Pendant les vacances scolaires, les élèves exercent plusieurs activités génératrices de revenus. Ces petits boulots constituent à la fois une aubaine et un risque pour ces enfants.

 

Vendre des biscuits au bord du goudron, au marché, nettoyer les bracelets en argent, vendre des désodorisants pour voiture sont, entre autres, des activités lucratives auxquelles beaucoup d’enfants s’adonnent pendant les vacances scolaires. Ces activités leur permettent de subvenir à plusieurs besoins, notamment se procurer les fournitures scolaires pour la rentrée des classes. Ils sont dans tous les coins et recoins de la ville de Bamako à la recherche de clients. Pour eux, rien n’est assez petit pour garnir le trousseau de l’élève.

Daouda M. est élève en 6e année à Bagadadji, quartier populaire de Bamako.  Il profite de cette période pour prendre des confiseries chez un boutiquier, non loin de son domicile. Dans les rues, sur les grandes artères, il essaye de tirer des bénéfices de cette activité pour soutenir ses parents. « Pendant les vacances, j’exerce ces activités afin d’aider mes parents à acheter mes fournitures scolaires à la rentrée des classes », m’a-t-il confié. Daouda est payé en fonction de la recette journalière.  « Je peux gagner souvent 500 francs CFA par jour. Des fois, plus ou moins ».

« Préparer la rentrée scolaire »

Fousseyni et Alassane sont deux frères jumeaux et orphelins de père. Ils commencent cette année le second cycle. Si le premier cire des chaussures, le second nettoie des bracelets en argent. « Ce que nous gagnons nous permet de préparer la rentrée prochaine. Notre maman n’a pas les moyens d’acheter toutes les fournitures. Par jour, nous pouvons gagner jusqu’à 1500 francs CFA», indique Fousseyni.

À travers ces petites activités, chacun de ces enfants peut se retrouver avec plus de 50 000 francs CFA par mois. Durant les trois mois que durent les vacances scolaires, on peut estimer le gain à plus de 150 000 francs CFA. Karim N., lui, est élève au lycée. C’est à travers la vente de confiseries qu’il aide sa mère à payer même le loyer : « Je peux vendre plusieurs paquets par jour. Cette activité m’aide beaucoup et je ne compte sur personne », lance-t-il. Ces enfants, issus de familles démunies, pratiquent ces activités pour subvenir à leurs besoins en prélude à la rentrée scolaire.

Des activités contre les droits

Ces enfants amassent certes des gains, mais ces activités vont à l’encontre du respect de leurs droits, notamment ceux interdisant leur travail pour des raisons économiques. La Convention internationale des droits de l’enfant de 1989, ratifiée par la quasi-totalité des pays du monde, a voulu harmoniser les différentes lois. Elle précise que « l’enfant est un être humain âgé de moins de 18 ans, sauf si un pays lui accorde la majorité plus tôt », lit-on dans le document.

Sans doute, les petits commerces qu’exercent beaucoup d’enfants, pendant les vacances, sont assez avantageux. Mais cela peut impacter négativement leur croissance ainsi que leur cursus scolaire. D’autres finissent même par abandonner l’école à cause de l’appât du gain. Ils passent toute la journée sous le soleil, entre les automobilistes, motocyclistes, piétons dans l’optique de leur proposer leurs articles. Ces enfants ne sont pas conscients du risque qu’ils courent tous les jours.

Source : Benbere

MaliwebSociété
Pendant les vacances scolaires, les élèves exercent plusieurs activités génératrices de revenus. Ces petits boulots constituent à la fois une aubaine et un risque pour ces enfants.   Vendre des biscuits au bord du goudron, au marché, nettoyer les bracelets en argent, vendre des désodorisants pour voiture sont, entre autres, des...