Colonel d’aviation à la retraite, également président de la commission “Sport pour tous” au sein du Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) et actuellement tout nouveau président de la Fédération malienne de boxe, Cheick Raoul Diakité a bien voulu nous accorder une interview dans laquelle il est question de son élection, des défis majeurs qu’il va tenter de relever et des difficultés auxquelles la Fédération est confrontée aujourd’hui.

Aujourd’hui-Mali : Vous êtes élu président de la Fédération malienne de boxe au mois de décembre dernier. Comment s’est déroulée cette élection ?

Cheick Raoul Diakité : Cette élection s’est déroulée dans les meilleures conditions possibles parce qu’elle était attendue par tous les acteurs. Il y avait deux candidatures, à savoir la mienne et celle d’une autre collègue en la personne de Tiouta Traoré. Malheureusement, la Commission d’investiture a invalidé sa candidature. Donc, les délégués présents m’ont plébiscité par acclamation. Au regard de tout cela, je peux dire que nous avons eu une élection apaisée, sans aucun problème.

De façon générale, comment jugez-vous l’état actuel de la boxe malienne ?

Il faut être honnête, la boxe malienne a connu des moments difficiles ces dernières années. Mais depuis l’année dernière, nous avons commencé à remonter la pente à cause de l’engagement de tous les acteurs. Nous organisons régulièrement des compétitions et les différentes ligues régionales affiliées sont actives, à part les ligues de Tombouctou et de Kidal. Aujourd’hui, la boxe malienne commence à renaître et elle va de plus belle. Donc, au sein du nouveau bureau fédéral, nous pensons continuer sur ce chemin.

Quels sont les défis majeurs que vous comptez relever pour le mandat ?

Vous savez, nous avons beaucoup de défis à relever, mais le premier grand défi auquel nous allons immédiatement nous attaquer est la mise à niveau du personnel technique. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui le niveau du personnel technique à savoir celui des entraîneurs, des arbitres, des juges et des responsables des ligues est dépassé. Le renouvellement du personnel technique au sein de la boxe est très délicat et c’est pour cela que nous avons demandé l’accompagnement de l’Association internationale de boxe amateur (Aiba) pour ce processus.  Le deuxième grand défi du nouveau bureau est d’encourager plus les jeunes vers la boxe. Actuellement, il y a plusieurs petits clubs de boxe à Bamako qui reçoivent des enfants de 7 ans à 10 ans afin de les former. C’est à travers cela que nous pouvons assurer la relève.

Que comptez-vous faire pour consolider les acquis et rehausser davantage l’image de la boxe malienne ?

Vous savez, ce n’est pas difficile de rehausser davantage l’image de la boxe malienne. Il faut simplement organiser des compétitions. Tant que nous ne pouvons pas mettre les boxeurs sur le ring afin qu’ils boxent, la discipline ne va pas progresser. Les jeunes boxeurs ne peuvent pas passer leur vie à s’entrainer au sein des clubs sans participer à des compétitions. S’ils continuent sur ce chemin, ils ne vont jamais progresser. Ensuite, tant que les techniciens, à savoir les arbitres et les juges aussi n’officient pas lors de combats, ils ne vont pas s’améliorer. Et enfin, tant que nous n’arrivons pas à amener la boxe auprès des populations afin qu’elles puissent voir et comprendre, nous ne pouvons pas avoir des supporters. Donc, pour consolider les acquis, il faut forcément des compétitions. Le bureau sortant avait fait de son mieux en organisant régulièrement des galas de boxe à Bamako et l’intérieur du pays. En plus de cela, il avait instauré une compétition pour les jeunes. Cette compétition avait pour l’objectif de mettre en compétition les jeunes boxeurs. Désormais, nous allons tout mettre en œuvre pour maintenir ces différentes compétitions.

Quelles sont les difficultés auxquelles la Fédération malienne de boxe est confrontée aujourd’hui ?

Pour organiser un simple gala de boxe, il faut minimum une somme de 400 000 Fcfa. C’est pour vous dire que les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui sont d’ordre financier. Aujourd’hui, tout le monde est au courant que le département de la Jeunesse et des Sports est dans des difficultés financières. Donc, nous n’avons pas d’autre apport venant de l’Etat. C’est à travers seulement le Comité national olympique et sportif du Mali (Cnosm) que nous arrivons à financer certaines de nos compétitions. Donc, notre problème fondamental, c’est le manque de ressources financières. Au sein du bureau fédéral, nous avons une commission de sponsoring qui mène des actions pour avoir des potentiels sponsors afin de nous accompagner. Et je suis sûr qu’avec le temps, ça ira.

Quelles sont les perspectives pour la discipline ?

Pour les perspectives, elles sont énormes. Nous espérons que, dans quatre ans, la Fédération malienne de boxe pourrait amener un bon lot de jeunes au sein de la boxe et qui seront des futurs champions. Aujourd’hui, les boxeuses sont de plus en plus fréquentes et nous espérons également en voir beaucoup dans les quatre ans à venir. Au cours de notre mandat, nous allons mettre un accent particulier sur les boxeurs de la diaspora, c’est-à-dire les boxeurs maliens où d’origine malienne qui évoluent à l’extérieur du pays. Déjà, il y a un moment, j’ai effectué quelques voyages dans plusieurs pays européens pour rencontrer quelques-uns de ces boxeurs. Ils sont tous prêts à boxer pour le Mali. L’avantage de ces boxeurs de la diaspora est qu’ils sont mieux préparés que ceux d’ici. Cela va nous permettre de rehausser le niveau de notre équipe nationale de boxe.

Votre mot de la fin ?

Pour mon mot de la fin, je dirais que je suis très confiant pour tout ce qui se passe autour de la boxe. J’espère que nous allons faire bouger encore mieux la boxe malienne.

Pour cela, nous demandons aux Maliens, surtout la jeunesse, de venir nous accompagner. C’est ensemble que nous pourrons hisser haut cette boxe qui a été une fierté pour le Mali.

Réalisé par Mahamadou TRAORE

Source: Journal Aujourd’hui Mali

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