Le nouveau commandant du Régiment des commandos parachutistes a pris fonction hier. Et les « bérets rouges » assurent qu’ils ne font désormais qu’un seul avec le reste de l’armée. Le contentieux entre une partie du 33è Régiment des commandos parachutistes et le reste des forces armées et de sécurité qui a connu pas mal d’épisodes depuis bientôt un an avec des affrontements sanglants est-il en passe de devenir un mauvais souvenir ? Tout porte à le croire. En tout cas, la cérémonie organisée hier au camp des commandos parachutistes de Djicoroni atteste que la réconciliation est bien marche au sein de la grande muette.commandant Youssouf Oumar Traoré beret rouge

Le nouveau commandant du Régiment des commandos parachutistes a pris fonction hier lors d’une cérémonie qui s’est déroulée au Camp para de Djicoroni. L’événement était présidé par le commandant de la 3ème région militaire de Kati, le commandant Soumaïla Prosper Traoré, et s’est déroulé en présence du  chef d’état-major adjoint des armées, le colonel-major  El Hadj Gamou, ainsi que plusieurs hauts gradés

Le nouveau patron du 33è RCP est le commandant Youssouf Oumar Traoré. « Officiers, sous-officiers, vous avez désormais pour chef, le commandant Youssouf Oumar Traoré. Vous obéirez à ses ordres pour tout service », c’est en ces termes que le commandant Soumaïla Prosper Traoré a renvoyé à ses fonctions le nouveau  patron des commandos parachutistes.

Le porte-parole du Régiment des commandos parachutistes, le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo, a souligné la forte symbolique d’une cérémonie qui marque la réconciliation et la réintégration des commandos parachutistes dans la grande famille de l’Armée. Les commandos parachutistes, a-t-il rappelé, ont toujours travaillé à la réconciliation avec les autres corps de l’armée après les événements malheureux du 30 avril 2012 et les soubresauts qui ont suivi.

Ces événements étaient d’autant plus douloureux qu’ils survenaient dans un contexte particulier pour notre pays dont les 2/3 étaient occupés par les bandits armés. Les dissensions et affrontements au sein de l’armée ne pouvaient que  ternir davantage l’image chaotique que notre pays renvoyait de lui au reste du monde. « Le Mali a besoin d’une armée forte et l’armée malienne restera unie et solidaire pour répondre au besoin de la Nation », a garanti le porte-parole du Régiment des parachutistes pour qui chacun doit mettre le Mali au dessus de lui et de toutes considérations partisanes.

Le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo a, aussi, au nom de ses frères d’armes exprimé les regrets des commandos parachutistes à la hiérarchie militaire et au peuple malien. « Les commandos parachutistes sont, comme toujours, prêts à servir pour contribuer au développement de notre pays. Nous irons extirper les barbares dans leur dernier retranchement et les bouter hors de notre pays », a juré le porte-parole des parachutistes qui a réitéré la fidélité à la famille de l’armée. « Notre pays a besoin de stabilité, de retrouver sa dignité, sa liberté et son honneur », a indiqué l’orateur qui a promis que le Régiment des parachutistes respectera son serment à la République.

Seydou Moussa Diallo s’est réjoui de la démarche en cours pour libérer notre pays du joug des bandits armés. Il a remercié la France,  les forces de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et tous les amis du Mali pour leur soutien.

Rappelons que 8 février, le contentieux entre une partie du 33è Régiment des commandos parachutistes et le reste des forces armées et de sécurité connaissait un énième épisode avec des affrontements au Camp para de Djicoroni, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés. Le même jour, le président de la République par intérim s’adressait aux militaires pour leur demander de se ressaisir. Dans le même message, il annonçait que le Premier ministre recevra les représentants du Régiment des commandos parachutistes avec la hiérarchie militaire pour trouver une solution définitive à la crise.

A l’issue de ce processus, le Premier ministre avait fait un certain nombre de propositions au président de la République, qui les a approuvées. La première était que les décisions de mutation des éléments du 33è RCP prises par la hiérarchie militaire seront exécutées. La deuxième était le 33è Régiment des commandos parachutistes sera restructuré avec une compagnie d’instruction sise au camp de Djicoroni Para, deux compagnies installées respectivement à Gao et à Tombouctou. Les éléments des deux compagnies de Gao et de Tombouctou seraient déployés à Ségou et à Sévaré pour leur mise en condition, avant leur engagement dans les opérations. Le ministre de la Défense et des Anciens combattants était invité à veiller à la mise en oeuvre de toutes ces mesures. Celles-ci devaient prendre effet, au plus tard le 1er mars.

Diplômé de la prestigieuse école militaire de Saint-Cyr en France en 2001, le nouveau patron du Régiment, le commandant Youssouf Oumar Traoré est né le 23 mars 1979 à Bamako. Il fit ses études primaires et secondaires respectivement à l’Ecole de la Cathédrale de Bamako et au Prytanée militaire de Kati. Après son bac, il fréquente le Prytanée militaire de la Flèche en France (option lettres et sciences humaines). Avant d’entrer à Saint-Cyr, le commandant Traoré a subi plusieurs formations militaires au Gabon, au Etats-Unis, au Canada et en Chine.

Be COULIBALY

Source: L’Essor