La Transition a réussi une grandiose mobilisation en sa faveur, le vendredi 14 janvier, à Bamako et à l’intérieur du pays contre les sanctions de la CEDEAO-UEMOA et « l’impérialisme français » caché derrière les mesures des deux Organisations. Un premier défi relevé. Mais il reste le challenge de la résilience et de la résistance du peuple malien face aux sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA.

A l’Appel du gouvernement de la Transition, des milliers de personnes se sont mobilisés pour exprimer leur soutien à la transition contre les sanctions prises par la CEDEAO-UEMOA : le rappel des ambassadeurs, la fermeture des frontières, le gel des avoirs de l’État.

A Bamako et dans les grandes villes du pays, les citoyens sont descendus dans les rues pour exploser leur colère, leur ras-le-bol et même leur rancœur contre les chefs de la CEDEAO pour avoir sanctionné un pays dont les citoyens souffrent le martyr depuis 2012 avec la crise sécuritaire.

« A bas la CEDEAO », « Non à des sanctions injustifiées et illégales », « La France manipule contre le Mali », « Non aux sanctions de la CEDEAO pour un Mali libre ». Ces messages écrits sur des pancartes et fièrement brandis sont illustratifs de l’indignation des Maliens.

« C’est la première fois qu’au Mali qu’il y a une telle mobilisation pour soutenir un pouvoir et surtout celui issu d’un coup d’Etat », s’est réjoui Adama Diarra dit Ben le cerveau, membre de l’une des organisations de soutien de la Transition et qui ne cesse de plaider pour un changement de coopération entre le Mali et la France.

Pour le Premier ministre, plus qu’une simple mobilisation contre les sanctions de la CEDEAO, elle réaffirme la légitimité des autorités de la Transition.

« Le Monde entier voit où se trouve la légitimé populaire. Dans une certaine mesure, c’est le destin de l’Afrique qui se joue au Mali. C’est pourquoi le peuple africain soutient le Mali. Le peuple du monde soutient le peuple malien», a déclaré Choguel Maïga en affirmant que leur pouvoir a validé un plan de riposte en vue de prévenir des conséquences des sanctions de la CEDEAO-UEMOA.

Après cette mobilisation historique, il reste le défi d’organiser la résistance comme promis par les nouvelles autorités. En effet, celle-ci ne se gagnera pas par la parole au bout des lèvres. Comme la chanteuse française Barbara dans sa chanson « Du bout des lèvres », le gouvernement doit cesser de bavarder.  Car, les défis de la résistance et de la résilience ne se concrétiseront qu’avec des actions concrètes et non avec des initiatives savamment griffonnées sur des papiers qui n’ont pas de lendemain meilleur.

Déjà, à une semaine après la mise en vigueur des sanctions de la CEDEAO, ses conséquences se manifestent avec l’augmentation du prix de certains produits comme le sucre. Un produit très consommé.

En jouant sur la corde du nationalisme pour haranguer, le gouvernement doit savoir qu’une grande partie de ces manifestants est versatile. Comme chantait l’ivoirien Alpha BLONDY : « Ceux qui disent vive le général ; ce sont ces mêmes personnes qui vont dire à bas le général ». Surtout que le sondage de l’Institut GISSE montre que plus de 52% de la population a peur des effets néfastes des sanctions de la CEDEAO. Aux autorités de la transition de mettre les bouchons doubles afin d’éviter un retour de la manivelle.

PAR SIKOU BAH

Source: INFO-MATIN
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