Alors que Bola Tinubu et Atiku Abubakar s’affronteront dans les urnes pour prendre sa succession à la présidence en 2023, l’heure du bilan a sonné pour Buhari. Quels ont été ses réussites et ses échecs ? Décryptage.

 

Lorsqu’il prête serment pour son premier mandat, en 2015, Muhammadu Buhari fait un constat sans appel de la situation économique du pays dont il vient de prendre les rênes. Premier opposant à être élu à la présidence du Nigeria, l’ex-général arrivé une première fois au pouvoir en 1983 à la faveur d’un putsch, se revendique alors comme un « converti à la démocratie ». Il n’a pas de mots assez durs pour décrire l’héritage calamiteux de Goodluck Jonathan, poussé à la retraite par les urnes. « Avec la fonte de nos réserves en devises, la chute des cours du pétrole, les fuites [de capitaux] et la dette, l’économie est dans une phase difficile », lance-t-il. Et s’il place aux tous premiers rangs de ses priorités la lutte contre Boko Haram, il n’en lance pas moins ce jour là un appel à « l’unité » pour affronter les défis socio-économiques auxquels le pays doit faire face. Coupures d’électricité, chômage, piètre qualité du système éducatif, nécessité de « rebâtir » le système de santé ou encore de « renouveler des infrastructures en décadence »… La liste des chantiers qu’il se fixe alors est immense.

Deux quadriennats plus tard, l’heure est au bilan. Que faut-il penser de la politique économique que Buhari et son administration ont mis en place pendant les huit années qui viennent de s’écouler ? Cette semaine, nous vous proposons de dresser ce bilan en profondeur, au fil d’une série de cinq articles initialement publiés sur The Africa Report. Le Nigeria se porte-t-il mieux ou moins bien qu’il y a huit ans ? Les indicateurs économiques – croissance, dette, inflation, investissement… – sont-ils au vert ? La lutte contre la corruption, dont Buhari avait fait l’un de ses principaux arguments de campagne en 2015, a-t-elle porté ses fruits ? La stratégie de « patriotisme économique » jusqu’au point de fermer ses frontières avec son voisin béninois a-t-elle payé ? Sa politique monétaire très agressive a-t-elle sauvé le naïra nigérian ?

Autant de questions auxquelles répondent Temitayo Lawal et Sada Malumfashi au fil de leurs articles que vous pourrez retrouver ci-dessous.

Source : Jeune Afrique