Depuis le 1er janvier 2017, les surveillants de prison de notre pays n’ont pas perçu de primes et d’indemnités prévues par l’article 149 de leur nouveau statut. Et pour cause ? Ledit projet avait été rejeté par le ministre de l’Économie et des finances, M. Boubou Cissé. La section syndicale des surveillants de prison, qui dénonce ce geste du ministre Cissé, a animé, vendredi dernier, à La Bourse du travail, un point de presse.

La conférence était animée par Abdoulaye Fofana, secrétaire général de la section syndicale des surveillants de prison avec à ses côtés plusieurs de ses camarades du bureau syndical.
Dans son intervention, M. Abdoulaye Fofana, secrétaire général de ladite section syndicale, a rappelé que la loi N° 2016-031 du 07 juillet 2016 portant statut des fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée a été adoptée dans notre pays. Selon le secrétaire général, cette loi consacre le caractère sécuritaire de la mission des surveillants de prison et dispose en son article 148 que : « La liste des primes et indemnités, leur taux ainsi que les conditions et modalités de leur octroi sont déterminés par le décret pris en Conseil des ministres ».
Le responsable syndical a indiqué que c’est dans ce cadre et sur la demande des syndicats des surveillants de prison que deux projets de décret relatif aux primes et indemnités à allouer aux fonctionnaires du cadre de la surveillance de prison des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée ont été initiés par le ministre de la Justice. Aux dires de secrétaires généraux, Abdoulaye Fofana, le ministre de l’Économie et des finances a émis une réponse défavorable dans la procédure d’adoption de ces projets de décret.
Selon M. Fofana, les fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée ont droit à la gratuité du logement ou à une indemnité compensatoire. Selon Abdoulaye Fofana, le Président de la république en avait fait allusion dans son discours, à l’occasion de la célébration du 20 janvier 2017, à Kati en citant les surveillants de prison et les agents de la protection civile. Pour M. Fofana, les surveillants de prison ne peuvent, en aucun cas, être occultés parmi les bénéficiaires de primes et indemnités octroyées par les lois de la république. Selon secrétaire général Abdoulaye Fofana, il y a une distinction à faire entre l’indemnité de résidence et celle de logement. Il a aussi soutenu que certaines corporations du pays sont bénéficiaires de ces deux indemnités. La mise en écart des surveillants de prison constituerait, dans ce contexte, une violation flagrante des articles 148 et 149 du nouveau statut, a-t-il insisté. Au secrétaire général du syndicat des surveillants de prison de rappeler que l’ancien ministre de l’Économie et des finances, Mahamadou Igor Diarra, avait mis les surveillants de prison dans leur droit, en les alignant au même titre que les autres fonctionnaires de la sécurité à savoir la police et la protection civile. Ce statut des fonctionnaires du cadre des surveillants de prison est le résultat d’une lutte déclenchée par le feu adjudant Colla Sofara qui a été fauché à la Maison centrale d’arrêt de Bamako par les balles du terroriste Mohamed Wadoussene, a-t-il précisé. L’animateur du point de presse a signalé que la section syndicale des surveillants de prison a été reçue par la commission loi à l’Assemblée nationale, mais qu’il n’y a pas eu une suite favorable. Cependant, l’orateur a dit que les surveillants de prison ne comprennent pas la position du ministre de l’Économie et des finances dans l’application des textes régissant le statut des fonctionnaires des surveillants de prison.
Selon les constats du secrétaire, M. Fofana, le ministre de l’Économie et des finances a absolument ignoré la substance voir même l’existence de la loi n° 2016-031 du 07 juillet 2016 portant statut des fonctionnaires du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éducation surveillée. Il a affirmé que le ministre Boubou Cissé a rejeté toutes leurs primes et indemnités prévues par la nouvelle loi portant statut des fonctionnaires des surveillants de prison du Mali.
L le secrétaire général du syndicat des surveillants de prison a profité de la tribune pour attirer l’attention des plus hautes autorités sur la discrimination faite contre sa corporation. Le syndicaliste a appelé ses camarades à la mobilisation et à la vigilance pour réussir ce combat, qui est avant tout pour lui une lutte de survie. Il a reconnu l’effort que le président de la république a consenti pour les surveillants de prison.

SABA BALLO

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Depuis le 1er janvier 2017, les surveillants de prison de notre pays n’ont pas perçu de primes et d’indemnités prévues par l’article 149 de leur nouveau statut. Et pour cause ? Ledit projet avait été rejeté par le ministre de l’Économie et des finances, M. Boubou Cissé. La section syndicale...