Au Mali, certaines femmes de migrants sont privés d’activité sexuelle durant l’absence de leur mari. Pour Mariam Sanè Coulibaly, cette situation est aussi une forme de violence basée sur le genre.

 

Pendant que les autres couples font l’amour au moins deux fois par semaine, ces pauvres femmes sont obligées d’attendre des années. Alors qu’il est scientifiquement prouvé que l’abstinence sexuelle a des conséquences sur la santé mentale et physique, comme la baisse de libido, l’augmentation du stress, le manque de confiance en soi, la fragilisation du système immunitaire, etc.

Durant leur séjour au pays, ces migrants habituent leurs femmes à une vie sexuelle qu’elles aimeraient voir continuer. Hélas, au bout d’un moment, c’est le « sevrage ». Ils s’en vont et celles-ci restent dans la solitude. N’étant pas un tronc d’arbre, elles ressentent l’envie de faire l’amour afin de « se sentir femme », comme le diraient certaines. Ainsi, elles sont parfois obligées d’attendre pendant plusieurs années pour pouvoir combler ce manque.

Adultère

C’est dans ce genre de condition que la plupart des femmes, en attente de leurs maris, commettent l’adultère, ne pouvant plus supporter ce manque. Je ne parle pas des filles vierges qui peuvent se contrôler aussi longtemps que possible. Mais dès qu’une femme prend goût à l’acte sexuel, cela devient difficile pour elle de s’en passer. L’un des piliers du mariage est la sexualité. Si elle est bouleversée, les conséquences peuvent être terribles parfois.

Le cas de Kadia en est un exemple frappant. Après son premier mariage dans lequel elle a eu une fille, elle s’est remariée à un « aventurier » comme seconde épouse. Un mois après le mariage, ce dernier est reparti en France et a fait plus de cinq ans sans revenir. « Le temps d’attente fut trop long pour moi car je prenais de l’âge, confie Kadia. J’étais en manque de tendresse et je voulais faire plus d’enfants. Je me suis trouvée un amant dont je suis tombée enceinte involontairement. Finalement, j’ai quitté la maison avant que mon ventre ne se fasse remarquer et je l’ai appelé pour lui demander le divorce, puisque c’était devenu compliqué ».

Selon elle, sa coépouse non plus n’était pas une sainte vu qu’elle recevait des hommes dans son appartement quand ses enfants partaient à l’école et disait toujours aller en ville sans motif valable.

Manque d’argent

L’argent aussi est un facteur pour lequel certaines femmes de migrants commettent l’adultère. Parfois, la somme qu’elles reçoivent de leur mari est insuffisante pour assurer leurs dépenses et elles sortent avec d’autres hommes pour arrondir la fin du mois. Par contre, il y en a aussi certaines qui reçoivent plus que ce dont elles ont besoin et le nt avec leur amant ,qui « s’occupe » bien d’elles.

Le Mali est un pays majoritairement musulman (plus de 95%). Selon cette religion, un homme doit  voyager avec sa femme sans se soucier des dépenses supplémentaires qu’il aurait à faire,  car cela leur permettrait de rester fidèles l’un à l’égard de l’autre et de s’éloigner de l’illicite.

Mais s’il y a un impératif empêchant la femme d’accompagner son mari, alors il doit demander sa permission avant de voyager seul. Si elle est d’accord, il ne doit pas dépasser quatre mois. Rares sont les hommes qui respectent cette période. Certains vont d’un à dix ans voire même plus.

Esclave sexuelle

Vivant dans une situation pareille, certaines se font abusées par les membres de leur propre belle famille. Père, frère ou oncle de l’homme, au nom de certaines traditions, pensent qu’ils ont un droit sexuel sur la femme avant le retour de son mari.

Fatima, une jeune dame mariée dans la capitale malienne en a fait les frais. « Mariée, mon homme m’a laissé pour l’extérieur, juste après notre chambre nuptiale. Je suis devenue une proie pour l’un de ses oncles, qui avait des vues sur moi et se rendait parfois dans ma chambre, me caressait la tête et les perles autour de ma taille (Baya). J’en ai en parlé à mon mari qui m’a dit de quitter la maison pour me rendre chez mes parents. Je n’arrivais plus à supporter le manque et j’ai demandé le divorce après une attente de trois ans »raconte-t-elle.

Malgré tout, certaines arrivent à se contrôler et à ne pas tomber dans l’adultère au nom de leur dignité. Épouser une femme pour la mettre dans de telles conditions est l’une des violences basées sur le genre dont on ne parle jamais. Pour éviter toute débauche, les hommes doivent se marier là où ils sont, et laisser les femmes se marier là où elles sont.

Source : benbere

MaliwebSociété
Au Mali, certaines femmes de migrants sont privés d’activité sexuelle durant l’absence de leur mari. Pour Mariam Sanè Coulibaly, cette situation est aussi une forme de violence basée sur le genre.   Pendant que les autres couples font l’amour au moins deux fois par semaine, ces pauvres femmes sont obligées d’attendre...