Disputée du 30 juin au 8 juillet dernier 2018 sur le sol argentin avec la victoire finale des Etats-Unis, le Mali réalisé un parcours honorable à la coupe du monde cadette de basketball avec une 12e place décrochée (un record pour un pays africain) et des trophées individuels historiques. En effet, à l’issue du Mondial, deux jeunes joueurs Maliens, Oumar Ballo et Siriman Kanouté ont écrit leurs noms dans les annales de la compétition avec des titres individuels à hauteur de souhaits. Le premier s’est hissé parmi les 5 majeurs de la compétition avec la meilleure performance du tournoi et le deuxième a terminé meilleur marqueur avec 170 points marqués en 8 sorties. Une première pour des africains. Rentrés au pays le 11 juillet dernier, Aujourd’hui est allé à la découverte de ces deux prodiges qui font aujourd’hui la fierté du basketball malien sur l’échiquier africain et mondial. Réalisé par Youssouf Koné

Siriman Kanouté, meilleur marqueur
de la Coupe du monde
gé de 17 ans, Siriman est le fils de Séga Kanouté, membre du bureau de la Fédération malienne de basketball et également l’entraineur de l’équipe féminine de l’AS Réal et sélectionneur adjoint de la sélection nationale Juniors Garçons. Avant d’être meilleur marqueur de la Coupe du monde cadette argentine 2018, le jeune Siriman avait d’abord été l’un des grands artisans du titre continental du Mali en Ile Maurice en 2017 avec les titres de meilleur marqueur, meilleur joueur et une place parmi les 5 majeurs du tournoi. Au retour du Mondial, il été engagé par le club de Nancy pour un bail de 4 ans.
Le destin du jeune Siriman dans cette discipline était tout tracé, il l’a juste agencé : “Au départ quand j’avais entre 6 et 7 ans, je jouais le matin au football au Stade Ouezzin de Bamako et au basket-ball le soir au terrain de de l’AS Real de Bamako. Mais c’est le basket-ball qui a finalement pris le dessus. Je crois que c’est dû au fait que mon père m’apprenait les bases du basket à l’époque. Et quand il m’a vu m’améliorer dans le basket-ball, il m’a confié à Zoumana Coulibaly, alors l’entraineur des minimes de l’AS Real de Bamako. Après quelques matchs avec lui, il a vu que j’avais des qualités et il faisait faire tout temps faire des exercices individuels pour m’améliorer encore plus. Ma première compétition avec l’AS Réal, c’était lors de la phase éliminatoire du championnat national en 2013. L’AS Réal s’était qualifiée pour la phase qui s’est déroulée à Ségou. On a été champion de la compétition et c’était mon premier trophée avec l’AS Réal de Bamako en catégorie minime” nous a-t-il expliqué.
Après plusieurs titres remportés avec l’AS Réal, c’est en 2015 à Kayes lors du tournoi “Jeune Talent” remporté par son club, l’AS Réal, que le jeune Siriman se révèle au monde du basketball malien en s’offrant le titre de meilleur joueur de la compétition. Ce fut son premier trophée individuel. La même année, son père décida de l’envoyer au lycée sportif de Kabala afin qu’il puisse mener une vie pleinement sportive. “Le centre m’a beaucoup aidé. On y était interné et on ne venait à la maison que pendant les week-ends. Il y avait l’école et le basket-ball. On suivait les cours le matin et le soir était consacré au basketball. C’était vraiment l’endroit idéal pour moi” a-t-il ajouté, avant de poursuivre : “Après la Coupe d’Afrique en Ile Maurice, beaucoup de clubs étrangers m’ont proposé des contrats mais avant, en 2013, le sélectionneur de l’équipe nationale A du Mali, le Français Sylvain Lautier, avait prévu de m’emmener à Nancy en France. Donc à mon retour de la Coupe d’Afrique, ils m’ont envoyé faire un test en à Nancy. Mon test a été concluant et j’y ai signé mon premier contrat professionnel d’une durée de 4 ans.”
Quant à ses ambitions les plus ardentes dans sa carrière de basketteur, Sirama précisera qu’il souhaite remporter des trophées avec Mali et son club de Nancy. Il rêve un jour d’évoluer au NBA.
Mamoutou Kané, sélectionneur de l’équipe nationale :
“Je dirais que Siriman est un surdoué”
“Siriman est un basketteur fait. Je crois qu’il a le basketball dans les gènes. Il ne faut pas se voiler la face, le sport est génétiquement connu pour qui connait la famille Kanouté de Médina Coura, ne sera pas surpris de la potentialité du jeune Sirima. Le jeune Siriman est un joueur très percutant. Un joueur super, super intelligent pas seulement dans le basket-ball, c’est un garçon qui sait ce qu’il veut dans la vie. Un joueur adroit qui a une très bonne lecture de jeu. On n’est pas tout surpris de le voir réaliser des performances.”

