Du 16 au 18 mars 2017, le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Ousmane KONE, a effectué une visite de terrain dans les régions de Ségou et Koulikoro. À travers cette descente sur le terrain, le chef du département, accompagné de certains membres de son cabinet, des responsables des services techniques, des membres de la Commission des travaux publics, des transports et de l’habitat de l’Assemblée nationale, voulait constater de visu l’état d’avancement des chantiers des différents logements sociaux et visiter ceux qui sont terminés avant leur attribution.

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De même, le ministre a profité de cette sortie pour visiter les services relevant de son département pour recueillir les doléances du personnel.
De San à Fana, en passant par Bla, Ségou, Barouéli et Dioïla, le ministre a constaté que le taux de réalisation des différents chantiers est globalement satisfaisant, mais avec quelques défaillances par endroit.

Réseaux EDM Sa et SOMAGEP absents
La visite a commencé le 16 mars à Bla. Là-bas, le ministre a constaté que le chantier des 30 logements de types F3A est réalisé à 80 %. Le site des logements sociaux de Bla, en raison de son éloignement de la ville, n’est pas connecté au réseau de la SOMAGEP local. Pour pallier à cette difficulté, le ministre a préconisé la réalisation d’une mini adduction d’eau.
Dans tous les sites qu’il a visités, le ministre a invité les acteurs à améliorer le remblayage et le compactage autour des fosses septiques pour que l’eau ne reste pas dans la cour. Pour la ville de Bla, cette deuxième vague de 30 logements fait suite à une première tranche de 20 logements déjà occupés.
À San, bien que la réalisation des 25 logements de types F3A soit terminée depuis plus d’une année, le statut foncier des parcelles n’est pas encore tiré au claire. Cela, malgré qu’elles soient été officiellement octroyées à l’OMH pour des fins de logements sociaux. Le nombre total de logements sociaux à San s’élève à 75, tous de type F3A.
À San, le problème de gardiennage a été évoqué, car les maisons, non encore habitées, sont victimes de l’enlèvement des portes et fenêtres par certaines personnes. Dans les perspectives, près de 35 ha sont prévus pour la réalisation d’une autre vague de logements sociaux à San.
À Ségou, le ministre a constaté la fin des travaux sur le chantier des 55 logements sociaux programmés. Cela portera à 369, le nombre total de logements sociaux déjà réalisés dans le cadre de ce programme à Ségou.
La mission ministérielle a constaté que les portes iso-planes de certaines maisons sont endommagées par les termites. C’est pourquoi le ministre a jugé nécessaire que les portes dégradées soient remplacées. À Ségou également, le constat est que le nouveau site des logements sociaux n’est pas encore connecté au réseau EDM Sa.
À toutes ces étapes, les futurs bénéficiaires ont estimé que les dimensions des chambres étaient petites. Aussi, l’inexistence des latrines extérieures a été déplorée par certains.
À propos des différentes questions soulevées, le ministre a indiqué que des réflexions sont en cours pour améliorer la qualité des logements en tenant compte du coût.
Le ministre Ousmane KONE a insisté sur le caractère social de ces logements qui ne permet pas de mettre toutes les commodités au risque d’augmenter le coût. À Ségou comme précédemment à San, la prolifération des termites a entamé certaines portes iso-plane. De même, la délégation ministérielle a aussi constaté des problèmes d’ordre administratif, notamment liés au statut foncier des sites d’accueil des logements.

Engouement
Le vendredi soir, le ministre et sa délégation se sont rendus à Barouéli. À cette étape, le ministre a été témoin de l’engouement que manifestent les populations pour les logements sociaux. Les responsables locaux ont souhaité l’élargissement du programme à d’autres localités du cercle, notamment à Konobougou.
Ici à Barouéli, l’enthousiasme des bénéficiaires contraste avec le souci de l’entreprise GEK qui réclame 27 millions F CFA d’avenant. Ceci s’explique par le fait que la dimension des parcelles ont été modifiées au cours des travaux. Sur une prévision de 200 m2, les travaux ont couvert 400 m2, soit le double des estimations initiales. Au total, il y a 50 logements à Barouéli repartis entre 25 de types F3A et 25 autres de types F3B (toilette extérieure).
Selon les responsables du département en charge des questions financières, le dossier de payement de l’avenant de l’entreprise est en souffrance au niveau de la DGMP.
L’honorable Yiri KEITA, président de la Commission des travaux publics de l’Assemblée nationale, a invité les entreprises à plus d’efforts pour la finition des travaux. Selon lui, l’aménagement des espaces verts doit revenir aux maires. « Malgré quelques défaillances, tout va bien dans l’ensemble », a-t-il dit. L’honorable KEITA a salué et encouragé le département pour la bonne exécution de ce programme cher au président de la République.

