De son vrai nom Oumar Sidibé, son sobriquet  Paul Android Parker fait référence à l’international anglais qui a joué à Manchester United. Les deux joueurs ont les points communs d’être noirs, arrières latéraux droits, durs sur l’adversaire. Ils ont aussi terminé leur carrière sportive comme entraîneur. Voilà l’explication de son surnom “Parker”, qui a tendance à éclipser sa vraie identité. Son homonyme est malheureusement décédé en 2012, à l’âge de 47 ans. Oumar Sidibé a entamé sa carrière au centre de formation du Djoliba en 1985, pour raccrocher les crampons à l’Usfas, treize ans après. Il est l’un des artisans du parcours honorable des Aiglons, qui ont joué la finale de la Can de leur catégorie en 1988, et participé à la Coupe du monde l’année suivante en Arabie saoudite. Ces deux compétitions constituent son apogée parce qu’il est devenu un maillon fort du bastion défensif djolibiste bâti autour d’Aboubacar Traoré dit Artiste comme latéral gauche, pendant que Fagnery Diarra et Abdoulaye Traoré dit Ablony tenaient l’axe central. Sadio Cissé, déclassé par l’arrivée des jeunots, était placé en position avancée. En plus d’être un ancien international de haut niveau, Oumar Sidibé dit Parker est aujourd’hui officier supérieur de la gendarmerie. La rubrique “Que sont-ils devenus” dans le crédo qui est de remémorer l’histoire et sortir des ténèbres ces hommes et femmes qui ont servi la nation, l’a rencontré. C’était le week-end end dernier à son domicile. 

Oumar Sidibé est un homme exigeant sur lui-même et sur son environnement. Il s’implique à fond dans tout ce qu’il entreprend. Nous l’avons connu non seulement dans le quartier de N’Tomikorobougou (sur le terrain de football à côté de la mosquée), mais aussi au Djoliba. Jusque-là, la même rigueur le caractérise. Ses enfants subissent ses principes. Leur manière exquise de saluer et de recevoir le visiteur suffit pour comprendre qu’ils sont bien élevés par un père exigeant.

Bref, le tempérament de Parker rappelle celui d’un magistrat du parquet dans son rôle de ministère public. Le procureur est parfois tellement passionné que les avocats de la défense l’accusent d’avoir épousé le dossier. Sur un terrain de football, Oumar Sidibé, dans son engagement, paraissait tel l’aveugle, qui ne veut occulter aucun détail, pour éviter un faux pas fatal.

Il veillait à asseoir son autorité sur son flanc et contribuait ainsi à honorer le statut de favori de son club. Arrière latéral droit, nous n’avons pas souvenance qu’il a été malmené par un attaquant. Toujours dans un esprit de guerrier, il paraissait très nerveux dans ses interventions. Réfractaire aux erreurs de ses coéquipiers, autant il menait des percées sur son flanc pour animer l’attaque djolibiste, autant il défendait son couloir.

Oumar Sidibe dit Parker

La rigueur, la rage de vaincre sont surtout les raisons fondamentales de son intégration dans l’équipe senior des Rouges. A l’époque l’entraîneur Karounga Kéita dit Kéké a décelé ses qualités, à partir d’un constat sur des faits dans le temps. Comment ? Le quartier populaire de N’Tomikorobougou est naturellement une zone de football, qui a produit de grands joueurs : Idrissa Traoré dit Poker, Gaoussou Samaké, Boubacar Vieux Djan Traoré, Moussa Sangaré dit Mazo, Boubacar Sanogo, etc.

C’est là que, très jeune Parker, a commencé à jouer au football dans l’équipe des “Aiglons” qui s’est taillé une belle réputation dans les compétitions inter-quartier. Au lendemain d’un match amical contre les minimes du Djoliba, le coach feu Aly Koïta dit Faye, demande à certains éléments des Aiglons, dont Oumar Sidibé de rejoindre son centre de formation.

Il intègre la catégorie jeune des Rouges en 1985 et devient junior deux ans plus tard. La même année Parker et certains  juniors du Djoliba renforcent l’équipe de l’Usine malienne des produits pharmaceutiques (UMPP), qui s’incline en demi-finale de la Coupe corporative. Ce sport de masse booste  les chances des jeunes parce que Kéké commence à les faire évoluer dans les entraînements de l’équipe senior.

