Depuis un certain temps, la presse privée malienne rencontre d’énormes difficultés dans l’exercice de la profession. L’appel lancé, dans ce sens, lors de la présentation des vœux 2019 de la presse au président de la république, à Koulouba par le représentant de la Maison de la presse, Alexy Kalambry, semble tomber dans l’oreille d’un sourd, puisque les discriminations et exclusions de la presse privée continuent de plus belle et de la part de responsables au plus haut sommet de l’État.

A Congolese news paper with the headline “The next president is him” is seen at a news stand in Kinshasa, Democratic Republic of Congo, January 9, 2019. REUTERS/Baz Ratner

À chaque grand événement présidé par le chef de l’État ou son Premier ministre, les journalistes de la presse privée sont tout simplement dégagés au vu et au su de ces derniers. Et pourtant, cette presse privée est d’un apport incontournable dans la visibilité d’actions et activités de ces mêmes autorités et de notre pays. Mais ses hommes sont quotidiennement l’objet d’humiliation, chassés comme des malpropres, lors des grands événements présidés par le chef de l’État. C’était le cas lors de la célébration du 8 mars 2019. Cet événement national, qui réunissait jadis tous les journalistes du Mali, sans distinction entre la presse. Pourtant, ce vendredi 8 mars, lors de l’interview du locataire de Koulouba, la presse privée a été éconduite. Un des gardes de corps du chef de l’État a été clair : « Pas de journalistes de la presse privée ici. Seulement l’ORTM est invitée. Vous les autres journalistes, dégagez », a-t-il jeté sur la figure de ces hommes et femmes qui ne voulaient que relayer le message de celui pour qui, ils éprouvent le plus grand respect. Toujours dans la même logique de musellement de la presse privée, bien avant le 08 mars, la visite du premier français n’a pas été couverte par les journalistes de la presse privée. Motif : ‘’le Primer ministre malien ne veut pas de journalistes de la presse privée’’. C’est les informations balancées par les confrères français, à l’occasion qui ont été traitées et publiées par la presse privée malienne.

À Koulouba, ce 8 janvier 2019, lors de la présentation des vœux de nouvel an à la presse, la Maison de la presse, par la voix de son vice-président, Alexy Kalambry, avait surtout déploré cette ‘’discrimination faite à la presse privée par rapport à celle publique’’ dans le traitement surtout de l’information institutionnelle. Aussi, a-t-il sollicité du président de tous les Maliens une amélioration, sur le plan financier, du traitement de la presse privée.

Trois mois après, la pratique poursuit son chemin. Tout porte à croire que les autorités, au plus haut sommet de l’État, ont un dédain incontestable pour la presse privée.

Pour plusieurs observateurs, cette attitude de celui qui côtoyait la presse privée avant qu’il ne soit président de la république est juste surprenante.

En tout état de cause, cette situation est choquante et incompréhensible de la part de nos autorités qui se vantent malgré tout des libertés démocratiques consacrées par les textes et lois de la troisième république.

Pour rappel, la presse privée a, sans conteste, joué un rôle moteur dans l’acquisition de la démocratie au Mali. Elle a contribué à forger la nouvelle conscience nationale.

PAR CHRISTELLE KONE

Source: info-matin

MaliwebSociété
Depuis un certain temps, la presse privée malienne rencontre d’énormes difficultés dans l’exercice de la profession. L’appel lancé, dans ce sens, lors de la présentation des vœux 2019 de la presse au président de la république, à Koulouba par le représentant de la Maison de la presse, Alexy Kalambry,...