Oumar Ballo, détenteur de la meilleure performance et cité parmi les 5 majeurs de la Coupe du monde

Attiré sur le plancher du Centre Bintou Dembélé de Koulikoro (Cbd) par son frère ainé, Drissa (international Aigle malien évoluant aujourd’hui en France dans les rangs d’Adas Blois) quand il avait 11 ans, le jeune Oumar (16 ans) à l’énorme gabarit (2,8 m, 104 kilos) qui voulait devenir un gardien de but de football dans son enfance est aujourd’hui l’un des grands espoirs du basket-ball mondial. Atterri à Canterbury Academy (Espagne) en 2015, Oumar y perfectionne son talent de l’un des futurs meilleurs pivots du monde. “J’étais un gardien de but de football mais le destin a fait de moi un basketteur. Au départ, c’est mon grand frère, Drissa, qui jouait au basket. Il était au Centre Bintou Dembélé à l’époque. J’ai longtemps hésité avant de le suivre au terrain de basket. Je me disais que j’avais vraiment le corps parfait pour être un gardien de but de football. Quand j’ai commencé le basket-ball en 2013, j’ai très vite eu le goût de pratiquer ce sport en plus quand le coach a vu que je pouvais devenir un excellent pivot, il s’est tout de suite intéressé à moi. Il me faisait venir à l’entrainement avant les autres pour des exercices individuels. Je venais avant tout le monde au terrain et je repartais dernière tout le monde. C’était très fatigant, mais en quelques mois seulement, j’étais devenu un véritable pivot dans la catégorie mimine.” nous confie-t-il.
En pivot incontournable forgé en seulement quelques mois, le jeune Ballo redonnera un nouveau visage à l’équipe minime du Centre Bintou Dembélé avec à la clé plusieurs trophées remportés dont le Tournoi de l’amitié de Dioïla regroupant 24 équipes et la Conférence de Duguwolofila en 2014. Il a été meilleur joueur lors de cette dernière d’où son premier trophée individuel avec le Cbd. La même année (2014), le longiligne pivot contribue largement au titre de champion national cadet du Mali du Centre de Koulikoro.
Cependant, le succès du prodige Ballo ne peut être dissocié du nom du président du Centre Bintou Dembelé, Mohamed Diarra qui a été d’un apport incontestable dans le flamboyant parcours du jeune basketteur, jusqu’en Espagne : “J’ai été bien encouragé aussi par le directeur du Cbd, Mohamed Diarra. Quand je suis arrivé au Centre, après m’avoir vu jouer, il m’a dit que je suis un très bon joueur et de dire à mes parents qu’il prendra en charge mes frais mensuels. Il m’a beaucoup aidé, il m’offrait des chaussures pour jouer au basket et c’est grâce à lui que j’ai pu bénéficier de la bourse en Espagne. Je ne saurais parler de mon succès aujourd’hui sans lui adresser toute ma gratitude. Il a cru en moi et il m’a aidé sans compter” reconnait-il.
Comme tout jeune Africain, les débuts de Ballo en Espagne n’ont pas été une promenade de santé. Le garçon de 13 ans arraché à sa famille par son destin de basketteur va d’abord connaitre quelques difficultés durant ses premiers mois en Espagne. “La vie était dure au départ. Quitter ma famille au Mali à cet âge était quelque chose de compliqué. A mon arrivée en Espagne, je découvre que tout le monde parle espagnol et anglais. Pas de français ni encore moins le Bambara. Mais je rêvais de devenir un basketteur professionnel. Donc j’ai dû faire face à toutes ces difficultés. En plus de la langue, mon adaptation au climat été très difficile aussi. Il faisait très froid. Ce qui m’a encore fatigué, c’était les trois séances d’entrainement par jour. Je n’étais habitué à cela avant. Au centre Cbd, on fait une séance par jour donc ce n’était pas facile. Je m’étais accroché et au de bout de quelques mois je m’étais très bien adapté et intégré. Je parlais l’anglais et un peu l’espingol aussi. J’avais un professeur d’anglais spécial qui parlais aussi le français” nous raconte-t-il.
Une fois adapté, le grand Ballo ne prendra pas des lustres pour faire étalage de son talent au sein l’équipe du club espagnol en remportant des trophées collectifs et individuels (meilleur marqueur, meilleur rebondeur et meilleur joueur) au cours de tournois de jeunes en 2015. L’année suivante (2016) promu en équipe cadette, l’enfant de Koulikoro réédite le même exploit (meilleur marqueur, meilleur rebondeur et meilleur joueur) en championnat d’Espagne de la catégorie avec une place de 3e national. Pour sa 3e saison à Canterbury Academy en 2017, Ballo est meilleur joueur de championnat d’Espagne de la catégorie Juniors tandis que son équipe terminait à la 6e place sur plus de 100 équipes participantes.
Parlant de ses objectifs avec le club espagnol cette saison, le jeune Ballo qui évoluera en équipe Juniors avec des ambitions : “Aider mon club à aller plus loin dans le championnat espagnol et gagner des trophées individuels”. Quant à ses ambitions avec le Mali, le MVP de la Coupe du monde cadet 2018 rêve de remporter la Coupe d’Afrique en Juniors et Seniors avec le Mali et aider ainsi son pays à atteindre des places honorables en coupe du monde de ces différentes catégories. Toutefois, la plus grande ambition ce pivot hors-pair dans sa carrière est d’évoluer un jour dans la plus prestigieuse ligue de basket-ball au monde, le NBA, comme son compatriote, Cheick Diallo, qui évolue aujourd’hui sous les couleurs des Pélicans de la Nouvelle-Orléans.

Dossier réalisé par Youssouf KONE

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