Décédé à Istanbul en Turquie et inhumé hier au cimetière d’Hamdallaye après ses funérailles officielles, l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, laisse un héritage immense que le peuple malien continuera longtemps à exploiter. Des héritages inestimables qui resteront gravés dans la mémoire des Maliens.

 

Après une transition courte en 1991, Amadou Toumani Touré briguera deux mandats à la tête de l’Etat entre 2002-2012, même si le dernier mandat a été écourté par un coup d’Etat.  Sans relâche, le digne fils de la ville de Mopti s’est mis très vite à la tâche sachant le retard accusé par le pays sur tous les plans notamment en termes d’infrastructures. Durant le deuxième mandat, celui qu’on surnommait le soldat du développement va mettre en place un Programme de développement économique et social (Pdes) avec une enveloppe d’environ 766 milliards de FCFA pour le développement du réseau routier. Un projet de société qui permettra en un laps de temps de construire à travers le pays des milliers de kilomètres de routes et des ponts ainsi que des infrastructures sociales de base, des hôpitaux et des centres de santé. Aussi, la modernisation des services publics, la construction des infrastructures sportives, culturelles et artisanales et dans presque tous les cercles du pays, ont été des réalités.

Parmi les grands chantiers routiers du PDES, on peut citer, entre autres : Niono – Nampala – Léré -Tonka – Diré –  Goundam – Tombouctou ; Gao – Bourem – Kidal ; Kayes – Sadiola – Kéniéba ; Bamako – Kangaba – Dioulafoundou ; Zantiébougou – Kolondiéba – Frontière Côte d’Ivoire ; Bandiagara – Bankass – Koro – Frontière Burkina ; Bandiagara – Douentza avec une bretelle Togo – Tongo ; Gao – Bourem, Ansongo – Ménaka – Andéraboukane et Kidal – Frontière Algérie.

Plusieurs axes à travers le pays ont été bitumés : Didiéni-Diéma 187 km ; Gao-Ansongo-Labbezanga 200 km ; Kati-Kita167 km ; Bougouni-Yanfolila 81 km ; Bamako-Narena 91 km.

Il y a aussi la construction et le bitumage des routes Bamako-Kangaba :86 km; Sekokoto 38, 5 km ;  Sekokoto – Bafing plus contournement de Kita 73 km ; Bafing-Falemé 156 km ; Kayes-Bafoulabé 156 km ; Bandiagara-Wô 38 km ; la construction de l’Echangeur Multiple à Bamako, du pont de Balé, du 3è pont de Bamako, du pont de Fourou, d’un échangeur multiple et de ses voies d’accès au Rond-point du Monument de la paix à Bamako.

A noter également la construction et la mise en service de postes de péage à Zégoua, Sienso, Hèrèmakono, Kourémalé, Kassela, Bla, Koury, Niamana, Kati, Bougouni, Kita, Markala, Mamaribougou, Yanfolila, Koutiala, Bandiagara, Ansongo, Nioro, Gogui.

Dans le domaine du transport aérien, il y a eu la réhabilitation et l’extension de l’aéroport de Bamako- Sénou dans le cadre du Millenium Challenge Account pour environ 95 milliards de FCFA ; la réhabilitation et/ou l’extension des aéroports de Gao, Tombouctou, Sikasso, Kayes et Mopti et la construction des aéroports de Kidal et Taoudéni.

En matière d’équipement, on peut noter le rapatriement de 18 000 anciens clichés photographiques aériens ; la couverture de 50 localités du Mali en image du satellite Quick-Bird et 14 065 km2 ; la matérialisation de la Frontière Mali – Burkina Faso sur 200 Km ; la construction et l’équipement des stations météorologiques à Yanfolila et à Macina ; l’acquisition d’équipements météorologiques pour 10 stations météorologiques ; la réhabilitation de 8 stations: Bamako-ville, Gourma Rharouss, Niafunké, Kangaba, Kolondiéba, Sélingué, Goundam, Niono ; la mise en œuvre du programme de pluies provoquées par la location de deux avions, l’acquisition d’un radar météo pour Gao.

L’autoroute et le pont de la révolution

Dans le lot des réalisations d’ATT, deux projets frappent les esprits : l’autoroute Bamako-Ségou et le 3è Pont de Bamako. La réalisation de ces deux ouvrages révolutionnaires a engendré un coût global de plus de 200 milliards de FCFA.

