En mettant le turbo sur l’offensive, le maillage sans relâche du territoire, le renseignement …., la guerre asymétrique a pris un tournant stratégique grâce à des FAMA requinqués à bloc, au grand dam des terroristes et surtout au grand bonheur des Maliens. Et même des Panafricanistes si l’on se rappelle les revendications des signataires d’une déclaration commune intitulée ‘’Appel à la redéfinition des rapports avec l’Etat français et à la solidarité panafricaine’’ signée à Dakar, le 6 décembre 2019 !

 

Ancrée dans le septentrion malien depuis 2012, la crise sécuritaire multidimensionnelle s’est métastasée sur le reste du territoire en culminant en 2020, nonobstant la présence de la Force Barkhane, de l’EUTM, de l’EUCAP, du G5 Sahel, de la Minusma, de Takuba mort-née.

Au regard des conditions désastreuses dans lesquelles l’armée malienne accumulait des revers ahurissants contre les terroristes, les nouvelles autorités militaires ont pris le taureau par les cornes le 24 mai 2021, passant de la stratégie de la défensive à celle de l’offensive généralisée avec succès. Il fallait mettre un coup d’arrêt à cette bérézina dont les forces armées maliennes ont été victimes de 2012 à 2020, pour gagner en crédibilité auprès de l’opinion nationale. Pour ce faire, elles ont diversifié leur partenariat militaire avec certains pays dont, le chef de file est la Russie, en synergie avec la Turquie, l’Iran, la Chine.

A cause de cette audace, l’ire de la France ne s’est pas fait attendre, elle manifesta son hostilité contre la présence supposée de mercenaires russes de Wagner. Une fois que les autorités de la transition politique optèrent pour le raffermissement du partenariat militaire avec le pays de Lénine, la peur a changé de camp : des pans entiers du territoire sous domination terroriste depuis 9 ans, commencèrent à tomber comme des fruits mûrs, grâce à l’engagement total des forces de sécurité maliennes.

La France s’emmêla les pinceaux, abandonnant unilatéralement les bases militaires sous son contrôle. Celles-ci ont été occupées par les FAMA. Du coup, les relations franco-maliennes se détériorèrent, avec en prime, l’annulation des accords militaires entre le Mali et la France, l’interdiction du survol du territoire malien par les aéronefs militaires français, le renvoi de Barkhane sans délai, le retrait du Mali du G5 Sahel. Celui-ci a toujours été sous la coupe réglée de la France de Macron.

Cerise sur le gâteau, le procureur de la commune IV a convoqué pour le 2 juin 2022 l’ex- ministre français de l’Europe des Affaires étrangères, Jean Ives Le Drian, pour corruption et abus de confiance. Les succès militaires sur les champs d’opération sont aujourd’hui un secret de polichinelle, ils sont vérifiables et quantifiables. Mieux, ils vont crescendo. Le point culminant de ces opérations a été atteint lors de l’opération de Moura en avril dernier. Bilan : 300 terroristes neutralisés. Le maillage du pays par les FAMA est une évidence.

L’initiative prise par les cinq colonels de diversifier le partenariat militaire a permis à la Grande muette d’être mieux équipée avec des engins de dernière génération, en super armements et en logistiques des plus performantes. En témoignent les résultats obtenus : un millier de terroristes neutralisés, autant de motos détruites de mai 2021 à juin 2022.

Par souci de transparence, et de lutte contre les rumeurs et le déficit de communication, la DIRPA (Direction des relations publiques de l’armée) informe quotidiennement et hebdomadairement, sur la situation des accrochages entre l’armée et les terroristes, avec le bilan des blessés, des morts du côté ami et celui de l’ennemi, depuis le début des plans «Maliko» et «Kèlètigui».

A se fier aux micros- trottoirs organisés par les médias, il est clair que forces vives progressistes et pourfendeurs des autorités transitoires sont tous fiers de l’armée nationale. Unanimement, ils reconnaissent sa montée en puissance.

Le mépris affiché de Macron vis-à-vis de ses pairs du Sahel, au troisième trimestre de 2019, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est ainsi que dans une déclaration commune intitulée ‘’Appel à la redéfinition des rapports avec l’Etat français et à la solidarité panafricaine’’ signée à Dakar, le 6 décembre 2019, cinq organisations de la société civile africaine et plusieurs personnalités issues des milieux intellectuels africains se sont dits ‘’choqués’’ par la sortie du président français sur le Sahel. Ils ont exhorté la CEDEAO et l’UA ‘’à prendre en main la sécurité au Sahel, pour envisager le retrait des troupes françaises’’.

Mohamed Koné                                                                                 

Correspondant à Kadiolo

Source : Le Challenger