“A l’unanimité, l’ensemble des 8 pays de la Zone II continue de faire confiance à Habib Sissoko”

La Zone II de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa) tiendra son Assemblée générale ce week-end à Bamako. Dans l’entretien qui suit, Seydina Diagne, son secrétaire général, nous parle de l’Acnoa, des enjeux et des perspectives de l’Assemblée et de l’unique candidature d’Habib Sissoko, le président sortant.

Aujourd’hui-Mali : Comment se porte aujourd’hui la Zone 2 de l’Acnoa ?

Seydina Diagne : La Zone de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa) se porte à merveille et continue encore à être la zone pilote au niveau de l’Acnoa constituée de 54 pays africains. L’Acnoa est répartie en 7 zones. Mais depuis la création de ces zones, la Zone II reste la zone pilote à partir de laquelle tous les pays, toutes les zones, s’inspirent pour faire des activités. En toute modestie, la Zone II, depuis l’avènement du Président Habib Sissoko à sa tête, est la zone la plus active au niveau de l’Acnoa. Le Président Habib Sissoko dirige cette Zone II avec beaucoup de leadership, mais aussi avec beaucoup de pédagogie. Ce qui fait que depuis son élection, en 2013, aucun pays ne veut qu’Habib Sissoko quitte la tête de la Zone II. A quelques jours de notre Assemblée générale qui aura le samedi 20 février 2021, tous les pays de la Zone II veulent plébisciter Habib Sissoko pour un autre mandat.

En tant que Secrétaire général, quelles sont les grandes lignes de l’assemblée générale de la zone prévue ce week-end à Bamako ?

Les grandes lignes de l’assemblée générale concernent l’examen des rapports d’activités et des rapports financiers de la Zone II. Après cette étude, il y aura un débat en présence de l’ensemble des 8 pays de la Zone II, mais aussi de certains membres que nous avons invités, notamment le président de l’Acnoa, Moustapha Berraf. Tous les africains membres du Comité international olympique (CIO) de l’Afrique de l’Ouest sont invités à venir participer à l’Assemblée de notre Zone. C’est donc une occasion, pour nous de la Zone II, d’échanger autour de toutes les questions de l’heure concernant l’olympisme mondial, le sport aussi, mais particulièrement l’Acnoa qui va aller en assemblée générale élective le 29 mai 2021. L’assemblée générale de la Zone II est une assemblée élective très démocratique, au cours de laquelle nous allons  discuter des questions de l’heure qui concernent en réalité le sport africain.

Et quels sont les enjeux de cette rencontre ?

Le sport mondial et l’olympisme traversent une situation difficile. Aujourd’hui, le gros problème des organisations sportives internationales concerne la bonne gouvernance. L’Assemblée générale est donc l’occasion pour nous qu’il y ait une reddition des comptes. Comme enjeu, nous allons discuter au cours de l’assemblée générale de tous ces aspects pour faire en sorte que notre Zone II continue à être la zone leader, la zone pilote. Et pour ça, nous avons proposé à tous membres de la Zone II d’étudier encore un manuel de procédures sur lequel nous allons discuter avec l’ensemble des pays de la Zone II pour l’adopter en assemblée générale afin que ledit manuel de procédures continue d’être notre bréviaire pour nous éviter la mauvaise gouvernance.

Et si on vous demandait de juger le bilan du Président Habib Sissoko ?

Si on me demande de juger le bilan du Président Habib Sissoko, je dirais que c’est un bilan plus que positif. Et s’il y avait un qualificatif plus que ça, je l’aurais utilisé. Nous avons élu Habib Sissoko pour une première fois en 2013. En 2017, nous avons renouvelé son mandat. S’il plaît à Dieu, le 20 février 2021, nous allons encore renouveler son mandat. Cela veut dire simplement qu’au niveau de la Zone II, c’est un satisfecit total. A l’unanimité, l’ensemble des 8 pays de la Zone II continue de faire confiance au Président Habib Sissoko parce que nous savons que c’est un homme de probité intellectuelle et morale sans commune mesure. Habib Sissoko est un homme qui mène de main de maître, avec un véritable leadership, la Zone II de l’Acnoa. Et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui, l’ensemble des pays de la Zone II ne veuille pas du tout qu’Habib Sissoko quitte la présidence.

Je vais faire une révélation. Habib Sissoko ne voulait se représenter comme président de la Zone II. Mais à l’unanimité, tous les pays de la Zone II ont écrit et ont pris contact avec moi-même, secrétaire général, pour lui demander de nous accompagner encore davantage. Très sincèrement, au nom de tous les pays de la Zone II, je voudrais lui dire un grand merci pour ce qu’il représente pour la Zone, ce qu’il représente pour l’Afrique et ce qu’il représente au niveau mondial parce qu’au-delà de la Zone II, Habib Sissoko est membre du Bureau exécutif de l’Acnoa. A partir de là, il fait partie des 5 représentants du continent africain auprès de l’Acnou, il est aussi membre de certaines commissions au niveau mondial. Cela veut dire qu’au niveau de la Zone II, c’est un plébiscite, mais aussi au niveau de ses pairs africains, Habib Sissoko représente un exemple.

