Dans un arrêté ministériel rendu public dans la soirée du lundi 08 août, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Mory Condé, a annoncé la dissolution du Front national pour la défense de la constitution (Fndc).

La coalition de partis politiques, de syndicats et d’acteurs de la société civile, qui avait organisé partout dans le pays des grandes manifestations contre le tripatouillage constitutionnel et le troisième mandat de l’ancien président guinéen, Alpha Condé, est aujourd’hui dissoute par le gouvernement actuel du pays.

« Considérant que ce groupement de fait, organisé de manière hiérarchisée, disposant d’administrateurs et de membres violents, mettant en péril l’unité nationale, la paix publique et le vivre ensemble, ne figure pas sur la liste des organisations non gouvernementales en République de Guinée, ni sur la liste des collectifs d’associations en République de Guinée et encore moins dans le répertoire des organisations non gouvernementales agrées en République de Guinée, le gouvernement de fait dit Front national de la défense de la constitution est dissout », a annoncé, dans un communiqué, le gouvernement de transition de la Guinée Conakry.

Cette annonce de dissolution intervient alors que le mouvement citoyen, créé en avril 2019, projette de nouvelles manifestations dans le pays le 17 août prochain. L’organisation avait annoncé le lundi dernier qu’il « organisera une manifestation citoyenne et pacifique, le dimanche 14 août prochain à Bruxelles. Ainsi que le mercredi 17 août sur toute l’étendue du territoire national de la Guinée, conformément aux articles 20 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, 21 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, 11 de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, 34 et 8 alinéa 2 de la Charte de la transition guinéenne ».

Pour le moment, le Fndc n’a pas encore réagi à cette décision du gouvernement.

Le Front national pour la défense de la Constitution était à l’initiative des manifestations des 28 et 29 juillet dernier pour dénoncer « la gestion unilatérale de la transition » par le pouvoir actuel. Des manifestations interdites par les autorités. Celles-ci ont dégénéré et cinq personnes ont été tuées.

Suite à ces manifestations, le ministre de la Justice, Alphonse Charles Wright, a menacé de dissoudre le Fndc. D’après lui, le Fndc n’a pas une « existence juridique » en Guinée : « Toutes les organisations qui n’ont pas une existence légale, dans les jours à venir, leurs activités seront interdites dans les plus brefs délais, c’est notamment le cas du Fndc ».

Quant à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), elle a sommé les autorités guinéennes, la classe politique et la société civile le 1er août à engager « un dialogue inclusif afin de désamorcer la tension et de convenir d’un calendrier et de modalités raisonnables pour le rétablissement pacifique de l’ordre constitutionnel ».

Kadidiatou Diarra, stagiaire

Source: LE PAYS