Fraîchement élu meilleur joueur Africain de Ligue 1 Française, Nicolas Pépé a accordé dans la foulée une interview à RFI. L’ivoirien a abordé plusieurs sujets sur sa carrière, ses ambitions, la sélection ivoirienne.

Nicolas Pépé : Oui, ce nom m’évoque beaucoup de choses. C’est quelqu’un de connu, même si ça fait longtemps qu’il est décédé. Mais même lorsqu’on était jeune, on suivait déjà le foot africain ; moi le premier ! Ce prix est une bonne manière de lui rendre hommage.

Être le meilleur joueur africain de Ligue 1, cela représente-il quelque chose de particulier pour vous ?  Oui, ça représente quelque chose. Être le meilleur joueur africain en Ligue 1, c’est déjà bien, parce que le Championnat de France est très relevé. Mais ça ne dit pas tout, parce qu’il y a encore beaucoup de choses à accomplir. Mais c’est un bon début.

Votre élection n’est pas vraiment une surprise. Il n’y a pas eu photo avec les deux autres finalistes, le Tunisien Wahbi Khazri et le Sénégalais Ismaïla Sarr. Vos statistiques, cette saison, sont impressionnantes 

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C’est sûr, mais il y avait de bons finalistes. Ils ont fait également de bonnes saisons, avec leur club respectif. Même la liste des 11 présélectionnés était une bonne liste, parce qu’il y avait de très bons joueurs qui réalisent eux aussi de bonnes saisons.

Après, c’est vrai que ça été davantage en ma faveur, au vu des statistiques avec 20 buts et 11 passes décisives. Mais tout ça, c’est aussi le fruit d’un travail collectif, avec mon équipe. Mes coéquipiers m’ont aidé à avoir ce trophée.

Connaissez-vous bien les deux autres finalistes, le Tunisien Wahbi Khazri et le Sénégalais Ismaïla Sarr ?Je ne les connais pas personnellement. Mais j’ai suivi leur saison. C’est sûr que Wahbi Khazri est l’homme-fort de Saint-Etienne. Il pousse son équipe. Il tient son équipe. De même pour Ismaïla Sarr, qui est un peu plus jeune mais qui a un gros talent. C’est un joueur en devenir. Je leur souhaite le meilleur à tous les deux.

Vous êtes le quatrième pensionnaire du LOSC lauréat du Prix Marc-Vivien Foé, après l’Ivoirien Gervinho (2010 et 2011), le Nigérian Vincent Enyeama (2014) et le Marocain Sofiane Boufal (2016). Ces joueurs sont-ils des sources d’inspiration, pour vous ? 

Je ne dirais pas forcément ça. Mais j’ai joué avec Sofiane Boufal, lorsque j’étais au centre de formation d’Angers et que j’évoluais parfois avec les professionnels. Lorsqu’on rejoignait le groupe pro du SCO, Sofiane était celui qui nous inspirait le plus, par sa technique. Boufal a l’art d’éliminer des défenseurs assez facilement. Pour moi, il était alors une source d’inspiration. Je continue d’ailleurs à suivre ce qu’il fait. Vincent Enyeama, lui, a montré qu’on pouvait être le meilleur joueur en étant gardien de but. Quant à Gervinho, pour un Ivoirien comme moi, il est quelque part une source d’inspiration. C’est quelqu’un qui a marqué Lille d’une manière qu’on ne peut pas oublier.

En-dehors du Prix Marc-Vivien Foé, il y a plein d’autres trophées individuels, comme le Soulier d’Or ou le Ballon d’Or. Des trophées qui pourraient un jour vous titiller. Est-ce que vous en rêvez ? Est-ce que vous pensez avoir les épaules assez larges pour aller vers ce type de récompense 

Ce ne sont pas des rêves mais des objectifs personnels. Disons les choses comme elles sont. Au vu de la saison qui s’achève, faire mieux, ce serait se rapprocher du Soulier d’Or. Ça va forcément passer par du travail pour parvenir à décrocher ce genre de trophée individuel.

Vous avez déclaré : « Les gens veulent voir si je suis un feu de paille. Je suis préparé pour leur prouver que je n’en suis pas un. »

En football, on attend toujours une confirmation. Les gens attendent la saison prochaine pour voir si je suis un feu de paille. Moi, je serai prêt à leur prouver que je n’ai pas été qu’un feu de paille. Je veux confirmer en marquant, en faisant marquer et en étant efficace.

