Mme Gouanlé Alimata Koura Mariko est une confirmation de la règle dans « le monde très masculin des conducteurs de train ». Cette particularité est certainement une motivation supplémentaire pour celle qui affronte courageusement les écueils des rails entre Bamako et Kayes, très souvent au moment où nombre de personnes sont dans les bras de Morphée. Elle mène son train à bon port. Mme Gouanlé est devenue conductrice de train à la suite d’un concours de recrutement dans le corps des électromécaniciens. Elle sera classée première sur une centaine de candidats.

Née le 17 janvier 1979 à Bamako, Alimata Koura Mariko  vit des jours heureux chez son époux avec ses deux enfants. Elle exerce consciemment son métier. « Il n’y a pas de métier pour homme ou femme. Mes voyages ne sont pas du tourisme. Ils consistent à conduire des dizaines de personnes dans une quinzaine de wagons voyageurs, soit des marchandises, le plus souvent dans une trentaine de wagons», explique notre conductrice de train.

« Mes compatriotes apprécient ce que je fais. Chaque fois que je dois conduire le train, les passagers affluent. Ils adorent voyager dans un train conduit par une mécanicienne et cette marque d’estime me touche plus. Chaque fois que je m’arrête dans la gare de Kita ou de Toukoto, les femmes de ces localités m’apportent des présents », explique Alimata Koura. Elle garde de très bons rapports avec ses collègues. Ceux-ci, le lui rendent bien, puisqu’ils l’ont bien intégrée comme une collègue de travail mais aussi une véritable sœur. La quarantaine, cette conductrice concilie bien son travail et sa vie de femme mariée. Son époux et sa belle famille s’étaient habitués à ses contraintes de travail, même avant le mariage. Elle garde de réels motifs de satisfaction morale, notamment d’avoir eu le privilège de conduire l’ancien président de la République Amadou Toumani Touré lors d’un voyage à Kayes. Ce qui lui vaudra les félicitations officielles de son passager d’un soir.

Alimata Koura Mariko est une perle rare. Elle a reçu le trophée de femme battante, une reconnaissance de l’Association des femmes professionnelles de la presse, celui de femme héroïque, et le « Ciwara » de Liberté télévision en récompense de son travail bien fait. Elle a aussi été l’invitée de certaines émissions de télévision de l’ORTM et d’autres chaînes privées.

Elle s’adapte mieux à son environnement de travail avec toutes les contraintes de son métier et avoue, sans fausse modestie, avoir eu la chance de ne pas commettre d’accident sur les rails. « Jamais un train conduit par mes soins n’a déraillé. Dans ce registre, je suis la seule à avoir un dossier vierge », explique-t-elle. Mme Gouanlé parle avec une pointe d’amertume de l’arrêt du train voyageur et des arriérés de salaires des travailleurs de sa société : « Transrail ». Elle exhorte les filles qui ont opté pour les sciences à se porter candidate dans les concours.

Maïmouna SOW

L’Essor

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Mme Gouanlé Alimata Koura Mariko est une confirmation de la règle dans « le monde très masculin des conducteurs de train ». Cette particularité est certainement une motivation supplémentaire pour celle qui affronte courageusement les écueils des rails entre Bamako et Kayes, très souvent au moment où nombre de personnes sont...