Pendant que les pendards de la Coordination des Mouvements Armés (CMA), pérorent et donnent des leçons républicaines, slaloment entre jactance et coups de semonce, une procession situationniste en manque d’inspiration qui se bouscule depuis quelques jours à Koulouba, attise les clivages de façon contre-productive, accélère la spirale négative et passe à côté des solutions clef. Voici votre BÊTISIER du jour

 

CMA : la prétention républicaine
À Bamako et dans d’autres localités, le M5-RFP et l’Imam DICKO ne cachent pas leur détermination à dégommer le Président IBK par la rue. La cocotte-minute est prête à exploser face à la jacquerie. Depuis les massifs montagneux de l’Adrar, les flambeurs de la République scannent la pagaille organisée au ‘’Sud’’ et grognent : ‘’la CMA et les forces combattantes de l’Azawad condamnent avec la dernière rigueur tout changement du régime à partir de la Violence et des méthodes antidémocratiques’’. Voici des coupe-jarrets intouchables de la République qui deviennent républicains ; des pendards qui ‘’soutiennent les institutions de la République dont la Présidence assurée aujourd’hui par le Président IBK qui a été élu démocratiquement, y compris par une grande majorité des populations de l’Azawad’’, le temps d’une situation conflictuelle politique entre le Gouvernement du Mali et le M5 du 05 Juin 2020. C’est la CMA qui donne des leçons sur l’ordre républicain. Allah Akbar ! Quelle transfiguration ! Parce que la CMA est le modèle plus abouti de la revendication par la violence pour obtenir ‘’le changement des conditions de vie des populations de l’Azawad’’, ‘’à partir de la violence’’. Les ‘’Forces combattantes de la CMA’’, ce n’est pas pour des papouilles et des embrassades à l’Armée ; mais c’est bien pour chiper des avantages et des privilèges. Les morts, les veuves et orphelins, les blessés, les déplacés de la cavalcade belliciste de la Coordination des Mouvements Armés se comptent par centaines. Ce ne sont pas des pacifistes qui exposent leur arsenal de guerre à ceux qui sont allés souhaiter la bienvenue avec pépètes sonnantes et trébuchantes et bouffetance sous les bras.
Les méthodes démocratiques ? Mais pour quoi faire ? La CMA n’en a que dalle puisqu’elle se goinfre, se niche, se mouve à la douleur des populations de ‘’l’Azawad’’ qui ne lui ont jamais remis une procuration. Entre nous, ce n’est pas très démocratique tout ça ! En tout cas pas suffisant pour pérorer sans claudiquer.
Néanmoins, un message venant de factieux repentis mériterait une bonne réception.

APR : un flingue pointé sur l’unité
Les ex-rebelles, dans le même préavis signé de Ibrahim Ag montrent les crocs : ‘’en cas de renoncement à cet Accord par les forces extrémistes du Sud, la CMA et les forces combattantes de l’Azawad prendront leur responsabilité pour se détacher définitivement du Sud et déclarent l’indépendance de l’Azawad à la suite de la défaillance de l’état du Mali incapable de gérer l’union nationale à laquelle les Forces Azawadiennes y croient toujours’’. On y est ! 8 mois de pourparlers à Alger ne sont pas arrivés à bout de la résistance à l’appartenance nationale au Mali. Il suffit d’un problème lilliputien pour que les velléités indépendantistes éclaboussent l’unité nationale. Pourtant, dans l’article 1 de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali devenu l’instrument de chantage et de surenchère par excellence des ex-rebelles, il est clairement stipulé : ‘’les Parties, dans l’esprit de la Feuille de route, réitèrent leur attachement aux principes ci‐après: a) respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’État du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc (…)’’. Ça, qu’est-ce qu’on en fait ? Parce qu’à Alger, aucune délégation n’a signé quoi que ce soit avec un flingue pointé sur la tempe.

CFR : La spirale négative
Selon post de la présidence de la République, ‘’le Chef de l’État a aussi reçu le soutien du Haut Conseil des Maliens de l’Extérieur. Pour les Maliens de l’extérieur, la paix et la cohésion sociale n’ont pas de prix, et seul le dialogue devra être privilégié pour mettre fin à cette crise’’. À Koulouba, c’est aussi ‘’le Président de la République a reçu le réseau des femmes Parlementaires venues lui témoigner ainsi qu’à l’ensemble des institutions de la République sa solidarité. Elles ont appelé à l’apaisement et au dialogue pour une issue rapide à la crise’’. Force est de constater la vacuité de cette démarche, l’inefficacité de cette ligne. La procession situationniste en cours depuis quelques jours, attise les clivages de façon contre-productive et passe à côté des solutions clefs pour enrichir les individus. C’est le même spectacle hideux que les Maliens ont dû supporter en 2006 quand des généraux sont allés bricoler, en clando, un accord à Alger. Le débat binaire très simpliste était alors : pour l’accord, alors pour le Mali ; et contre l’accord, donc contre le Mali. Les gars, dans leur incapacité à débrider leur imagination pour nous proposer un concept novateur, remettent la même recette insipide. Ainsi, dans le concert des flagorneurs et des thuriféraires, la Convergence des Forces Républicaines (CFR) se distingue par sa voix de ténor. Elle promet de jeter dans la rue samedi prochain un million de personnes avec des slogans incantatoires ou provocateurs. La même stratégie que déploie le M5-RFP. Il y a comme une sorte de sclérose intellectuelle qui empêche de sortir des sentiers battus. L’indigence de réponse le dispute à l’indécence face aux revendications. Le temps des platitudes et des faux-semblants est terminé. Non ! Vraiment, il faut arrêter avec cette tragi-comédie qu’on croyait reléguer dans le bazar d’un temps révolu et qui ne fait plus rire du tout. Ce sujet particulièrement important mérite beaucoup mieux que des solutions démagogiques. Au lieu de sacrifier l’essentiel et à privilégier l’accessoire, une issue heureuse à la crise actuelle passerait par des propositions novatrices à la contestation. Et la rue n’est pas un laboratoire d’idées…

Source : INFO-MATIN

MaliwebSociété
Pendant que les pendards de la Coordination des Mouvements Armés (CMA), pérorent et donnent des leçons républicaines, slaloment entre jactance et coups de semonce, une procession situationniste en manque d’inspiration qui se bouscule depuis quelques jours à Koulouba, attise les clivages de façon contre-productive, accélère la spirale négative et...