Vous aviez souhaité rester une saison supplémentaire à Lille, après un exercice 2017-2018 pourtant tumultueux. C’était votre décision alors que vous aviez déjà reçu des propositions de la part d’autres clubs. Vous ne devez sûrement pas regretter votre choix, aujourd’hui, vu les résultats et la qualification du LOSC en Ligue des champions. C’était une décision mûrement réfléchie, non ?

Oui, c’était une décision mûrement réfléchie. Au vu de la saison passée, qui a été assez compliquée, ça aurait été inacceptable de partir comme ça, à mes yeux. Pour moi, ça aurait été partir comme un voleur. Je me devais de faire une vraie saison, pleine, à Lille. Donc, c’est sans regret, malgré les sollicitations qu’il y a eu. Pour moi, il fallait réussir une saison pleine. C’est quelque chose qui me tenait à cœur et que j’ai réussi.

Vous allez bientôt avoir 24 ans. On a l’impression que le parcours de Nicolas Pépé est pensé, réfléchi, que rien n’est laissé au hasard et que vous avez un vrai plan de carrière. 

Oui, c’est vrai que j’ai un véritable plan de carrière. J’ai des agents qui gèrent ça pour moi, parce que ce n’est pas simple de gérer ces choses-là, au quotidien. Ils sont là pour m’épauler. Et c’est vrai que je réfléchis beaucoup et que je ne me précipite vraiment pas par rapport à tout ce qui m’arrive. Je réfléchis beaucoup avec mes agents, ainsi qu’avec ma famille. Comme ça, c’est plus simple pour moi de jouer en étant relâché, de ne penser qu’au football. Je peux vraiment compter sur les bonnes personnes pour m’épauler.

Vous êtes le footballeur ivoirien le plus en vue, actuellement. Êtes-vous prêt à endosser le rôle de leader offensif de l’équipe de Côte d’Ivoire ?

Leader offensif, je ne dirais pas ça. Je vais disputer ma première CAN, seulement. Donc, pour moi, c’est nouveau. Dans cette équipe, il y a des cadres qui ont déjà joué ce genre de compétition et qui ont même gagné la CAN. Ils seront donc largement plus expérimentés que moi. Moi, j’arrive en tant que nouveau joueur, afin d’apporter un plus à cette équipe. Des éléments offensifs comme Max Gradel, qui a remporté la CAN 2015, pourront  apporter davantage d’expérience que moi. Moi, j’apporterai davantage mon explosivité, ma combativité. Ce sera une CAN assez compliquée.

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En novembre 2016, vous avez intégré une équipe nationale qui sortait tout juste d’une décennie dorée. Avez-vous fait un choix difficile en optant pour la Côte d’Ivoire durant cette période de transition ?

Non, parce que je fais partie d’une nouvelle génération, composée de beaucoup de binationaux. C’est nouveau pour nous aussi, d’ailleurs, parce qu’on n’a pas la « culture » des terrains d’Afrique. Des terrains différents de ceux d’Europe. Ce sont justement des détails qui comptent parce que ça nécessite de l’adaptation. On a une belle génération qui arrive, avec des joueurs talentueux. La génération dorée a eu son temps. Maintenant, c’est à nous d’écrire notre histoire, en commençant par la CAN 2019 en Egypte. Il faudra bien la préparer pour pouvoir la gagner. Parce qu’on aura en 2023 une CAN en Côte d’Ivoire qui sera très importante pour nous.

Durant la CAN 2019, vous affronterez l’Afrique du Sud (24 juin), le Maroc (28 juin) et la Namibie (1er juillet). Comment jugez-vous ce groupe ?

On peut dire que c’est le groupe de la mort ! Parce que l’Afrique du Sud, c’est costaud. Le Maroc est favori. Et face à la Namibie, ce ne sera pas facile. Mais on fait ce métier pour disputer ce genre de matches et ce genre de compétitions. On sera prêt à relever ce défi et à passer ce premier tour. On sait que ce ne sera pas facile. Mais pour gagner cette CAN 2019, il faudra battre les meilleurs.

Réalisé par RFI.

Le titre et le chapeau sont de la rédaction

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