Dans le cadre de sa mission (observer et étudier le temps, le climat, et les constituants atmosphériques de l’environnement en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens et contribuer au développement économique et social du pays par la fourniture d’informations météo appropriées à tous les usagers), l’Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo) a organisé, mardi dernier, dans la salle de conférence de l’hôtel Maïssa de Sikasso, l’atelier tournant de restitution des résultats de la prévision saisonnière 2016.

« La période de juin à août 2016 sera caractérisée par : des précipitations moyennes à tendance déficitaire sur l’ouest de la région de Kayes, plus particulièrement le sud du cercle de Kita. Des précipitations excédentaires à tendance normale sur les régions de Koulikoro, Ségou et Mopti, l’est de Kayes, l’ouest de Sikasso et le sud des régions de Tombouctou et de Gao. Des précipitations moyennes sur le reste du pays ».
« La période de juillet à septembre 2016 sera caractérisée par des précipitations excédentaires à tendance normale sur les régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao, et le sud des régions de Tombouctou et de Kidal. Des précipitations moyennes sur le reste du pays », se résume ainsi la situation pluviométrique en début et fin de saison 2016 au Mali, selon Mali-Météo).
Placé sous le haut patronage du gouverneur de la région de Sikasso, Bougouzanga COULIBALY ; la cérémonie d’ouverture de la journée s’est déroulée en présence de Idrissa DIALLO, membre du Conseil d’administration de Mali-Météo, représentant le ministre de l’Équipement, des transports et du désenclavement, également PCA ; le directeur général de Mali-Météo, Djibrila Ariboncana MAIGA ; la représentante du maire de Sikasso, Mousso oulézan TRAORE ; le préfet de Sikasso, Daniel DEMEBELE.
On y notait aussi la présence des producteurs, les services techniques d’encadrement, les radios de proximité et les responsables de divers départements de Mali-Météo.

Les enjeux du rendez-vous de Sikasso
Le chef de l’exécutif régional s’est réjoui du choix de Sikasso, considérée comme une zone de production agricole par excellence pour abriter cet important atelier.
Le Mali, pays sahélien, fait partie des régions du monde les plus vulnérables aux changements climatiques avec des conséquences néfastes sur son développement socioéconomique.
Notre économie, a-t-il rappelé, à vocation essentiellement agro-pastorale où la production agricole est dominée par les céréales sèches est largement soumise à la variabilité annuelle des pluies.
Ainsi, des prévisions saisonnières sont élaborées généralement un mois à l’avance sur les dates de début et de fin de la saison ; sur les quantités de précipitations, ainsi que les poches de sécheresse comme un outil important d’aide à la prise de décision pour les producteurs dans les choix des pratiques culturales. Cependant, note-t-il, toutes ces informations et services météorologiques et climatologiques n’auront aucune valeur ajoutée si elles ne parviennent pas aux différents utilisateurs à temps opportun dans un langage compréhensible et facilement utilisable.
Quant au DG de Mali-Météo, il a rappelé que l’objectif de la rencontre est de créer un espace d’échanges sur les informations météorologiques entre les services techniques du développement rural, de Mali-Météo, les producteurs ruraux et les médias.
Après le discours d’ouverture du chef de l’exécutif régional, les participants, venus de toutes les régions du Mali et du District de Bamako, ont eu droit à 4 exposés, suivis des questions/réponses.

Les prévisions de début et de fin d’hivernage
Il ressort de la présentation faite par Issa TRAORE sur la prévision saisonnière, pour le Mali, qu’il est attendu durant la saison des pluies 2016 : des dates de début de saison normale à précoces, excepté le Nord de la région de Kayes et le Nord-Ouest de celle de Koulikoro où elles sont déficitaires à tendance normale ; des dates de fin de saison tardives ; des séquences sèches sans incidence significative sur les cultures après l’installation de la saison, excepté l’Est des régions de Ségou et Mopti et le Sud de celles de Tombouctou et Gao où elles seront plus longues ; des séquences sèches relativement plus longues après la floraison.
Tout en émettant des avis et conseils agro météorologiques, M TRAORE a rappelé que dans les mois (juin et juillet) à venir, les mises à jour de la prévision saisonnière 2016 nous permettront de confirmer ou d’infirmer les prévisions actuelles de la saison des pluies.
Par conséquent, il a recommandé fortement de suivre les mises à jour qui seront faites.
Quant à Moussa TOURE, il a fait savoir que Mali-Météo réalise 3 à 4 bulletins par jour, dont 835 bulletins météorologiques quotidiens par an, destinés au grand public ; 365 bulletins/an sur la vigilance, destinés au transport fluvial et à la pêche ; environs 40 bulletins/an de prévision hebdomadaire et 5 bulletins/an de prévision saisonnière.
Selon Moussa TOURE, au Mali, la période de juin à août 2016 sera caractérisée par : des précipitations moyennes à tendance déficitaire sur l’ouest de la région de Kayes, plus particulièrement le sud du cercle de Kita. Des précipitations excédentaires à tendance normale sur les régions de Koulikoro, Ségou et Mopti, l’est de Kayes, l’ouest de Sikasso et le sud des régions de Tombouctou et de Gao. Des précipitations moyennes sur le reste du pays.
La période de juillet à septembre 2016 sera caractérisée par des précipitations excédentaires à tendance normale sur les régions de Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti et Gao, et le sud des régions de Tombouctou et de Kidal. Des précipitations moyennes sur le reste du pays.
Le thème du 4e et dernier exposant, Daouda Zan DIARRA, a porté sur les changements climatiques et l’assistance agrométéorologique au monde rural.
Selon Daouda Z DIARRA, les changements climatiques se manifestent entre autres par la diminution des pluies et leur mauvaise répartition dans l’espace et dans le temps ; l’augmentation de la température de l’air ; la fréquence élevée des événements extrêmes comme les inondations. À propos, diront les exposants, sous les effets des changements climatiques, des risques d’inondation sont probables tout au long du fleuve Niger à partir de juillet à août.

