Les administrateurs civils du Mali ont battu le pavé ce jeudi 15 octobre 2020. Dans une motion de déclaration conjointe, relative à la demande de libération des otages civils et militaires, notamment des représentants de l’Etat et des travailleurs des collectivités territoriales remis au Premier ministre, chef du gouvernement, les syndicats de la plateforme d’action commune (SYNAC, SYLTMAT, SYNTRACT et CS-ADR) expriment leur « soif…inextinguible pour un Mali juste, équitable et soucieux du bien-être de toutes ses filles et de tous ses fils.» In extenso la motion.

Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement,

Aimé CESAIRE, un des chantres de la Négritude, disait ceci dans Cahier d’un retour au pays natal, je cite : « La révolte commence avec l’excès, la démesure», fin de citation.

Les syndicats réunis, en ce jour 15 octobre 2020, au sein de la Plateforme d’action commune, en l’occurrence : le Syndicat autonome des Administrateurs civils (SYNAC), le Syndicat libre des Travailleurs du Ministère de l’Administration territoriale (SYLTMAT), le Syndicat des Travailleurs des Collectivités territoriales (SYNTRACT) et le Comité syndical des Agences de Développement régional (CS-ADR),

– Considérant les termes de la Constitution du 25 février 1992, notamment en ses Titre premier, article premier et 2, qui disposent :

« Article premier :

La personne humaine est sacrée et inviolable.

Tout individu a droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité de sa personne.

Article 2 :

Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. »

– Considérant que les gouvernants ont pour mission première, dans tous les pays du monde, de défendre les intérêts nationaux et de veiller au bien-être de leurs concitoyens ;

– Considérant l’obligation pour l’Etat d’assurer la sécurité et la protection des représentants de l’Etat ainsi que de tous les agents publics dans l’exercice de leurs fonctions ;

– Considérant les conditions de vie et de travail exécrables dans lesquelles les autorités maliennes et leurs classes politiques ont délibérément plongé les administrateurs civils, les représentants de l’Etat et les travailleurs du ministère de l’Administration territoriale depuis l’avènement de la IIIè République, témoin leurs nombreuses sorties médiatiques pour les livrer injustement à la vindicte populaire ;

– Considérant la non-reconnaissance des énormes sacrifices consentis quotidiennement par les administrateurs civils, les représentants de l’Etat et les travailleurs du ministère de l’Administration territoriale pour l’édification d’un Etat crédible au service de la Nation ;

– Considérant la méconnaissance, par les gouvernants successifs jusqu’à ce jour, du rôle déterminant des administrateurs civils, des représentants de l’Etat et des travailleurs du ministère de l’Administration territoriale dans l’affirmation de la présence de l’Etat, la consolidation de l’unité nationale et de la stabilité sur toute l’étendue du territoire national, notamment par la défense de l’intérêt général ;

– Considérant l’inacceptation, méprisante et discriminatoire, des autorités à exprimer une pensée affectueuse et émue à l’endroit de tous les otages civils et militaires sur les médias d’Etat, au lieu d’un seul otage en raison de son rang social et de son poids politique,

Les syndicats de la Plateforme d’action commune :

– Rappellent que de 1990 à nos jours, ce sont vingt (20) préfets et sous-préfets, ainsi que treize (13) membres de leurs familles qui ont été tués au service du Mali par les forces du mal, c’est-à-dire les rebelles et les terroristes ; de 2018 à 2020, huit (08) préfets et sous-préfets ont été enlevés par des ravisseurs dans l’exercice de leur fonction dont Ali CISSE et Drissa SANOGO toujours en détention ; une dizaine de secrétaires généraux et régisseurs de mairies sont retenus tous depuis plus d’une année ;

– déplorent avec la plus grande consternation la non libération des otages civils et militaires maliens, notamment les représentants de l’Etat et agents des collectivités territoriales ;

– expriment leur totale incompréhension devant l’indifférence, le mépris et l’absence d’empathie des autorités maliennes face aux désespoirs des otages, les souffrances de leurs familles et l’angoisse de leurs collègues ;

– dénoncent, avec colère et frustration, la libération de plus de 200 terroristes aux mains maculées de sang malien au profit principalement d’otages occidentaux et dérisoirement d’un seul compatriote ;

– expriment leur déception, leur humiliation et leur indignation face à cette priorisation des otages occidentaux au détriment des otages maliens, civils et militaires ;

– protestent vivement contre l’ingratitude de Mme Sophie Pétronin, ex-otage française, à l’égard d’un Etat qui a abandonné pour elle ses propres ressortissants ; se dressent contre ses insultes à la mémoire des millions de victimes de la barbarie sanglante d’hommes sans foi ni loi, qualifiés si affectueusement par elle de «combattants contre l’injustice de l’Etat malien qui ne tient pas parole » ;

– exigent la libération de tous les otages civils et militaires dans les meilleurs délais et réclament, en attendant leur libération, une plage de soutien et de solidarité nationale dans la grande édition de 20H de l’ORTM.

Enfin, Monsieur le Premier ministre,

En guise de protestation, les militants des syndicats de la plateforme d’action commune décident de rendre au Chef de l’Administration malienne que vous êtes les épaulettes de la représentation de l’Etat, les stylos et papiers qui font leurs distinctions parmi les autres agents de l’Etat.

Notre soif pour un Mali juste, équitable et soucieux du bien-être de toutes ses filles et de tous ses fils est inextinguible !

Vive le Mali, Un et indivisible, véritablement démocratique et républicain !

MaliwebSociété
Les administrateurs civils du Mali ont battu le pavé ce jeudi 15 octobre 2020. Dans une motion de déclaration conjointe, relative à la demande de libération des otages civils et militaires, notamment des représentants de l’Etat et des travailleurs des collectivités territoriales remis au Premier ministre, chef du gouvernement,...