Chassés par les djihadistes et de crainte de perdre vies et biens, les paisibles PDI (Populations Déplacées Internes) de la Cité des Askia ne savent plus à quel saint ses vouer. Ils sont pourchassés jusque dans leurs derniers retranchements par leurs bourreaux et trouvent désormais refuge par milliers dans les environs de Gao.

Lesdits concitoyens proviennent de Tessit, de Djebok et de nombreuses autres localités abandonnées aux mains des djihadistes. En se sauvant de la rigueur des lois islamistes en pleine expansion dans le septentrion malien, ils n’auront pas réussi à sauver leurs vies. Plus d’une dizaine d’entre eux ont succombé, la semaine dernière, à une fusillade ayant également occasionné dans leur camp de nombreux blessés graves admis au centre hospitalier de Gao. Leur présence en zone périurbaine est certes diversement perçue dans l’opinion locale, mais les populations n’en sont pas moins horrifiées par la posture indifférente avec laquelle le drame a été accueilli par les autorités. Et pour cause, l’événement tragique a été mis sous le boisseau et ses nombreuses victimes n’ont fait l’objet du moindre clin d’œil ou compassion de la part des officiels. Pas d’élément médiatique ni de communiqué officiel sur la fusillade massive, de quoi conforter le sentiment d’abandon qu’éprouvent les populations à mesure que les horreurs du genre s’enchaînent depuis le départ des forces étrangères.

Source : Le Témoin