Historique- genèse et perspectives de Mali-Météo
Selon Aliou TEKETE, directeur du Réseau d’observation et prévisions météorologiques à Mali-Météo, créée en 2012, la Direction nationale de la météorologie a été érigée en Agence nationale de la météorologie (Mali-Météo) en février 2012.
En effet, note-t-il, sous l’autorité du ministre chargé de l’Equipement, des transports et du désenclavement, Mali Météo a la responsabilité de la conception et de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de météo. Ainsi, son autorité s’exerce sur l’ensemble des activités météorologiques du Mali. Et Mali-Météo est composée de 4 directions, dont 2 techniques ; 7 Services et des Stations d’observation.
Aussi, a-t-il fait savoir, le réseau d’observation météorologique compte 19 stations Synoptiques, gérées par l’ASECNA. Mali-Mali gère 19 stations agro-climatologiques ; 35 stations agro-climatologiques secondaires ; 250 postes pluviométriques ; 4 radars météorologiques ; 1 station de réception satellitaire.
Dans la même dynamique, a-t-il souligné, de 1998 à 2013, sur les 25 cercles du Mali non pourvus de station d’observation, 11 ont bénéficié de stations météorologiques complètes (Dioïla, Douentza, Ansongo, Goundam, Gourma-Rharous, Niafunké, Koro, Bankass, Bourem, Kolondiéba, Kangaba) ; 6 cercles (Macina, Yanfolila, Bla, Baraouéli, Kadiolo, Yorosso) ont des bâtiments, mais il reste à pourvoir les équipements météorologiques et leurs installations ; les stations de 2 cercles (Tenenkou et Diema) sont en cours de construction ; et 6 cercles pourvus (Youwarou Abeibara, Tinessako, Bandiagara, Djenné et Kati) n’ont pas encore de stations météorologiques.
En effet, soutient Aliou TEKETE, chacune des structures utilise les données collectées dans les différents réseaux et les traite spécifiquement pour répondre aux besoins de l’usager servi.
Par ailleurs, a révélé M TEKETE, les premières observations météorologiques au Mali ont été effectuées, en 1895 à Kayes ; en 1897 à Tombouctou ; en 1900 à Nioro du Sahel ; en 1906 à Ségou et Sikasso ; et en 1921 à Bandiagara. De 1998 à 2013, sur les 25 cercles non pourvus de station d’observation, 11 cercles ont bénéficié de stations météorologiques complètes (Dioïla, Douentza, Ansongo, Goundam, Gourma – Rharous, Niafunké, Koro, Bankass, Bourem, Kolondiéba, Kangaba) ; 6 cercles ont de bâtiments, mais il reste à pourvoir les équipements météorologiques et leurs installations (Macina, Yanfolila, Baraouéli, Kadiolo, Yorosso, Bla).
Les stations de 2 cercles sont en cours de construction (Tenenkou et Diema) ; 6 cercles restent non encore pourvus (Youwarou Abeibara, Tinessako, Bandiagara, Djenné et Kati).
Dans le cadre de la coopération entre l’Union européenne et l’Union Africaine, note M TEKETE, le Mali a bénéficié d’une Station de réception satellitaire, PUMA 2010 qui offre une large gamme de données météorologiques. Cette station permet à Mali Météo de mieux affiner ses prévisions météorologiques, de surveiller les phénomènes météorologiques extrêmes.
Chacune des structures utilise les données collectées dans les différents réseaux et les traites spécifiquement pour répondre aux besoins de l’usager servi.
Quant aux difficultés majeures, selon M TEKETE, elles résident dans la destruction des stations au nord du Mali, en 2012 ; l’insuffisance de personnel qualifié ; le faible taux de couverture du territoire en stations météorologiques.
En perspectives, Mali-Météo est actuellement préoccupé par le développement des ressources humaines pour améliorer la qualité des informations météorologiques ; la réhabilitation des stations météorologiques ; le renforcement de l’assistance météorologique au monde rural ; la vulgarisation et la promotion du pluviomètre paysan ; la poursuite de l’extension du réseau d’observation (en créant une station dans tous les cercles qui n’en disposent pas) : la poursuite du Programme de pluies provoquées, ainsi que de l’assistance à d’autres usagers.
La vision de Mali-Météo, note M TEKETE, est d’avoir un réseau d’observation dense, moderne et performant ; faire de Mali-Météo, un Service capable de satisfaire en temps réel et sur l’ensemble du pays les besoins des utilisateurs (décideurs politiques, grand public, opérateurs des secteurs socio-économiques spécifiques) en informations météorologiques fiables et adaptées afin d’accroître significativement sa contribution au développement socio-économique du pays.

Par Sékou CAMARA
Envoyé spécial

 

Source: info-matin

Vida vidaSociété
Dans le cadre de sa mission (observer et étudier le temps, le climat, et les constituants atmosphériques de l’environnement en vue d’assurer la sécurité des personnes et des biens et contribuer au développement économique et social du pays par la fourniture d’informations météo appropriées à tous les usagers), l’Agence...