Le 3è Pont de Bamako, symbole de l’amitié sino-malienne, est un ouvrage révolutionnaire qui a coûté 30 milliards de FCFA au Gouvernement chinois. D’une longueur totale de 1 616 m  l’ouvrage permet de fluidifier le trafic dans Bamako, à aider à réduire les encombrements à l’entrée et à la sortie de Bamako, à décongestionner les rues de la ville, à améliorer la sécurité routière et surtout à embellir la capitale. L’autoroute Bamako-Ségou est, selon les archives du ministère de l’équipement et des transports, l’un des plus importants projets routiers jamais réalisés au Mali. D’un coût total de 182 milliards de FCFA, cette route sera dotée de 12 ouvrages d’art dont 10 ponts et un échangeur construit au carrefour de Markala.

Santé pour tous

L’accord de partenariat pour une école apaisée et performante et l’Assurance maladie obligatoire, sont deux autres réalisations majeures du président Amadou Toumani. Si l’accord a permis d’apporter un peu de sérénité au sein des écoles maliennes (la part du budget d’État consacrée au secteur a augmenté et représente plus de 33 % des charges de fonctionnement de l’État), l’AMO, cette réforme importante du système de sécurité sociale (malgré les incompréhensions qui ont entouré son application) a changé beaucoup de choses pour les différentes couches de la société malienne.

Durant les dix années de gestion d’ATT, l’Etat malien a déployé des efforts financiers considérables pour répondre aux besoins de santé des populations. Plusieurs milliards de nos francs ont été investis dans la réalisation d’infrastructures sanitaires modernes. Entre autres, le nouveau service des urgences de l’hôpital Gabriel Touré ; un bloc opératoire plus un laboratoire à Kati ; un nouveau service des maladies infectieuses et du service de prise en charge psycho sociale des personnes vivant avec le VIH, un bloc de chirurgie cardiovasculaire, et le bâtiment de la médecine interne et du service de transplantation rénale du CHU du Point G, ainsi que le centre de recherche et de lutte contre la drépanocytose.

Aussi, de Kayes à Kidal sont inaugurés des centres de santé communautaires, des centres de santé de référence parmi lesquels ceux de Sélingué, Bougouni, Kolondiéba, Kadiolo, Kignan, Yorosso, Koutiala, Ménaka.

L’hôpital du Mali à Bamako, l’hôpital de Sikasso et l’hôpital de Sévaré-Mopti, sont autant d’autres ouvrages de référence à retenir de l’héritage d’ATT. Tout comme les stades omnisports de Bougouni, Koutiala et San ; la salle polyvalente de basketball à Hamdallaye ACI 2000.

Mais, en sport on retiendra surtout que c’est sous ATT que Daba Modibo Kéïta a été deux fois champion du monde de taekwondo, en 2007 et en 2009 ; que le Mali a été champion d’Afrique de basketball féminin en clubs et dans toutes les catégories de sélections nationales ; que le Stade malien de Bamako a remporté la coupe CAF en 2009 ; que pour la première fois dans l’histoire, le Mali a qualifié une équipe de sport collectif aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004 (football) et de Pékin en 2008 (basketball) ; et que les Aigles du Mali ont été 3è d’Afrique à la CAN 2012.

Il faut ajouter la construction des milliers de logements sociaux à travers le pays.

Programme de développement et de modernisation de l’agriculture

 

Sous le leadership d’Amadou Toumani Touré, le Mali va lancer un grand programme de développement et de modernisation de l’agriculture visant « l’amélioration de la production et de la productivité agricole ». L’État s’engage ainsi à « faciliter l’accès du plus grand nombre d’exploitants agricoles, notamment les jeunes et les femmes, à la traction animale et à la motorisation ». Concrètement, plusieurs accords ont été passés avec des entreprises indiennes et chinoises pour la fabrication et la livraison de matériels agricoles : tracteurs, remorques, charrues, décortiqueuses et pièces de rechange, etc. Mais le principal investissement concerne les tracteurs afin de créer et d’organiser une agriculture nationale motorisée.

