Sa formation politique a pour nom Yelema, c’est-à-dire le changement. Et Moussa Mara, l’ancien Premier ministre qui a conduit nos troupes au carnage à Kidal en mai 2014, fait la politique autrement et dans les endroits interdits (les lieux de culte par exemple). Mais, à l’occasion du nouvel an, il a tenté en vain d’entrer la politique dans les garnisons à Gao.

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Un point qui fait l’unanimité au Mali : Moussa Mara est (politiquement) ambitieux ! Et même très ambitieux. Si l’on demandait aux Maliens de lui accoler un qualificatif parmi dix proposés, il est fort probable que le terme «ambitieux» tienne la corde.

En mars 2016, un confrère de la place s’interrogeait, à juste titre, dans un article intitulé: « qu’est-ce qui fait courir Moussa Mara ? » sur son empressement et le fait que le jeunot n’a d’yeux que pour le pouvoir suprême : Koulouba !!

L’homme encore jeune a commencé sa carrière politique  dans la Ruche (Adema-PASJ) qu’il a été obligé de quitter parce que ses ambitions politiques ont été contrariées. Il évoluera par la suite en solitaire, pardon, en «Indépendant» avant d’être presque obligé de créer sa propre chapelle et se faire élire Maire après de gros problèmes.

Et c’est loin d’être une surprise, ou encore un hasard, si ce parti taillé sur mesure a eu pour nom de baptême : Yelema ! parce que Mara veut faire les choses (la politique) autrement. Chez lui, c’est loin d’être un slogan creux. Et l’un des aspects de cette manière innovante de faire la politique est de faire la «prêche» politique dans les mosquées. Des mosquées bien ciblées sur un critère bien précis.

Dans les casernes, il y a des mosquées !

De la mosquée à la garnison militaire, il n’y a qu’un pas. Mais, une courte distance très facile à franchir pour Mara ; surtout depuis 2012 et l’occupation jihadiste. En effet, le Mali est un pays composé de plus 95 % de musulmans.

C’est le vendredi 30 décembre 2016 que Mara est arrivé dans la cité de Soni Ali Ber(Gao), dernière étape d’une tournée par la route qui l’a conduite au Burkina Faso et au Niger. Il rendra visite à certaines notabilités et/ou autorités traditionnelles. Il aura aussi une rencontre avec les autorités religieuses. Il animera également une conférence de presse. Tout ce qu’il y a de normal en somme.

Là où le bât blesse, c’est la volonté de passer le Réveillon avec les forces de Défense et de Sécurité. Mara aurait  tenté, selon des sources, à avoir ce repas de fin d’année dans leCamp Firrhoun. En vain ! Au Camp N° 2, en vain ! Au camp de garde, en vain !

Il s’est heurté au refus des autorités compétentes qui lui auraient signalé le fait qu’aucun homme politique n’a jamais cherché à faire cela puisque la Constitution de la République du Mali interdit la politique en ces lieux. Pas donc de campagne ou de précampagne dans les camps et garnisons.

Donc ni le camp I de Gao, ni aucune garnison n’a reçu Moussa Mara pour un quelconque repas de réveillon avec les éléments des forces de Défense et de Sécurité. N’empêche Mara a diffusé des images sur les réseaux sociaux l’exhibant en train de partager ce moment de passage à l’an 2017 avec les troupes sur le terrain.

«Partage de repas de réveillon avec les hommes de la troupe des forces armées et de sécurité maliennes après avoir visité sur le terrain certaines de leurs positions à Gao. Ces hommes bravent des conditions difficiles acceptent des contraintes importantes pour mener à bien leur mission à savoir préserver notre quiétude et nous permettre de vivre nos vies sans souci. Ils méritent notre soutien, nos bénédictions et notre haute estime…», avait-il commenté l’un de ses nombreuses publications sur ce séjour bien calculé dans la Cité des Askia. Mais, nos sources officielles sont formelles : C’est du montage !

Chose qui ne déplait pas à tout le monde dans la République. En effet, certains domaines doivent être tenus  loin de la politique (forces de Défense et de sécurité, lieux de    culte, leaders religieux, etc.). Tous les hommes politiques et leurs partis devront séparer la politique des choses centrales et sociologiquement (intimement) communes à tous les Maliens.

Nous devons surtout nous battre pour que nos lieux de culte (mosquées et églises) et nos casernes ne soient pas des lieux de prêche politique car cela expose le pays à des dérives aux conséquences inimaginables ! Notre pays n’a pas besoin de cela au moment où le peuple consent des sacrifices énormes pour sortir de l’impasse de la crise institutionnelle et sécuritaire de 2012 !

Tientiguiba Danté

Source :Le Matin

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Sa formation politique a pour nom Yelema, c’est-à-dire le changement. Et Moussa Mara, l’ancien Premier ministre qui a conduit nos troupes au carnage à Kidal en mai 2014, fait la politique autrement et dans les endroits interdits (les lieux de culte par exemple). Mais, à l’occasion du nouvel an,...