La livraison à vélo fut, dans le temps, un des premiers moyens de livraison à Bamako. Avec l’avènement d’autres moyens de déplacement plus rapide, la concurrence devient rude. Le métier est en voie de disparition au grand dam de quelques passionnés qui résistent encore à coup de pédales.

 

On les voit se faufiler entre les véhicules, le porte-bagages chargé. Aux heures de pointe, les  livreurs à vélo sillonnent les grandes artères ou les rues de la capitale malienne, à la recherche de clients ou sur le point de livrer quelque chose. Ils pédalent à toute allure, entre les véhicules et les motos, avec tous les risques que cela comporte pour servir rapidement leurs clients.

Dans la cinquantaine, Ba Lassi vit du métier de livraison à vélo depuis 1990. « Au tout début, je livrais principalement des sacs de riz ou de mil. Petit à petit, j’ai commencé à livrer toutes sortes de colis, pourvu que le vélo puisse supporter la charge », raconte-t-il, nostalgique. Aujourd’hui le métier est progressivement délaissé à cause de la concurrence des motos Jakarta et les motos tricycles qui inondent Bamako.

« La livraison est un art »

Malgré l’avènement de nouveaux moyens de transport, qui ont négativement impacté son activité, réduisant son gain, Ba Lassi n’entend pas laisser le guidon de sitôt. « La livraison est un art, on se devait de bien comprendre les explications de l’acheteur pour pouvoir s’y rendre. En son temps, le téléphone portable n’était pas encore répandu », lance-t-il, plongé dans ses vieux souvenirs.

« Les clients, qui faisaient leurs achats à la boutique, me payaient les frais pour que je livre. Tous n’avaient pas de moto et nous étions pratiquement les seuls livreurs. La course était payée de 300 francs à 1000 francs CFA, selon la distance. Je pouvais faire plusieurs allers-retours en une journée. Et grâce à Dieu, je me suis bien battu avec le peu que je gagnais et j’ai même pu amener d’autres jeunes de mon village à pratiquer le métier », ajoute-t-il.

En dépit de son âge avancé, Lassi continue de livrer. Cependant, Il ne peut plus transporter les grosses charges pour rester en bonne santé. Il se concentre essentiellement sur la livraison des repas de midi dans des familles, les lieux de travail et surtout aux commerçants du grand marché de Bamako. « Maintenant, c’est un salaire mensuel que je perçois. Alors qu’auparavant, j’étais payé à la tâche, une option plus rentable que l’actuelle », estime-t-il.

Bienfaits pour la santé

La livraison à vélo revient à beaucoup pédaler toute la journée. Cela permet de brûler beaucoup de calories. C’est un sport complet, selon Ba Lassi le cinquantenaire qui n’en a pourtant pas l’air. Faire du vélo a trois principaux bienfaits pour votre santé : la perte de poids, l’améliorer de l’endurance et enfin le renforcement du système cardio-vasculaire.

De nos jours, la plupart des Maliens ont leur propre moyen de déplacement. Chacun fait sa course ou paie cher les motos tricycles pour leur rapidité et leur capacité à prendre beaucoup de charges en un seul voyage.

Source : Benbere

MaliwebSociété
La livraison à vélo fut, dans le temps, un des premiers moyens de livraison à Bamako. Avec l’avènement d’autres moyens de déplacement plus rapide, la concurrence devient rude. Le métier est en voie de disparition au grand dam de quelques passionnés qui résistent encore à coup de pédales.   On les...