Un programme qui a suscité beaucoup de débat entre partisans et adversaires de l’introduction de la force mécanique dans des systèmes de production agricole. Certains faisant fi des difficultés d’entretien et de rentabilité de ces équipements ainsi que l’atteinte à la conservation des sols légers que cela peut impliquer ; d’autres émettant des doutes de principe sur la capacité du pays à assimiler le progrès technique en raison d’un environnement naturel, économique et social, peu compatible avec ces innovations. Aujourd’hui, force est de constater que les paysans, depuis bientôt deux décennies, se sont tournés en grand nombre vers cette innovation notamment dans la 3è région du pays, Sikasso, où chaque village dispose d’au moins un tracteur.

Il faut ajouter à ce projet, les centres multifonctionnels pour les groupements de femmes rurales.

Office du Niger

ATT soucieux de l’autosuffisance alimentaire, va solliciter trois grands projets, car leur analyse permet de révéler plusieurs paramètres déterminants du contexte de l’aménagement de nouvelles surfaces à l’Office du Niger. Il s’agit des projets Malibya, MCA (Millenium Challenge Account) et UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-africaine).

Le projet Malibya, un accord sera conclu entre la Libye et le Mali pour l’aménagement et l’exploitation de 100 000 ha dans la zone de l’Office du Niger. La zone concernée est située à Kolongotomo, à environ 45 km à l’ouest de Macina. La réalisation de ce projet est confiée à Malibya, une société financée par la Libye basée à Bamako. Il s’agit d’une filiale du Lybia Africa Investment Portfolio, issue du fonds souverain libyen. La première étape du projet a concerné la construction d’un canal d’irrigation et d’une route goudronnée. Ce canal, d’une longueur de 40 km, et de 100 à 120 m de large, a été bouclé en juin 2010 sous l’impulsion d’ATT. La route qui le longe (40 km de long également) est également terminée. Le canal relie ainsi Kolongotomo au site du projet dans la zone de Boky-Wèrè. Le coût de ces constructions est estimé à 25 milliards de FCFA (environ 38 millions d’euros). Par ailleurs le projet prévoit également des activités d’élevage et agro-industrielles (production et transformation de tomates, abattoir, laboratoires). Pour cette première tranche, les objectifs de production sont de 200 000 tonnes par an pour le riz (soit une moyenne de 8 t/ha pour 25 000 ha) et de 25 000 tonnes de viande par an. Les niveaux de rendements affichés doivent être obtenus avec des variétés de riz hybride fournies par une société chinoise.

Le projet MCA – Millenium Challenge Account, financé par l’aide au développement des USA, et mis en œuvre via le Millenium Challenge Corporation (MCC). Les projets MCA sont développés dans un ensemble de pays éligibles dont le Mali faisait partie. Au Mali, le projet a exécuté 2 composantes : la modernisation de l’aéroport de Bamako et le développement agricole en zone de l’Office du Niger. Sur le volet agricole, il était prévu d’aménager 14 000 ha irrigués sur les territoires des communes de Diabaly et Dogofry. Par ailleurs, il était prévu la construction d’une route bitumée de 81 km entre Niono et Goma-Coura (commune de Dogofry). Le budget du projet était d’environ 120 milliards de FCFA (environ 180 millions d’euros) sur une durée de 5 ans. La première tranche du projet concerne 5 200 ha. Les travaux d’aménagement ont démarré en janvier 2010, et 1 000 ha ont été livrés aux bénéficiaires du projet entre 2010/2011.

Le projet UEMOA – Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine.

Ce projet devrait permettre d’aménager 11 000 ha irrigués dans la zone de la commune de Sokolo. La première phase du projet consistait à réaliser 5 000 ha avant 2012. La gestion des terres prévue dans ce projet repose sur l’attribution de titres fonciers, de manière relativement similaire au projet MCA. Les aménagements doivent être cédés à des citoyens des 8 pays de la zone UEMOA par lots de 9, 21 ou 48 ha.

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Décédé à Istanbul en Turquie et inhumé hier au cimetière d’Hamdallaye après ses funérailles officielles, l’ancien président de la République, Amadou Toumani Touré, laisse un héritage immense que le peuple malien continuera longtemps à exploiter. Des héritages inestimables qui resteront gravés dans la mémoire des Maliens.   Après une transition courte...