Dans un communiqué rendu public ce 1er juin 2020, relative à la manifestation du 5 juin, la Cour constitutionnelle du Mali a condamné ce qu’elle qualifie d’agissement attentatoire à la cohésion sociale, de remise en cause de la forme républicaine et la laïcité de l’État. Si la Cour est dans son droit de mettre en garde contre des agissements de nature à violer la loi fondamentale, elle aura également brillé par son silence face à d’autres dérives aussi pernicieuses que le rendez-vous du 5 juin. 

Suite à l’appel de certains acteurs politiques et organisations de la société à un grand rassemble ce 5 juin 2020 au Monument de l’Indépendance pour réclamer le départ du président de la République, Ibrahim Boubacar KEÏTA, la panique est perceptible au sommet de la république. Tous les gestes et propos sont sujets à interprétation et suspicion. Des émissaires envoyés nuitamment à Badalabougou, à Nioro du Sahel… Tout est entrepris pour décourager les initiateurs de la manifestation du 5 juin prochain. 

C’est dans cadre, pense-t-on que la Cour constitutionnelle de Manassa Danioko est mise à contribution, celle-là même dont l’arrêt du 30 avril 2020 a mis le feu aux poudres, en brandissant la loi fondamentale du pays qui limite certaines libertés même en démocratie. 

Ainsi, dans son communiqué du 1er juin 2020, la Cour Constitutionnelle du Mali trouve que les propos des initiateurs de ce dernier grand rassemblement sont de nature insurrectionnelle, subversive, séditieux, car appelant à la démission de la première Institution, qu’est le président de la République. 

« La Cour, tout en condamnant ces agissements attentatoires à la cohésion sociale, s’insurge contre toutes velléités de remise en cause de la forme républicaine et la laïcité de l’État. La Cour constitutionnelle engage le Gouvernement à faire respecter scrupuleusement, sans préjudice des dispositions pénales », peut-on lire dans la missive de la Cour.

Certes, nous sommes d’accord avec elle que l’appel à la démission du président fait courir un gros risque à notre pays dans le contexte actuel, mais des citoyens qui en ont assez de la gestion jugée chaotique de leur pays ont aussi le droit de s’exprimer, de dénoncer ce chao. 

Sur un tout autre registre, il n’est abusif de dire que la Cour fait une condamnation sélective, verse dans le deux poids deux mesures. Et pour cause ? 

Cette même Cour est restée muette comme une carpe face à l’attitude attentatoire des rebelles de Kidal. En mai dernier, la CMA de Kidal dirigée par Bilal Ag Chérif a accordé la grâce à 21 prisonniers. Or, la grâce présidentielle est l’une des prérogatives attachées à la fonction présidentielle au Mali. Elle est prévue par l’article 45 de la Constitution du 25 Février 1992 qui dispose : ‘’le président de la République est le président du Conseil supérieur de la magistrature. Il exerce le droit de grâce. Il propose les lois d’amnistie’’.

Dans les 122 articles de la Loi fondamentale du Mali, le Président de la République ne partage ce pouvoir régalien avec personne d’autre. En d’autres termes, seul le Président de la République a le pouvoir de gracier quelqu’un en République du Mali. Que Bilal Ag ACHERIF le fasse, n’est que pure imposture attentat à la souveraineté nationale.

Malgré la condamnation du bout des lèvres du gouvernement, plus d’une semaine après l’acte, les sages ont préféré fermer les yeux et boucher leurs oreilles pour ne rien voir encore moins entendre. Et pourtant, il ne s’agit pas là d’un acte plaidant en faveur de l’unité nationale. 

Par Abdoulaye OUATTARA 

 

Source: info-matin

MaliwebSociété
Dans un communiqué rendu public ce 1er juin 2020, relative à la manifestation du 5 juin, la Cour constitutionnelle du Mali a condamné ce qu’elle qualifie d’agissement attentatoire à la cohésion sociale, de remise en cause de la forme républicaine et la laïcité de l’État. Si la Cour est...