Les trois P en vedette
Le 18 mars, le ministre et sa délégation ont mis le cap sur la deuxième région de Koulikoro. Dans cette région, la délégation a visité les logements sociaux de Dioïla et de Fana, essentiellement réalisés dans le cadre du Partenariat public privé (PPP) par l’entreprise SOPROMAC. Au total, cette entreprise a à son actif la réalisation de 100 logements sur le programme de 2015 à Dioïla et Fana en raison de 50 par ville. La particularité de ce partenariat est que les toits des maisons, de types F3A, sont en dalle contrairement aux autres localités où la toiture est faite en tôle.
À côté de cette initiative salutaire, l’État et ses partenaires ne sont pas en reste de la réalisation de 20 logements sociaux financés sur budget d’État 2016 à Dioïla et 40 à Fana. Au total, il est construit 70 nouveaux logements à Dioïla et 90 à Fana.
À Fana, les deux cités en construction sont terminées. Tandis qu’à Dioïla, le chantier dont s’occupe l’Etat est toujours en cours. Sur le nouveau chantier dont le toit est prévu pour être en tôles, la pente est jugée insuffisante.
De même, les bénéficiaires de la première tranche de logements sociaux font face au problème d’accès à l’eau potable depuis 2010. Sur ce problème, l’entreprise SOPROMAC a rassuré que le forage réalisé est en mesure de ravitailler la nouvelle cité. L’entreprise a cependant signalé le manque d’équipements nécessaires pour se faire.
Au cours de la rencontre avec les responsables administratifs de la localité, des intervenants ont évoqué le problème de la mauvaise qualité de l’entreposage des tôles qui laissent filtrer l’eau dans les chambres.
Les représentants du chef de village et du maire ont tour à tour salué et remercié le ministre et sa délégation pour cette bonne initiative. Le maire a annoncé que Dioïla avait des réserves disponibles pour accueillir d’autres programmes de logements sociaux.
Quant au chef de village, il a invité le ministre à porter une attention particulière au problème foncier. Pour ce faire, il a demandé l’implication des chefs de village.

Une attribution en catimini ?
Des échanges, il ressort que ces logements sociaux font déjà l’objet d’une attribution en catimini de la part de certains responsables. Sur cette question, le ministre Ousmane KONE dit n’avoir aucune connaissance de cet état de fait. Ce qui est sûr, a-t-il précisé, les commissions d’attribution seront régulièrement mises en place dans le respect des textes en vigueur. Il a mis en garde tous ceux qui tenteront de se substituer aux commissions régulièrement constituées. Aussi, le ministre a déclaré que les bénéficiaires des éventuels lots en catimini courent le risque de se faire déposséder au moment des attributions. Il a fait savoir que la commission mise en place va recevoir les dossiers, les étudier et produire des rapports sur lesquels les logements seront affectés à qui de droit. Aussi, explique le ministre, les commissions siégeront indépendamment par rapport aux réalités de chaque localité. De ce fait, affirme-t-il que chaque commission fera l’objet d’une décision séparée. Pour sa part, l’honorable Amadou MAIGA, élu à Douentza, a invité le département à diligenter l’attribution des logements pour éviter leur dégradation.

Des instructions fermes
Partout où le ministre a constaté des insuffisances, il a donné des instructions fermes pour les résoudre avant l’attribution des habitations aux bénéficiaires.
Partout, la question foncière a été au cœur des préoccupations des différents acteurs. Au moment où le département est sur le point d’entamer les procédures d’attribution, le ministre KONE a invité les responsables des services techniques concernés (domaines et urbanisme) à diligenter la procédure d’acquisition du titre foncier. Selon lui, cela permettra d’éviter le piège des prédateurs fonciers. Pour l’accès à l’eau dans les cités nouvellement bâties, le ministre a invité les services compétents à réaliser des forges ou des adductions d’eau sommaire pour le ravitaillement des populations.

Les collectivités interpelées
En ce qui concerne les équipements collectifs, les collectivités ont été interpellées. Notamment sur la question des espaces verts prévus dans les cités, la mission a déclaré que cela relevait de la responsabilité des maires. Pour le reste des infrastructures collectives, des réflexions seront menées, à la fois avec les autres départements des secteurs concernés, mais aussi et surtout les collectivités qui doivent s’approprier ces initiatives au plan local.
À terme de ce périple, le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Ousmane KONE, a souligné qu’il avait constaté, globalement une bonne réalisation des ouvrages. Mais il a souligné que quelques améliorations restent à faire au niveau des équipements secondaires, notamment le remblayage et le dallage des cours.
Selon le ministre, cette mission a été entreprise sur instruction du chef de l’État qui exige que les maisons qui seront livrées très bientôt et en bon état.
En ce qui concerne le retard constaté dans la livraison de certains logements terminés depuis plus d’une année, le chef du département a expliqué que cela était dû au fait que les conditions de viabilisation n’étaient pas réunies. Notamment, l’accès aux services sociaux de base, comme l’eau et l’électricité et parfois même les voies d’accès.
Aussi, il ressort des explications du ministre que la tournée va se poursuivre dans les autres localités où il y a des logements sociaux en construction. Il a invité les futurs bénéficiaires à planter des arbres. Le ministre a surtout insisté sur le fait que ceux qui ont déjà bénéficié de ce programme doivent continuer à payer normalement pour permettre à l’État de poursuivre le programme.
Par ailleurs, notons que dans les services visités, les problèmes ont pour noms : manque de moyens de locomotion, exiguïté des locaux, manque d’équipements de bureau, l’insuffisance du personnel. Le ministre a dit avoir pris bonne note des préoccupations soulevées.

Par Abdoulaye OUATTARA,
Envoyé Spécial

 

Source: info-matin

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