Ils nombreux, ces  enfants  qui aident leurs parents à trouver  leurs fournitures scolaires à travers des activités génératrices de revenus durant les vacances : vendeur à la sauvette, l’apprenti boulanger, l’apprenti mécanicien,  cireurs occasionnels de chaussures au niveau des grandes artères de la capitale…rien n’est de peu pour garnir le trousseau à la rentrée des classes.

Alou Touré,   élève  en 6e année à l’école fondamentale excellence Badra Alou. L’air innocent, il profite de ses vacances pour se consacrer à une activité lucrative au lieu de rester oisif comme la plupart de ses camarades. «Pendant les vacances, j’accompagne mon oncle à la boulangerie,  pour quelques petits travaux», nous a confié Alou.

Contrairement à certains enfants de son milieu et de son âge, il arrive à tirer son épingle du jeu : « On me paye 500 F CFA par jour,  je fais ce travail parce que  je veux avoir un peu d’argent avant la rentrée des classes,  pour m’acheter de habits neufs et aussi des livres et des cahiers».

Au-delà de son apport lucratif, les petits boulots des vacances sont des moyens d’occupation.  «  Pendant les vacances, je vends du pâté à  la porte, je les vends parce que je ne veux pas rester les bras croisés pendant 3 mois.   C’est un  moyen de me divertir, car je cause beaucoup avec mes clients», se  réjouit  Aicha Diarra, élève  au lycée Sacré cœur.  Elle saisit le moment  pour préparer  les neufs mois de l’école : « les recettes de mes ventes aident ma maman à faire face à mes dépenses et à celles  de mes frères », explique l’élève du lycée sacré cœur de Baco-Djicoroni.

Les enfants mènent ces différentes activités avec la caution de  leurs parents. « Pendant les vacances, j’aide des femmes des villages à faire venir leurs enfants en ville, afin de  leur  trouver du travail  pendant ces 3 mois de vacances.  Et à la fin des vacances, elles rentrent au village  avec de l’argent pour aider leurs parents  en vue de payer leurs frais de scolarités», a-t-elle souligné, histoire d’inciter leurs progénitures  à  travailler.

Mme Cissé  aussi  pousse son fils  à travailler durant  les vacances. Pour elle,  les enfants doivent avoir une autonomie financière et se préparer surtout à une vie adulte active : « Mon fils  était aide-boulanger et aide-mécanicien, quand il  me demande de l’argent, je refuse. Il faut qu’il  cesse la fainéantise », a-t-elle témoigné. Notre interlocutrice fait sienne la sagesse qui dit que « l’homme est le boulanger de sa vie».

Dans certaines familles, chaque enfant est préparé à pouvoir mobiliser seul ses frais de fournitures scolaires à travers les petits boulots de vacances. F D, agent de sécurité de son état, se rappelle de ses vacances scolaires passées en Côte d’ivoire comme cireur de chaussures. « Mes parents me donnaient juste les frais de transport pour débarquer au pays d’Houphouët et il appartenait à moi-même de me débrouiller pour trouver les frais de fournitures scolaires et les frais du ticket retour », témoigne avec nostalgie.

Cependant, il convient d’adapter et de contrôler les travaux menés par les petits élèves pendant les vacances. Car entre le goût de l’argent et l’abandon scolaire, il n’y a qu’un petit pas.

Certes, tous les chemins mènent à Rome mais…

Donc, prudence !

Arsiké Koné,  stagiaire

L’Indicateur du Renouveau

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Ils nombreux, ces  enfants  qui aident leurs parents à trouver  leurs fournitures scolaires à travers des activités génératrices de revenus durant les vacances : vendeur à la sauvette, l’apprenti boulanger, l’apprenti mécanicien,  cireurs occasionnels de chaussures au niveau des grandes artères de la capitale…rien n’est de peu pour garnir...