A la veille d’un match de championnat à Kayes, le défenseur Sadio Cissé est blessé. Oumar Sidibé est appelé à la rescousse. Le match suivant à Bamako, c’est contre le Stade malien. Kéké lui confie la mission de neutraliser l’attaquant virevoltant des Blancs, Yacouba Traoré dit Yaba.  Il réussit ce pari, et a le grand bonheur d’apprendre immédiatement après ce match qu’il est convoqué en équipe nationale junior dirigée le duo feux Idrissa Touré dit Nany- Mamadou Diakité dit Doudou.

Perche tendue

Comme s’il n’attendait que cela pour se singulariser par sa régularité durant la Can et la Coupe du monde. Cette constance lui a valu une sélection en équipe nationale senior pour le tournoi Cabral remporté à Bamako en 1989 par les Aigles. Malheureusement, Parker se blesse à 72 h du tournoi. Malgré tout il reste dans le groupe.

Avec le Djoliba, il a joué et perdu quatre finales (3 coupes du Mali et une Coupe Ufoa contre l’Asec d’Abidjan). Lors de la saison 1991-1992, les autorités militaires lancent une vaste opération de recrutement de sportifs de haut niveau pour renforcer l’Usfas qui jouait en deuxième division. Cela crée des problèmes dans les clubs. Mais les joueurs qui ont profité de cette politique militaire ne trouvaient-ils pas l’occasion d’avoir un salaire et un avenir garanti ?

C’est dans ce cadre que Parker intègre la gendarmerie et devient aussi un ténor de la défense usfasienne pour six ans (1992-1998). C’est après avoir terminé ses études à l’Institut national des sports qu’il prend sa retraite, une deuxième phase de sa carrière sanctionnée par une finale de Coupe contre le Djoliba, victorieux (4 buts à 0), trois Can militaires (1994, 1996, 1998), dont la dernière, remportée en Côte d’Ivoire.

Cette double carrière est liée à un certain nombre d’événements, qu’il classe en deux catégories. “Je retiens trois bons souvenirs : la Coupe du monde en Arabie saoudite, la Coupe Amilcar Cabral  que nous avons remportée à Bamako, et qui a permis à l’équipe de bénéficier de la part des autorités de lots à usage d’habitation, et ses mesures d’accompagnement, la victoire de l’Usfas à la Can militaire jouée à Abidjan en 1994. Pour ce qui est de mes  mauvais souvenirs, ils sont également au nombre de trois : la défaite des Aiglons en finale de la Can junior face au Nigéria,  la finale de la Coupe du Mali de 1993 et  la défaite de l’Usfas à la Can militaire de 1994 au Burkina Faso”.

A sa retraite, Oumar Sidibé rejoint la barre technique de l’équipe en qualité d’entraîneur adjoint. En 2010, il devient le principal et ne reste que pendant une saison. Démissionnaire il soutient avoir sollicité son reversement dans l’administration. Adjudant-chef à l’issue de ses études, il gravit les échelons et accède à l’Ecole des officiers de la gendarmerie. Aujourd’hui, il est commandant et sert au Service d’investigations judiciaires du Camp I. Auparavant Oumar Sidibé a occupé les fonctions de chef de bureau au service de l’identité judiciaire de la Brigade territoriale de Bamako (2010-2011), adjoint du commandant la même année. Promu au grade de lieutenant, il est nommé CB de Koulikoro, puis de Douentza (2014-2017). En 2018, capitaine il est affecté à Kayes comme chef d’escadron, c’est à dire les unités d’intervention de la gendarmerie. Depuis janvier 2022 il travaille au Camp I.Aux dernières nouvelles la direction des sports l’a sollicité pour redynamiser la direction technique de l’Usfas. Ils sont en pourparlers, pour le moment Parker dit n’avoir pris aucune décision.

Oumar Sidibé est marié et père de quatre enfants. Dans la vie, il aime sa famille et le sport. Il déteste le mensonge et l’hypocrisie.

– En conclusion nous disons : Bien joué Mon Commandant !

O. Roger Tél (00223) 63 88 24 23

Source: Aujourd’hui-Mali
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