Après la signature de l’Accord de paix négocié par le Haut Conseil Islamique entre les chasseurs et les djihadistes dans la localité de Dogofry, cercle de Niono, des retombées considérables ont été constatées. Le cessez-le feu est respecté ; la libre circulation des personnes est acquise, et la libération des personnes détenues a déjà commencé. Cette information nous a été donnée par des ressortissants de la commune de Dogofry dont le maire adjoint.

Le Haut Conseil Islamique et son leader, Cherif Ousmane Madani Haïdara, ont gagné un premier pari : celui du cessez-le feu dans la commune de Dogofry, cercle de Niono.

En effet, cette commune est confrontée à une insécurité grandissante depuis le 6 octobre dernier. Un combat ardu opposait les chasseurs aux groupes djihadistes qui ont incendié des dizaines de champs des agriculteurs. Toutes les missions de médiation, locales comme celles de l’État, ont échoué. Mais le Haut Conseil Islamique a pu éteindre le feu dans cette zone en obtenant un accord de paix entre les parties : chasseurs et djihadistes.

Selon le 1er adjoint au maire de la commune rurale de Dogofry, Soumana Coulibaly, les missionnaires du Haut Conseil islamique du Mali ont, non seulement échangé avec les djihadistes mais aussi avec les chasseurs. « Ils ont eu un accord. Un cessez-le feu d’un mois a été signé et il a été demandé à chacun de pardonner pour les torts qui lui a été causé. Il a été demandé également à ce que les détenus des différents camps soient libérés », a expliqué Soumana Coulibaly, dans un message vocal.

Les retombées de l’Accord

Selon l’élu communal, l’accord trouvé entre les chasseurs et les djihadistes par le Haut Conseil Islamique du Mali a commencé à être respecté dès le lendemain de sa signature. Des avancées certaines ont été, selon lui, enregistrées. « Le lundi, cet accord a commencé à être respecté. Les djihadistes ont commencé à libérer les personnes qu’ils détiennent. Ils ont déjà libéré 3. Tous les accords sont en train d’être respectés », a déclaré Soumana Coulibaly.

A en croire cet élu communal, tous les 25 villages de la commune de Dogofry sont concernés par cet accord. Selon l’explication de cet élu local, toutes les voies sont libres, les déplacements sont garantis dans toute la commune. « Du dimanche à aujourd’hui, nous n’avons vu que des retombées positives de cet accord. Après ce mois, d’autres assises seront faites. Tout le monde est fatigué. Il faut donc qu’on se pardonne et que chacun dépose les armes », a indiqué Soumana Coulibaly.

Un autre citoyen a témoigné sur des fruits qu’a porté cet accord négocié par le Haut Conseil Islamique. Pour ce dernier, la mise en œuvre de cet accord est en cours et est bien avancée. « Ce matin, je suis allé voir mon champ. Je suis allé trouver que tout a été incendié. Nous avons vu les djihadistes. Ils sont venus vers nous. Ils nous ont dit de ne pas fuir. Ils nous ont dit que le conflit a pris fin. Pour prouver qu’il n’y a aucun conflit entre nous, ils nous ont donné des poissons. Ils ont dit ne pas avoir peur même si nous les voyons avec des armes. Ils ont même échangé avec un de mes grands frères au téléphone. Ils ont demandé à ce que tout le monde aille faire son travail. Nous disons Dieu merci et nous prions que cet accord soit le début de la paix définitive et du vivre ensemble dans cette localité », a témoigné cet agriculteur, habitant de Dogofry.

Après cette réussite, le Haut Conseil Islamique doit être sollicité pour les autres localités afin qu’une vraie réconciliation ait lieu au Mali.

Boureima Guindo

Source: Journal le Pays- Mali