En Côte d’Ivoire, le nord-est frontalier du Burkina est aux prises depuis bientôt deux ans avec les jihadistes. L’armée est largement déployée dans la zone, mais le gouvernement entend aussi mettre l’accent sur le développement local pour couper l’herbe sous le pied des jihadistes. Le Premier ministre Patrick Achi est attendu dans la zone et en particulier à Kafolo ce samedi matin, pour annoncer un plan de financement en faveur des jeunes de la région. Une région économiquement sinistrée.

Kafolo a connu des heures glorieuses dans les années 1980 ou 1990 lorsque l’hôtel Kafolo Lodge attirait les touristes venus faire un safari dans le vaste parc mitoyen de la Comoe, grand comme l’Île de France. Mais les considérations sécuritaires grandissantes ont eu raison de l’activité hôtelière avant même l’attaque de 2020. Et depuis, ce qui reste de l’économie locale (agriculture, pêche) souffre de l’insécurité et de la peur.

Kafolo ne refuse donc pas l’aide du gouvernement, au contraire, indique le président des jeunes Traoré Lamissa. « Ce qui est sûr, c’est que nous on veut des projets pour travailler, pour avoir des sous, et puis créer des emplois pour les jeunes, on sera content. »

Le chef du village, Bamba Tiémogo plaide lui pour le goudronnage de la piste qui contourne le parc par le nord et longe la frontière burkinabé. Il espère pouvoir le dire au Premier ministre. « Je crois que c’est le 7e ministre qui vient, ça nous rassure beaucoup. Non seulement la sécurité et là mais ce qu’on attend encore, c’est la voierie. On souhaiterait que Kafolo soit une administration, sous-préfecture, mairie, police…que l’Etat soit présent. L’autre souci aussi, c’est qu’on a un problème d’eau. Il faudrait que le gouvernement pense à ça, par rapport à un château. »

Bamba Tiémogo en est persuadé. Le développement éloignera les jihadistes. En juin 2020 une attaque contre une emprise de l’armée dans le village de Kafolo a fait 14 morts, tous des militaires. Le même village a été de nouveau attaqué en mars 2021. 5 personnes y avaient trouvé la mort dont 2 militaires. D’autres attaques ou explosion d’engins explosifs improvisés sont régulièrement signalés dans cette zone.

Source : RFI

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