Parler d’Habib Sissoko est difficile tellement il a des qualités que nous aurions souhaité retrouver auprès de l’ensemble des dirigeants africains et du monde. J’irai même plus loin. Habib Sissoko sait partager. Sa gestion est une gestion participative, inclusive qui fait que chaque fois que de besoin, les questions sont mises sur la table, discutées par l’ensemble des pays de la Zone II, d’abord au niveau du Bureau exécutif, ensuite nous le soumettons à l’ensemble des pays de la Zone II pour que chacun d’entre eux puisse enfin donner son point de vue.  Je pense que cela est extrêmement important. Habib Sissoko est une personnalité respectée au niveau mondial, au niveau de l’Acnou, au niveau de l’Acnoa, au niveau de l’Union africaine de Judo qu’il dirige de main de maître et aussi au niveau de la Fédération internationale de Judo où il est vice-président. Habib Sissoko est respecté à tous ces niveaux. Et s’il est respecté, c’est parce que dans sa conduite de tous les jours, on voit un homme qui a des valeurs que nous aurions souhaité retrouver dans le sport. Habib Sissoko a toujours rendu compte de sa gestion à l’assemblée générale. Habib Sissoko, en tant que Malien, en tant qu’Africain, a compris que la Zone doit travailler avec les gouvernements, le Comité olympique, les Fédérations nationales. Habib Sissoko comprend tous les rôles. Il a de très bonnes relations avec le gouvernement malien. C’est ce qui explique aujourd’hui que le gouvernement malien a pu mettre un siège à la disposition de la Zone II qui est la seule zone au niveau de l’Afrique à avoir cela. Aucune autre zone n’a un siège. Cela veut dire qu’Habib Sissoko, auprès de son pays, auprès de ses frères maliens, est un homme respecté. Pour nous, cela est fondamental et n’a pas de prix.

Quelles sont les candidatures  annoncées pour la présidence de la zone ?

Il n’y a pas de candidatures annoncées pour la présidence de la Zone II. Je le répète, à l’unanimité, c’est l’ensemble des pays qui ont écrit depuis plus d’un an, ont dit non pour le départ d’Habib Sissoko de la tête de la Zone II. Ils ont dit qu’ils voulaient qu’Habib Sissoko continue pour un 3e mandat de 4 ans. Il n’y a pas de candidat. Les pays de la Zone ont pensé qu’Habib Sissoko et son équipe ont fait un excellent boulot. Ils veulent qu’Habib Sissoko et son bureau restent encore. Habib Sissoko est très ouvert, très attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Il dirige la Zone II avec brio, avec pédagogie. Même la gestion des CNO l’intéresse. Il cherche toujours à comprendre les difficultés que certains pays rencontrent avec leur gouvernement. C’est ce qui a fait que, chaque fois de besoin, il se déplace avec moi-même pour rencontrer les ministres de Sport des pays de la Zone II. Nous venons de rentrer de la Mauritanie, il y a de cela une semaine, pour rencontrer le ministre des Sports qui a donné un satisfecit total au Président du Comité olympique mauritanien qui est nouvellement venu et que nous félicitons.

Notre visite de 48 heures en Mauritanie nous a permis de voir les conditions de travail du Président du Comité olympique mauritanien et ses relations avec le gouvernement mauritanien.  C’est tout ce qui explique le plébiscite du Président Habib Sissoko. Ce qui n’était pas évident parce qu’il y a toujours des combats qui sont menés pour être à la tête, en général, des organisations internationales. Nous le vivons actuellement avec le Président de la Confédération africaine de football (CAF) qui sera élu le 12 mars prochain. Pour cela, il y a pléthore de candidatures. Mais Dieu merci, au niveau de la Zone II de l’Acnoa, nous ne vivons pas de tels problèmes. Les pays veulent qu’Habib Sissoko reste à la présidence de notre Zone II.

Quelles sont les perspectives pour la zone 2 ?

