, comme le dirait l’enseignant, Abdoulaye Guindo, « lire tout ce qui passe sous les yeux.»

Si aujourd’hui le niveau de l’élève malien est décrié, c’est parce que la majorité ne s’intéresse pas à la lecture. Or, la richesse qu’on cherche se trouve dans les livres. Pour narguer ceux qui ne lisent pas, certains vont jusqu’à dire que la meilleure façon de cacher quelque chose à un « Africain », il faut le mettre dans un livre. Une blague un rien sarcastique.

Contrairement à une idée reçue, on n’a forcément pas besoin d’être élève ou étudiant en lettres pour lire. La lecture n’a pas besoin de domaine, mais juste de courage et de soif de connaissances.  Vouloir apprendre, c’est transgresser les normes établies par les individus de la vie ignorante. Cependant, invitons non seulement nos enfants à s’y initier mais aussi apprenons-leur à prendre goût au savoir.

Aujourd’hui, l’espoir renaît. Plusieurs associations travaillent pour la promotion de la lecture à la maison ou à l’école. Le Mali peut désormais compter sur une nouvelle génération qui ne jure que par la lecture.

Source : benbere

MaliwebSociété
Certains enfants trouvent goût aux activités livresques. Ils veulent se faire une place dans le monde des grands esprits.  Les blogueurs Ib Togola et Rokia Doumbia ont rencontré certains d’entre eux avant l’irruption de la crise sanitaire qui secoue le pays.     « Un enfant qui lit est un adulte qui pense », dixit...