A l’occasion de la célébration du 08 mars, le ministre des Droits de l’Homme, Me Kadidia Sangaré Coulibaly, a visité, jeudi dernier, le centre de détention des femmes de Bollé. L’objectif de cette visite était de s’enquérir des conditions de détention des femmes qui y séjournent.

Créée en 1998, la prison de Bollé compte aujourd’hui 122 détenues dont 108 majeures et 14 mineures, a indiqué sa directrice, Mme Maïga Hadiata Maïga, avant de préciser que ce centre s’inscrit dans la politique carcérale du gouvernement initiée depuis 1991. De ce fait, plusieurs missions lui ont été confiées parmi lesquelles la détention et la protection des détenues ou la prise en charge médicale. Devant le ministre, la directrice du centre de Bollé a elle aussi évoqué les difficultés auxquelles son centre est confronté. Il s’agit, entre autres, de la pénurie d’eau, du manque de médicaments, de formateurs dans les ateliers, de véhicules d’évacuation.
Le directeur national de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée (DNAPES), Ibrahim Tounkara, après avoir salué la présence du ministre, a évoqué quelques unes des activités menées courant 2017 parmi lesquelles il a cité l’organisation à Ségou d’une conférence à laquelle ont pris part 59 acteurs sur le thème : l’humanisation de nos prisons. Il a également parlé de la construction d’une nouvelle Maison d’arrête de Bamako dont le financement, estimé à environ 9 milliards de F CFA, est entièrement assuré par l’Etat malien.
Ladite infrastructure, une fois terminée, poura accueillir 2500 détenus, précisera M. Tounkara. Ce qui, a-t-il ajouré, résoudra la problématique du surpeuplement des prisons.
Cependant le directeur national de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée a souligné quelques difficultés, notamment la lenteur judiciaire, principal cause du surpeuplement des prisons. Il a demandé au ministre de faire des plaidoyers auprès des autorités pour qu’une solution soit trouvée à ce problème.
Le ministre des Droits de l’Homme dit avoir pris note et a promis de faire de tout son possible pour résoudre ces difficultés.
Me Kadidia Sangaré Coulibaly a déclaré qu’elle a justement choisi la journée du 8 mars, pour venir s’enquérir des conditions d’incération des femmes. Selon elle, les détenues également ont des droits qu’il faut préserver et respecter.
Pour faire face au problème du surpeuplement dû en grande partie à cette lenteur des jugements, le ministre a demandé à la directrice du centre de consulter, par exemple, les associations juridiques ou les cabinets d’avocat qui peuvent assister les détenues, surtout celles qui sont en manque d’avocats pour leur défense. Pour terminer le ministre a promis aux femmes de Bollé de venir très souvent désormais les voir. La visite a pris fin par la remise d’un don au centre.
Amadou B. MAIGA

 

source: essor