Au niveau de la Zone II, les perspectives sont réelles. Nous voulons être au service de la Jeunesse de nos pays. Nous voulons être au service de la Zone II, au service de l’Afrique, au service du mouvement olympique mondial. D’abord au niveau de nos pays et de la Zone II, nous avons tout un programme prévu pour le quatriennal 2021-2024 où nous aurons beaucoup d’activités de formation au niveau administratif, au niveau technique, des activités purement sportives. Nous voulons organiser des tournois sportifs. Pour une première fois, nous allons organiser en Mauritanie un tournoi de karaté. C’est pour dire que nous avons tout un ensemble d’activités que nous allons mener au niveau de notre zone pour permettre à la jeunesse  de nos 8 pays de s’épanouir. Et cela est fondamental pour nous au niveau de la Zone II. Nos perspectives sont réelles comme le veut le président Habib Sissoko de faire en sorte que nous puissions nous entendre sur toute la question de l’heure. C’est-à-dire que la Zone II doit partir avec un point de vue commun à l’ensemble des 8 pays de la Zone II, quel que soit le point de vue qui s’impose au niveau continental et même mondial. Il s’agit donc de faire une démarche participative inclusive, une démarche où, dans sa vision, il faut échanger, recueillir le point de vue de tout le monde, faire en sorte que les gens puissent se retrouver autour de l’essentiel. C’est sur ça qu’Habib Sissoko travaille.

Comment la Zone II a-t-elle pu résister à la pandémie de Covid19 ?

Quand la Covid-19 a débuté en mars 2019, nous avions des activités que nous devrions mener au niveau de certains pays. Compte tenu du fait que nous ne maîtrisions pas  cette pandémie et les difficultés liées au voyage, mais aussi les difficultés aux activités, nous avons continué à travailler à travers des vidéos-conférence, en discutant avec l’ensemble des pays de la Zone II par téléphone jusqu’en fin d’année.

Nous avons décidé de faire une de nos activités qui tenait à cœur le Président Habib Sissoko. C’était en fait d’aider les femmes africaines, particulièrement au niveau de la Zone II. C’est comme ça que nous avons organisé un très grand séminaire à Conakry (Guinée) du 27 au 30 décembre 2020. A la cérémonie d’ouverture de ce séminaire, il y a eu la présence de 4 ministres, la vice-présidente de l’Assemblée nationale de Guinée Conakry, mais aussi la présence du ministre des Sports du Mali qui s’est déplacé de Bamako à Conakry pour rester avec nous pendant 3 jours. Il a assisté à la cérémonie d’ouverture et il est resté dans la salle pendant deux jours pour suivre le séminaire, pour comprendre la problématique de la place de la femme dans le sport parce qu’en Afrique nous avons des problèmes socioculturels qui font que la femme peut être reléguée en second plan. Mais nous luttons contre ça parce que nous pensons qu’une femme bien formée peut occuper n’importe quelle place et poste dans le sport surtout qu’on ouvre les portes du Bureau exécutif soit dans les fédérations nationales, soit dans les clubs, au niveau des CNO ou au niveau de notre Zone. Le 1er vice-président de notre Zone est une femme, la présidente du Comité olympique du Cap-Vert, Philomena Fortes. Pour le Président Habib Sissoko, cela est un grand pas. Nous continuons à suivre l’évolution de la Covid-19 en tenant compte aussi fondamentalement  des directives  de nos Etats parce que la responsabilité de la lutte contre la pandémie incombe d’abord aux Etats. Nous, mouvement sportif, ce que nous pouvons faire, c’est d’attirer l’attention de nos membres pour respecter les gestes et mesures barrières sanitaires qui, pour le moment, sont la seule solution que nous avons sous la main pour pouvoir endiguer la pandémie.

Quelles sont les difficultés auxquelles la zone II est confrontée aujourd’hui ?

Comme difficultés auxquelles la Zone II est confrontée, ce ne sont pas pour nous des difficultés car notre président Habib Sissoko privilégie la concertation. Et à force de discuter, d’échanger, à force de mettre les sujets sur la table, nous avons toujours toutes les solutions à nos difficultés. Je pense que, fondamentalement, nous n’avons pas beaucoup de difficultés. La seule difficulté que nous avons, c’est de vouloir faire beaucoup pour notre jeunesse. Mais nous n’avons pas tous les moyens financiers pour pouvoir le faire. Mais nous y travaillons avec l’aide de nos gouvernements. Nous pensons que le budget de la Zone II sera augmenté pour nous permettre de donner plus d’activité à notre jeunesse pour aller encore de l’avant.

Quels sont vos rapports avec vos gouvernements ?

Très sincèrement, nos rapports avec nos gouvernements sont très bons. Souvent, il peut y avoir des incompréhensions entre certains ministères des Sports et certains CNO. Dans ces cas, le président Habib Sissoko prend toujours son bâton de pèlerin pour faire le tour de ces pays et discuter avec eux.  Quand Habib Sissoko venait au niveau de la Zone, il y avait effectivement beaucoup de difficultés entre certains CNO et leurs gouvernements. Mais aujourd’hui,  à part une ou deux CNO sur les 8 pays, tout se passe très bien grâce à la démarche d’Habib Sissoko.                         

  Réalisée par  El Hadj A. B. HAIDARA

 

Source: Aujourd’hui-Mali

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