Lors des obsèques d’Idriss Déby Itno, Emmanuel Macron a appelé le pouvoir militaire à promouvoir la « stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique »

CONFLIT – Lors des obsèques d’Idriss Déby Itno, Emmanuel Macron a appelé le pouvoir militaire à promouvoir la « stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique »

Le conflit armé entre le pouvoir et les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) va-t-il trouver une issue politique ? Le chef des rebelles, qui mènent depuis deux semaines une offensive contre le pouvoir de N’Djamena et sont accusés par l’armée d’avoir tué le chef de l’Etat Idriss Déby Itno, a assuré samedi qu’ils étaient « disponibles à observer un cessez-le-feu ».

Les armes n’ont cependant pas encore arrêté de parler. Le chef du FACT, Mahamat Mahadi Ali, a en effet affirmé que ses troupes continuaient de se faire bombarder par l’armée tchadienne. La dernière fois samedi, en début de matinée. « Ce sont des rebelles, c’est pourquoi on les bombarde (…) On fait la guerre, c’est tout », a pour sa part réagi Azem Bermandoa Agouna, le porte-parole du Conseil militaire de transition (CMT), présidé par le nouvel homme fort du pays Mahamat Idriss Déby, fils du défunt président.

Le soutien de la France

Vendredi, une douzaine de chefs d’État étaient réunis au cœur de N’Djamena pour rendre un dernier hommage au maréchal Déby. Parmi eux, Emmanuel Macron qui, comme ses homologues des pays du Sahel, a apporté son soutien à la junte militaire du CMT. « La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad », a promis le président français dans son oraison funèbre. Mais il a appelé le pouvoir à promouvoir la « stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique ».

« On s’en tient à ce qu’a dit Emmanuel Macron, un dialogue inclusif pour discuter de l’avenir du peuple. Nous croyons à sa capacité de faire évoluer la situation », a assuré Mahamat Mahadi Ali. « Nous sommes sur la même longueur d’onde que l’opposition et la société civile », a également affirmé le leader du groupe rebelle.

L’opposition dénonce un « coup d’état institutionnel »

Depuis la prise de pouvoir du CMT, les partis d’opposition et la société civile crient au « coup d’état institutionnel » et réclament l’instauration d’une transition dirigée par les civils à travers un dialogue inclusif. « Les forces vives entendent par dialogue inclusif l’implication et la participation de tous les acteurs qu’ils aient ou non pris les armes pour conquérir le pouvoir », ont ainsi déclaré samedi plusieurs associations de la société civile et partis politiques regroupés au sein du collectif « Wakit Tama ».

La confédération indépendante des syndicats du Tchad (CIST) regroupant les principales associations syndicales des enseignants s’est également élevée contre « un recul très grave de la démocratie » et a exigé « un retour à l’ordre constitutionnel ». L’ordre des avocats du Tchad « désapprouve » lui aussi cette transition. Enfin, la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) exprimait vendredi ses « plus vives inquiétudes face à ce qui lui semble davantage s’apparenter à l’organisation d’une succession pour la poursuite de l’accaparement du pouvoir ».

Source: 20minutes
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