Bamako, 03 août (AMAP) Les tickets de voyage, à veille de la fête de l’Eid El Kébir ou Tabaski, ont coûté des yeux de la tête à ceux qui ont voulu se rendre dans leur village ou ville de l’intérieur pour cette fête familiale des musulmans. La plupart des compagnies de transport, évoluant dans le secteur informel, ont fait leur loi. Elles ont augmenté leurs tarifs à leur guise, sous prétexte que le voyage ne serait pas rentable si la compagnie maintenait le prix normal. Selon un convoyeur à la gare de Sogoniko, (Ndlr, la plus grande de la capitale malienne) les véhicules partent déposer les voyageurs et retournent à Bamako vides. « Si on n’augmente pas le prix du ticket de départ, notre voyage n’aurait servi a rien économiquement », justifie-t-il.

Pour se rendre de Bamako à Yanfolila, un trajet qui devrait en temps normal coûter 2500 Fcfa. il a fallu débourser entre 4000 et 5000 Fcfa.

Il est fraîchement 06 heures. Le même convoyeur nous présente l’autocar qui amènera ses clients à destination. Un vieux véhicule à la carrosserie délabrée et abimée par la rouille, comme s’il sortait d’un garage, après une réparation tant bien que mal réussie. Devant l’engin, deux jeunes garçons, au look et au verbe empruntés aux rappeurs, grognent contre le prix du ticket. « Ce n’est pas normal. Il faut qu’on achète une caisse (voiture) », se plaignent-ils quand le convoyeur leur demande de payer 5000 au lieu de 3000 Fcfa pour aller à Gulala, dans le Cercle de Yanfolila (Sud).

Un autre jeune en boubou blanc tâché de boue pense que le jeu en vaut la chandelle. « Même s’ils disent 5000 Fcfa, nous allons payer parce c’est la fête », dit-il signalant que seuls les voyageurs qui sont à leur premier voyage montrent leur mécontentement.

A l’intérieur de l’autocar, il y a trois types de passagers en fonction de leur arrivée. Ceux qui occupent les sièges, la deuxième classe concerne ceux qui sont assis sur des tabourets et des bidons, dans l’allée centrale, et le troisième est constitué de ceux qui sont débout. Pour une compagnie sérieuse, il est interdit que l’allée soit occupée par les bagages.

Des agents de sécurité au niveau du poste de Sénou, sur la Route nationale (RN7), qui ont la lourde responsabilité d’empêcher un acte aussi périlleux, préfèrent vendre leur âme au diable.

Mohamed Ouédraogo est sur le point d’embarquer pour Sélingué. Ce voyage lui coûtera 2000 Fcfa au lieu de 1500 Fcfa, en temps normal. Selon lui, les policiers sont bien au courant mais ils ne s’intéressent qu’à leur rançon. Notre convoyeur ne dira pas le contraire. « Les agents de sécurité au poste nous prennent 10000 Fcfa, sans même s’intéresser aux documents relatifs au car. C’est pourquoi, nous prenons le maximum de passagers sans tenir compte du surcharge dans le but de rattraper les bénéfices perdus », dit-il sans gêne.

Sur la route de Ségou, le problème est le même. Coumaré doit se rendre dans son village, dans la Commune de Tamani, cercle de Baraouli (Centre). Cette destination coûtera 3000 Fcfa en période normale. Pour la fête de Tabaski, il est obligé de s’acquitter de 5000 Fcfa pour rejoindre les siens et partager la viande du mouton immolé.

OD/MD (AMAP)

MaliwebSociété
Bamako, 03 août (AMAP) Les tickets de voyage, à veille de la fête de l’Eid El Kébir ou Tabaski, ont coûté des yeux de la tête à ceux qui ont voulu se rendre dans leur village ou ville de l’intérieur pour cette fête familiale des musulmans. La plupart des compagnies...